L’année a été un désastre pour beaucoup d’entre nous.
Elle va nous laisser avec un lot record de déplacés internes. Le nombre de femmes et de filles violées, de personnes tuées et de disparus a explosé au cours des douze mois écoulés. Les organismes de défense des droits humains locaux et internationaux ont régulièrement documenté les victimes des exactions des gangs à travers le pays tout au long de 2025.
Les conséquences de la crise sécuritaire ne sont plus à démontrer. Les conditions de vie se sont dégradées au cours des dernières années avec une accélération en 2025. En matière de santé, d’éducation, de sécurité alimentaire, Haïti marche à reculons. Des maladies éradiquées dont le choléra refont surface. La faim constitue le quotidien d’une partie de la population.
En 2025, le quotidien des Haïtiens un peu partout sur le territoire national a été comme un film d’horreur. Le CPT et le gouvernement en sont les téléspectateurs. Tout au long de l’année, ils ont beau multiplier les promesses de combattre les gangs et de créer les conditions pour la tenue des élections, le pays s’apprête à débuter l’année 2026 sans voir une lueur poindre à l’horizon.
Aujourd’hui encore, on se demande de quoi l’après 7 février prochain sera fait. Les déplacés internes se demandent quand ils pourront rentrer chez eux. Les usagers des routes nationales se demandent quand ils pourront y circuler librement. La liste des questions sans réponses est longue.
Comme si les problèmes liés à l’insécurité ne suffisent pas, 2026 ne s’annonce pas tranquille pour des Haïtiens de la diaspora. Aux États-Unis, en République dominicaine et ailleurs, des compatriotes, même en règle avec l’immigration, sont dans l’oeil du cyclone. On ne peut que souhaiter que le cyclone annoncé change de trajectoire.
En dépit de tout, les Haïtiens ont trouvé de quoi se réjouir en 2025. Notre participation à la Coupe du monde U17 FIFA a été comme une bouffée d’oxygène. S’il est vrai qu’on n’a pas eu le parcours souhaité, cela ne doit pas nous empêcher de saluer l’exploit de nos jeunes Grenadiers.
D’un autre côté, la qualification, contre toute attente, de notre équipe sénior pour la prochaine Coupe du monde FIFA, a été comme un grand réconfort pour une population en détresse. Pour une rare fois de l’année, on a pleuré de joie. Les feux d’artifice ont remplacé les détonations d’armes automatiques. Dans la presse internationale, Haïti a fait la une pour son exploit dans le football en lieu et place des rapports accablants en lien avec les violations des droits humains, la misère, la corruption et les gangs.
Avec des exploits dans le domaine de la littérature et du sport au cours de l’année 2025, Haïti a réaffirmé son envie de vivre. Avec l’ambiance qui règne dans nos rues en cette saison de fête, les Haïtiens clament haut et fort leur envie de vivre.
2025 nous a apporté des pleurs, des souffrances atroces et aussi de la joie intense. Que les exploits de 2025 nous motivent pour faire mieux en 2026. Que l’année 2026 soit celle de la concrétisation des promesses de rétablissement de la sécurité et ses corollaires.
Source : Le Nouvelliste
Lien : https://lenouvelliste.com/article/262939/en-2025-haiti-a-tutoye-les-extremes


























