Cuba. On a retrouvé Gabriela Fernández, la propagandiste qui nie les prisonniers politiques à Cuba

Gabriela Fernández, la propagandiste qui nie les prisonniers politiques à Cuba, suit un master en droits humains au Mexique.

Gabriela Fernández Álvarez figure dans la liste de la promotion 2026-2028 de l’Université autonome de San Luis Potosí. Gabriela Fernández Álvarez, scénariste et animatrice de l’émission officielle Con Filo, a été acceptée au Master en Droits de l’Homme de l’Université autonome de San Luis Potosí (UASLP), au Mexique.

Son nom apparaît dans la liste de la promotion 2026-2028 que le programme de troisième cycle a publiée le 2 juillet sur Facebook.

Deux étudiants cubains résidant à San Luis Potosí ont confirmé à CubaNet que l’animatrice se trouve déjà dans cette ville. De plus, Fernández apparaît sur une photo publiée ce mardi par la page Facebook de No-Lugar, un lieu de musique live à San Luis Potosí, après un concert du troubadour cubain Frank Delgado.

Le Master en Droits de l’Homme de l’UASLP est un programme conjoint des facultés de Psychologie, des Sciences Sociales et Humaines, et de Droit de l’UASLP, comme indiqué sur leurs réseaux sociaux. La liste des admis comprend 30 noms.

Qui est-elle ?

Fernández est née à La Havane en 2000, selon la présentation faite par la chaîne Marea TV, qui l’a en outre identifiée comme auteure de textes sur Cubadebate et collaboratrice du magazine Cimarronas.

Cubainformación, un autre portail de propagande du gouvernement cubain, la décrit comme historienne et communicante. Pendant ce temps, la chaîne Vocesenlucha l’identifie comme professeur de Marxisme et d’Histoire à l’Université des Sciences Pédagogiques « Enrique José Varona » de La Havane.

Son rôle dans Con Filo ne se limite pas à la présentation. En décembre 2025, lors de l’Assemblée des Peuples pour la Souveraineté et la Paix de Notre Amérique, tenue à Caracas, l’Université Internationale des Communications l’a également présentée comme productrice de l’émission.

Con Filo, que la Télévision Cubaine diffuse depuis août 2021, a fait l’objet d’une étude académique qui l’analyse comme un cas de désinformation promue par l’État. Ses auteurs ont conclu que l’émission renforce le discours stigmatisant contre l’opposition et que ses narrations servent à « légitimer et rationaliser la violence contre les militants et les manifestants ».

Dans ses propres mots

Dans des interviews accordées en mai 2025, lors d’une tournée en Espagne, Fernández a nié qu’il y avait des prisonniers politiques à Cuba. À propos des personnes dont les visages apparaissaient sur les affiches des exilés qui protestaient contre elle, elle a dit à Vocesenlucha qu’ils étaient « emprisonnés parce qu’ils avaient commis des délits » et que leurs « procès étaient publics ». « Ce furent des procès extrêmement transparents et ils seraient en prison dans n’importe quel pays du monde », a-t-elle ajouté.

Dans une autre interview, avec Marea TV, elle a affirmé que « le journalisme à Cuba est tellement beau » parce qu’« il n’y a pas peur de s’engager pour les causes justes ».

À Bilbao, lors d’une discussion diffusée par Cubainformación, elle a déclaré que dans la Base navale de Guantánamo, on commet des crimes contre les « prisonniers politiques qu’eux ont effectivement », en référence aux États-Unis. Prisoners Defenders recense 1 361 prisonniers politiques à Cuba, selon le registre qu’ils ont mis à jour en octobre.

Dans cette même discussion, elle a affirmé que « celui qui dit qu’à Cuba il n’y a pas de liberté d’expression n’a jamais été à Cuba ». Concernant la demande que la Télévision cubaine laisse de la place à ses critiques, elle a répondu que « la Révolution doit avoir ses espaces pour se défendre et pour s’expliquer, et que cet espace se trouve précisément à la télévision nationale parce qu’eux [les critiques du régime] ont tous les autres ». 

Fernández a également contesté la diffusion indépendante des féminicides. Selon ce qu’elle a déclaré à Vocesenlucha, la « contre-révolution » les a utilisés « de manière très peu éthique » et « utilise beaucoup les familles des victimes et les victimes comme une attaque », tandis que Cuba « est très éthique » dans le traitement de ces crimes. 

Qu’est-ce que Con Filo

Le programme est né un mois après les manifestations du 11 juillet 2021, comme réponse du gouvernement aux informations critiques circulant sur les réseaux sociaux, selon l’étude des chercheurs Cosette Celecia Pérez et Julio Juárez Gámiz. Il a été lancé par Cubadebate, le blog La pupila insomne et l’ancien Institut Cubain de Radio et Télévision (ICRT), et a été diffusé en prime time.

Sur Facebook, Filo se définit comme un espace qui « déchire la couture de la manipulation médiatique ». Dans une émission de décembre 2024, elle s’est présenté comme faisant partie de la « famille officielle » d’Ideas Multimedios, le groupe de production qui comprend la Mesa Redonda et d’autres espaces de désinformation du régime cubain.

Le travail de Celecia et Juárez a été publié en 2024 dans le livre State-Sponsored Disinformation Around the Globe (Désinformation parrainée par les gouvernements dans le monde), aux éditions britanniques Routledge. En 2025, il a reçu le deuxième prix de la meilleure publication dans la catégorie Médias, Communication et Journalisme de l’Association des études latino-américaines (LASA), a rapporté l’Université autonome de l’État d’Hidalgo, où enseigne Celecia.

Les chercheurs ont analysé les 48 émissions de Con Filo diffusées entre août et octobre 2021. Dans 42 d’entre elles, soit 87,5 %, ils ont trouvé des affirmations sans fondement, et dans la même proportion, des dénigrements sans argument.

La moquerie est apparue dans 81,3 % des programmes. Dans 72,9 % des cas, le point de vue officiel a été présenté sans aucune source pour le contredire. Les personnes visées, souligne l’étude, n’ont pas le droit de répondre dans les médias officiels.

« Souvent, Con Filo attribue des étiquettes au discours [du groupe externe], mais derrière cela, il n’y a pas d’arguments ni de preuves pour les soutenir », a expliqué Celecia à CubaNet en 2025.

Source : Cubanet

Lien : https://www.cubanet.org/la-presentadora-de-con-filo-que-niega-lo-presos-politicos-en-cuba-cursa-una-maestria-en-dd-hh-en-mexico/

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