Guadeloupe. Visite ministérielle : les dossiers qui attendent Naïma Moutchou

Jeudi et vendredi, Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, sera en Guadeloupe.

Plusieurs dossiers seront sans doute évoqués.

La vie chère Outre-mer, notamment aux Antilles françaises

Les produits alimentaires — mais pas que — importés induisent un différentiel de 17 à 40% des produits disponibles Outre-mer par rapport à des produits similaires sur le marché hexagonal.

Parmi les mesures adoptées par le gouvernement :

. le renforcement du Bouclier Qualité Prix (BQP)

Le BQP est un dispositif qui fixe le prix d’un panier de produits de première nécessité. Des contrôles inopinés ont été effectués pour vérifier le respect de ce dispositif, avec des avertissements notifiés pour non-respect des règles du BQP.

. la publication de décrets contre la vie chère

Trois décrets ont été publiés pour renforcer le BQP, notamment en associant davantage d’acteurs aux négociations sur les baisses de prix et en renforçant la disponibilité et la visibilité des produits.

. le projet de loi de lutte contre la vie chère

Un projet de loi a été adopté en commission au Sénat, visant à relancer le pouvoir d’achat et à réduire les écarts de prix avec l’Hexagone, notamment en renforçant le BQP.

. les contrôles des prix et lutte contre la spéculation

Des contrôles ont été effectués pour veiller au respect du BQP, avec des avertissements notifiés pour non-respect des règles du dispositif.

Ces mesures illustrent des efforts du gouvernement pour lutter contre la vie chère en Guadeloupe.

Cependant, il semble tout autant évident que le différentiel entre les salaires des fonctionnaires d’Etat et territoriaux — + 40% — et celui des salariés du secteur privé tire les prix des produits vers le haut au détriment des bas salaires.

L’application de la baisse du prix du gazole

Le 7 octobre 2026, le Premier ministre a annoncé la mise sur le marché de 10 millions de barils de gazole issus des stocks stratégiques, visant à réduire le prix à la pompe de 12 à 18 centimes par litre pendant trois mois, à compter du 1er novembre 2026.

Une question écrite a été posée à la ministre des Outre-mer concernant l’application de cette mesure en Guadeloupe, compte tenu des modalités particulières d’approvisionnement des territoires ultramarins. Malheureusement, sauf pour ce qui concerne le prix du gazole, les prix de l’essence sans-plomb et du gaz ont encore augmenté le 1er novembre à la grande surprise des Guadeloupéen(ne)s.

A noter que l’Etat Outre-mer ne prélève pas de taxe sur les hydrocarbures, c’est la collectivité, les conseils régionaux de Guadeloupe et de La Réunion, l’assemblée de Guyane, l’assemblée de Martinique ou le conseil départemental de Mayotte, qui prélève l’Octroi de mer qui sert, en partie, à rémunérer les fonctionnaires territoriaux.

Des mesures de soutien aux entreprises affectées par les récentes mobilisations

Suite aux mobilisations dans les territoires ultramarins, le gouvernement a détaillé des mesures exceptionnelles pour les commerces et entreprises touchés par les dégradations et perturbations récentes.

Ces mesures incluent la prise en charge de l’activité partielle, des facilités fiscales, des reports de cotisations sociales et des prêts à taux zéro pouvant atteindre 50 000 euros.

Bien sûr, ces mesures concernent des entreprises en règles vis-à-vis des obligations fiscales et sociales, ce qui n’est pas toujours le cas des petites entreprises en Guadeloupe. Voire même de certaines très grosses entreprises…

Des projets législatifs récents concernant les Outre-mer

Plusieurs propositions de loi récentes pourraient être pertinentes pour la Guadeloupe, notamment :

. la proposition de loi visant à résoudre le fléau des désordres fonciers outre-mer.
. la proposition de loi visant à la suppression des titres de séjour territorialisés à Mayotte.

Ces textes ont été déposés au Sénat le 3 novembre 2026.

Les appels à projets du Fonds de Coopération Régionale (FCR)

Le ministère des Outre-mer a lancé un appel à projets pour l’année 2026, destiné à accompagner les acteurs publics ou privés dans la mise en œuvre de projets de coopération régionale.

Bien que la date limite de dépôt des dossiers soit passée (14 août 2026), il serait pertinent de discuter des projets soumis et de leur impact potentiel sur la Guadeloupe.

Ces dossiers reflètent les enjeux actuels auxquels la Guadeloupe est confrontée et pourraient être au cœur des discussions lors de la visite de la ministre des Outre-mer.

Nul doute que d’autres dossiers viennent s’ajouter à cette liste non exhaustive, dont celui des agriculteurs qui ne perçoivent pas les fonds FEADER auxquels ils ont droit parce que le logiciel de la Région est en panne depuis trois ans.

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