Martinique. Le paquebot Coral Princess dérouté

En Martinique — comme en Guadeloupe — la saison de croisière, en fin d’année et jusqu’en mai de l’année suivante, est attendue. Bouffée d’air frais pour l’économie touristique, c’est près de 400 000 visiteurs attendus en Martinique. Sauf que…

Franck Sainte-Rose-Rosemond, président du Conseil d’administration de la SPL Tourisme du Centre (Martinique), a annoncé ce qui pourrait être une catastrophe.

« Le navire Coral Princess, 1er navire attendu pour la saison de croisière qui s’ouvre mardi 20 octobre à Fort-de-France, vient d’annuler son escale chez nous. Ce sont 1 906 passagers qui ne découvriront pas notre territoire et ses richesses touristiques, patrimoniales, gastronomiques… et des revenus attendus qui s’éloignent pour nos petites entreprises, déjà en grande difficulté.
Dans un mot adressé aux passagers, le capitaine a partagé ses craintes liées aux
« protestations » en cours en Martinique depuis lundi.
C’est un premier coup dur pour notre économie et en particulier pour les nombreux professionnels du tourisme — excursionnistes, transporteurs, restaurateurs, commerçants… — qui voient pour certains annuler des réservations déjà enregistrées.
Partout où il est nécessaire, le dialogue doit être ouvert de façon responsable, et primer sur tous les diktats et toutes les violences. Il en va de la survie de notre Martinique, de ses petites entreprises, et de celles et ceux qui en vivent. »

Que s’est-il passé ? Aux approches de la baie de Fort-de-France, le commandant du navire s’est enquis de la situation sociale sur l’île. Les paquebots transportant des ressortissants des Etats-Unis ne prennent aucun risque : s’il y a le moindre danger pour les passagers et l’équipage, le navire n’accoste pas.

Selon un bilan préfectoral, plus d’une vingtaine de barrages, dont certains incendiés, ont été recensés dans 18 communes lundi 19 octobre.

Cette annulation intervient alors que la destination attend une progression de son activité croisière. Près de 300 escales sont programmées pour la saison 2026-2027, soit une hausse prévisionnelle de 23 %. La saison précédente s’était achevée sur 244 escales et plus de 490 000 passagers.

Le collectif martiniquais contre la vie chère a menacé de « reprendre le combat », ravivant le spectre des violences de 2024. Le 2 septembre, le RPPRAC a adressé un ultimatum aux autorités françaises et aux acteurs économiques martiniquais.

La presse nationale — et internationale — s’est emparée du sujet.

Dans Le Point de lundi, on peut lire : « En Martinique, des entraves à la circulation ont été installées dès dimanche soir sur la route nationale 5 (RN5), un axe du sud de l’île, avant une mobilisation, lundi, à l’appel du Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC). Lundi matin, d’autres barrages ont été constatés dans le nord et le centre de ce territoire ultramarin. À Fort-de-France, le chef-lieu, le quartier de Sainte-Thérèse fait l’objet d’un blocage conséquent.
“On ira jusqu’au bout. Ils ne nous ont pas donné le choix”, a assuré Rodrigue Petitot, président du RPPRAC, dans une vidéo diffusée sur TikTok depuis son fief de Canal Alaric. »

Et tant pis pour l’économie touristique ?

A noter que le paquebot Coral Princess a gagné Antigua pour un accueil chaleureux.

Coral Princess

Construit aux Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire et entré en service en 2002, le paquebot mesure environ 294 mètres de long. Princess Cruises annonce une capacité de 2 000 passagers en base double.

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