La cérémonie de clôture de la 8e édition du Fifac s’est déroulée, samedi 10 octobre, à Saint-Laurent du Maroni.
Présidé par l’écrivaine Gisèle Pineau, le jury du Fifac (Festival International du Film documentaire Amazonie-Caraïbes) a rendu son verdict.
Réalisateur d’origine Haïtienne, Feguenson Hermogène a été récompensé trois fois pour deux de ses films. Les lauréats ont reçu des trophées en bois durs et précieux, créés par André van Bree, sculpteur de l’Ouest guyanais, dans des bois durs et précieux.
Grand Prix FIFAC France Télévisions
Uyariy, de Javier Corcuera
Après les troubles sociaux au Pérou et le massacre du 9 janvier 2023 à Juliaca, des artistes des Andes péruviennes feront découvrir, à travers leur musique, la région de Puno et son histoire — une terre historiquement ravagée par la répression et les soulèvements autochtones. (Pérou, Espagne – 2025).
Mentions spéciales du jury
- Double citoyen, de Rachelle Salnave (États-Unis, Haïti – 2025).
- Résurgence, de Feguenson Hermogène (Haïti, France – 2026).
Prix Demain France Télévisions
Quand l’or devient poison, de Franck Chassagnon
En Guyane française, sur les rives du fleuve Maroni, les Amérindiens wayana voient leur mode de vie ancestral menacé par la prolifération de l’orpaillage illégal. Malgré les opérations militaires et les engagements de l’État, les « Garimpeiros », orpailleurs clandestins, continuent d’exploiter l’or dans la forêt amazonienne, sur les rives du fleuve Maroni, contaminant les eaux au mercure et détruisant l’environnement.
Le documentaire propose une immersion dans un territoire reculé à travers le regard de Michel Aloïké, chef coutumier du village de Taluen. Le film suit la vie quotidienne des habitants, les opérations des forces armées, les analyses des scientifiques, les réunions diplomatiques, et les combats juridiques engagés contre l’État français. (Guyane – 2026).
Mention spéciale du jury Prix Demain
El Río de los Espíritus, du Colectivo Tawna (Équateur – 2025).
Prix du meilleur court-métrage
Nan Ginen, de Feguenson Hermogène
Une famille cubaine d’origine haïtienne rend hommage à la déesse Erzulie, mettant ainsi en lumière les souvenirs enfouis et l’histoire tragique des travailleurs migrants haïtiens au milieu des ruines de l’industrie sucrière cubaine. (Cuba, Haïti – 2025).
Prix du jury lycéen
Résurgence, de Feguenson Hermogène
J’avais à peine 10 ans lorsque j’ai vu mon père, aujourd’hui décédé, agresser ma mère. Au fil du temps, cet événement est devenu un sujet tabou au sein de ma famille. Après avoir passé trois ans à étudier à Cuba, je retourne auprès de ma mère avec l’envie de briser ce silence interdit et de sortir de l’oubli le nom d’un homme à la fois admiré et haï.

Il en ressort une histoire familiale, qui se dévoile à travers un dialogue intime entre un fils et sa mère sur la violence des hommes — celle de mon père, celle d’une société — et sur la violence que je crains de trouver également en moi-même. (Haïti, France – 2026).
Prix du public
Jeunes sans limite, de la Guyane à l’Opéra de Paris, de José Ramirez Romero et Jules Bonnel
À Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane, Samuel Fania accompagne des jeunes issus de quartiers défavorisés à travers sa compagnie,

Jeunes Sans Limites. Avec la danse, il leur offre un cadre où grandir et s’épanouir. Lorsque l’Académie de l’Opéra national de Paris les invite à créer un spectacle à l’Opéra Bastille, deux mondes que tout semblait opposer, se rencontrent. Le film raconte ce corps à corps entre la Guyane et Paris à travers la danse. De part et d’autre de l’océan, les corps trouvent dans la danse un langage commun qui interroge l’Histoire, l’héritage et les frontières. (Guyane, France – 2026).
























