Serge Letchimy a réagi à la déposition de Nicolas Maduro, président du Venezuela. La lutte contre le narcotrafic n’excuse pas tout…
« Le phénomène transnational de narcotrafic alimente la criminalité organisée, fragilise les sociétés et constitue une menace directe pour la sécurité des populations de la Caraïbe et des Amériques. Face à cette réalité, la lutte contre les trafics illicites doit être menée avec une détermination totale, en mobilisant des moyens adaptés de surveillance, de coopération internationale, de lutte opérationnelle et de répression, dans le strict respect de l’État de droit. Il s’agit d’un combat qui exige cohérence, constance et coopération renforcée entre les États et les territoires concernés.
Pour autant, cette lutte indispensable ne saurait être instrumentalisée pour justifier des stratégies de confrontation militaire unilatérales dont les effets déstabilisateurs risquent d’aggraver les crises existantes, de fragiliser davantage les équilibres régionaux et d’exposer les populations civiles à des violences accrues. La militarisation des réponses à des phénomènes criminels complexes comporte des risques majeurs, à court comme à long terme, et appelle à la plus grande responsabilité politique.
C’est dans ce contexte que Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de Martinique a pris connaissance avec une vive préoccupation des informations faisant état de frappes militaires américaines sur le territoire du Venezuela, ainsi que de l’annonce de la capture et de l’exfiltration du Président Nicolás Maduro.
La Martinique, pays d’outre-mer situé au cœur de l’espace caribéen est directement concernée par toute situation susceptible d’affecter la stabilité de la région. Sans se substituer à la position diplomatique de l’État français, le président du Conseil exécutif exprime sa vigilance face aux risques d’escalade dont les répercussions humaines, économiques et sécuritaires pourraient concerner l’ensemble de l’environnement caribéen.
Il appelle donc à la maîtrise des tensions et à la désescalade, à la protection des populations civiles et à la mobilisation prioritaire des cadres diplomatiques et multilatéraux, garants d’une stabilité durable.
Le narcotrafic est un poison pour nos sociétés : il tue, il corrompt, il déstabilise. Le combattre avec détermination est une obligation. Mais cette lutte ne peut se faire ni au détriment du droit, ni au prix de l’insécurité pour les populations civiles.
Derrière chaque décision, il y a des femmes, des hommes, des familles, des enfants qui aspirent simplement à vivre en paix, à travailler, à se projeter dans l’avenir. La force doit être au service de leur protection, jamais d’une escalade qui ferait peser de nouvelles peurs et de nouvelles souffrances sur les peuples de la Caraïbe. Sécurité, coopération et diplomatie doivent avancer ensemble », a déclaré Serge Letchimy.























