Guadeloupe. Amélie de Montchalin a rencontré Harry Durimel et souligné l’effort pour redresser les finances de Pointe-à-Pitre

Amélie de Montchalin, Première présidente de la Cour des Comptes, a passé une journée en Guadeloupe. Cet après-midi, elle a été reçue en mairie de Pointe-à-Pitre par Me Harry Durimel, maire de cette cité, accompagnée de Pierre Grimaux, président de la Chambre régionale des comptes Antilles-Guyane, et du sous-préfet Jean-François Moniotte.

Pointe-à-Pitre est un cas d’école de ce que peut faire une équipe municipale quand elle est nouvelle aux manettes, talonnée par une dette abyssale laissée par l’ancienne majorité. De 2019 à 2025, la dette de 76 millions d’euros a été apurée pour laisser place à un excédent de 7 millions d’euros.

C’est cet effort impressionnant, en six ans, qui a été souligné par Amélie de Montchalin.

Un panier de miel pour la Première présidente.

Ecoutons Mme de Montchalin : « Ma visite est d’égalité et pas de prestige. C’est important de montrer que vous avez fait des efforts qui sont reconnus et que le plan de redressement n’est pas la fin de l’histoire. Vous avez démontré qu’on peut en sortir. Maintenant, et c’est pour tout le territoire, il faut que l’an prochain il n’y ait plus 14 communes en redressement. C’est difficile ! Il a fallu un énorme travail des équipes. Un point d’attention que je souhaite développer : vous avez su générer des recettes exceptionnelles mais maintenant, il faut être attentif à poursuivre avec des recettes récurrentes : la gestion de l’Octroi de mer, la facturation, très importante, continuer à soutenir l’économie des petites entreprises par des délais de paiement resserrés. Ne pas payer dans les temps, voire ne pas payer du tout comme on l’a vu tout récemment en section du contentieux pour un maire de Guadeloupe, c’est payer des agios, mettre des entreprises en difficultés, des salariés en danger. »

Amélie de Montchalin sur la corruption :

Harry Durimel n’a pas caché sa crainte d’un retour en arrière « si nous n’arrivons pas à maintenir ces efforts. Le maire de Pointe-à-Pitre a rendu hommage à Marie Emmanuelle, prêtée par l’AFD, pour animer le COROM, Contrat de redressement Outre-mer. « Mme Emmanuelle nous a beaucoup aidée. Quand nous avions une dépense à faire, nous allions la voir, elle disait oui ou non et on suivait son conseil. »

« Se redresser sans vision est toujours néfaste. On se redresse pour l’avenir », a souligné Amélie de Montchalin.

Amélie de Montchalin :

Harry Durimel a profité de l’occasion — et de la présence de Jean-François Moniotte, pour demander si on ne pourrait pas conserver un moment encore Mme Emmanuelle en mairie « même si nous contribuons ».

En ce moment, le maire de Pointe-à-Pitre est en quête de recettes nouvelles et récurrentes. Pour ce faire, l’équipe municipale a repris la gestion du marché au poisson de Lauricisque, mis en place des procédures pour que les loyers de biens appartenant à la mairie soient réglés.

Harry Durimel :

Jean-François Moniotte, appelé à prendre la parole a souligné à son tour « la volonté politique insufflée par le maire et son équipe, une assistance technique de très haut niveau. Une décision courageuse en matière de ressources humaines. La commune a bénéficié d’un second contrat COROM pour stabiliser ses résultats. »

Mme Emmanuelle a fait le point sur le COROM qui a permis un redressement spectaculaire, redonné des perspectives d’investissement, des résultats qu’il faut sécuriser.

Le redressement spectaculaire, c’est passer de 76 millions de déficit à 7 millions d’excédents, avec une épargne brute de 7 millions; des perspectives d’avenir, c’est un PPI (plan pluriannuel d’investissement) de 132 millions d’euros pour l’aménagement de la ville; les résultats qu’il faut sécuriser c’est -53% de charges à caractère général, -92 agents (il y a 184 agents qui ont plus de 60 ans et qui vont partir à la retraite), 52 jours de délais de paiement, 15 millions de trésorerie pour régler les factures, passer de 23 millions de dettes fournisseurs à 800 000 euros en ce moment. et la capacité d’investir 6 millions d’euros par an.

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