Cuba. Le régime entame les libérations : pour l’instant, aucun des graciés n’est un prisonnier politique

Les agences de presse étrangères confirment les premières libérations suite à la grâce annoncée jeudi par le régime.

Le gouvernement cubain a annoncé jeudi la libération de 2 010 personnes condamnées à des peines de prison, grâce à une grâce présidentielle approuvée par le gouvernement lui-même. Le lendemain, des journalistes de l’AFP et de CNN ont confirmé la libération d’une vingtaine de détenus de la prison de La Lima à La Havane, indiquant que les libérations avaient déjà commencé. Cependant, les autorités n’ont pas encore publié de liste officielle des personnes graciées, leurs dossiers judiciaires ni les crimes pour lesquels elles avaient été condamnées.

Selon le ministère des Affaires étrangères (MINREX) , la mesure a été adoptée « dans le cadre du processus d’octroi des avantages liés à la détention prévu par la loi » et « conformément à l’article 90, section II, de la Constitution de la République ». Le communiqué officiel précise également qu’« il a été décidé de libérer 2 010 prisonniers grâce à une grâce approuvée par le gouvernement cubain ».

La version diffusée par les médias officiels affirme que le gouvernement a présenté la mesure comme un « geste humanitaire et souverain de solidarité » qui « découlait d’une analyse minutieuse des caractéristiques des actes commis par les personnes sanctionnées, de leur bonne conduite en prison, de l’extinction d’une partie importante de leur sanction et de leur état de santé ».

Les autorités ont également fourni des précisions, du moins dans leurs grandes lignes, sur les personnes qui bénéficieraient du programme. Parmi les personnes libérées figurent « les jeunes, les femmes, les adultes de plus de 60 ans, ceux qui arrivent au terme de leur libération anticipée au cours des six derniers mois et de l’année prochaine, ainsi que les étrangers et les citoyens cubains résidant à l’étranger », selon le communiqué officiel.

Le même texte officiel précise les personnes exclues de la grâce. Selon ce texte, ne bénéficieront pas de la grâce les personnes ayant commis des crimes tels que « agression sexuelle, pédophilie avec violence, meurtre, homicide, infractions liées aux stupéfiants, vol et abattage de bétail, vol avec violence ou usage d’armes ou contre des mineurs, corruption de mineurs, crimes contre l’autorité », ainsi que les « récidivistes et les récidivistes multiples » et certaines personnes ayant déjà bénéficié d’une grâce et ayant récidivé.

La Havane a présenté cette décision comme la deuxième libération de prisonniers cette année et l’a de nouveau liée à la Semaine sainte. Selon le communiqué officiel : « Il s’agit de la deuxième libération de prisonniers cette année, dans le contexte des célébrations religieuses de la Semaine sainte, une pratique courante dans notre système de justice pénale et inscrite dans l’histoire humanitaire de la Révolution. » 

Le gouvernement a ajouté qu’il s’agit de « la cinquième grâce accordée par le gouvernement cubain depuis 2011, bénéficiant à plus de 11 000 personnes ».

Mais le problème le plus épineux demeure le manque de transparence. Les informations officielles ne mentionnent aucun nom, aucune accusation criminelle, ni aucun critère vérifiable permettant d’auditer le processus. Ce manque de transparence avait déjà été dénoncé après la libération de 51 personnes annoncée par le gouvernement le 12 mars, à la veille de la Semaine sainte et dans un contexte de contacts avec le Vatican. 

Le Centre d’information juridique Cubalex avait alors averti qu’il n’avait pas été précisé si les personnes libérées étaient des prisonniers politiques ou de droit commun, ni dans quel cadre juridique ces libérations avaient eu lieu. Par la suite, l’ONG a vérifié la libération d’au moins 21 prisonniers politiques dans le cadre de ce processus et a affirmé qu’il ne s’agissait pas de libérations définitives, mais plutôt de l’exécution du reste de leur peine « sous certaines conditions ».

En janvier 2026, Amnesty International a déclaré que le processus de libération annoncé par les autorités cubaines pour 2025 était marqué par « l’opacité », « le manque d’informations publiques », « l’absence de critères clairs » et « des conditions arbitraires ». L’organisation a ajouté que certaines des personnes libérées en 2025 avaient été contraintes à l’exil, tandis que d’autres étaient retournées en prison.

État d’avancement des libérations de prisonniers (vendredi 3 avril)

Cubalex a dénoncé le cas du prisonnier politique Lisandro Betancourt Escalona, ​​63 ans, qui, depuis la prison provinciale de Las Tunas, connue sous le nom d’« El Típico », a qualifié d’arbitraire le récent processus de libération par grâce annoncé par le régime cubain le 2 avril. Selon l’organisation, son témoignage jette un doute sur l’application réelle des critères officiels publiés par les autorités, notamment l’âge et l’état de santé des personnes condamnées.

Selon Cubalex, Betancourt Escalona a affirmé que la procédure est « une farce, un mensonge de plus », arguant que les personnes souffrant de graves problèmes de santé, qui devraient théoriquement figurer parmi les bénéficiaires potentiels de la grâce, en ont été exclues. L’organisation a souligné que le prisonnier politique souffre d’une grave maladie et demeure pourtant incarcéré.

Source : Cubanet

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