La plénière de la région débute par un hommage au cycliste capesterrien Damien Urcel, vainqueur du Tour de Guyane, accompagné de Frédéric Théobald, président du Comité cycliste de Guadeloupe.
Le discours d’introduction à la plénière est prononcé avec solennité, situation nationale et internationale difficile, finances nationales en berne.
Les guerres ici et là impactent l’économie locale, avec le renchérissement des coûts des matériaux et des produits de consommation, des prix des billets d’avion qui impactent l’économie touristique.
« La Région a un cap simple :
protéger les Guadeloupéens. »
« Le monde n’est pas un décor éloigné. Les guerres au Moyen-Orient, en Palestine, en Ukraine, et les foyers de violence qui s’allument ailleurs, produisent des effets concrets : tension sur l’énergie et hausse du prix des carburants, pression sur les prix, désorganisation des chaînes d’approvisionnement, instabilité des marchés agricoles, hausse du coût de l’argent, basculement des priorités budgétaires des États.
« Pour un archipel dépendant de ses importations, de ses liaisons maritimes et aériennes, de ses flux touristiques et de la solidarité nationale, ces chocs ne sont pas abstraits. Ils menacent le pouvoir d’achat, le coût des matériaux, la viabilité des exploitations, l’équilibre de nos comptes et, à terme, la cohésion sociale. Les lendemains pourraient s’avérer sombres s’ils venaient à être amplifiés par les aléas climatiques auxquels nous sommes périodiquement soumis. Ils le seront davantage encore si nous attendons, les bras croisés, que d’autres décident à notre place. »
« Considérant ce contexte, la Région a un cap simple : protéger les Guadeloupéens, accélérer dans le déploiement de nos politiques publiques, et exiger de l’État d’endosser pleinement ses responsabilités envers chacun de nos concitoyens dans le respect de notre devise républicaine : Liberté – Egalité – Fraternité. »
« L’inquiétude est à nos portes. » Ce message, Ary Chalus l’a dit à Mme Baudouin, directrice générale des Outre-mer lors de son passage en Guadeloupe.
« Nous avons deux priorités
absolues : l’eau et le BTP »
D’où ses demandes de prendre en compte les réalités de la Guadeloupe.
« L’objectif de cette rencontre était clair : faire percevoir à l’État nos réalités quotidiennes et défendre, sans relâche, les priorités absolues de la Guadeloupe. Pas un catalogue. Une hiérarchie.
La situation de l’eau et du SMGEAG a été au cœur de nos échanges. J’ai demandé à l’État une réponse claire et durable face au déficit de l’établissement, afin de garantir la continuité du service public et d’accélérer les travaux indispensables sur nos réseaux. Sans eau potable régulière, il n’y a ni dignité, ni développement, ni confiance.
Nous avons abordé d’autres dossiers majeurs. La reconduction, au-delà de 2027, du régime de l’octroi de mer, essentiel au financement de nos collectivités et à la protection de notre production locale. La nécessité d’associer pleinement la Région aux échanges menés par l’État avec la Commission européenne, et de lui transmettre toutes les informations utiles sur l’avancement de ce dossier. Le projet de loi de finances pour 2027, pour lequel j’ai demandé que la Guadeloupe soit préservée de nouvelles restrictions. La lutte contre les échouements de sargasses, qui exige un accompagnement renforcé et pérenne de l’État. Un point de situation a également été fait sur les jeunes agriculteurs.
Sur tous ces sujets, la méthode est la même : documenter, proposer, exiger, et ne jamais confondre la courtoisie institutionnelle avec la naïveté politique. »
Le président de Région est en pourparlers pour relancer le gouvernement et obtenir l’Opération d’intérêt national (OIN) pour l’eau comme elle a été allouée à Marseille pour la politique du logement.
« Je le redis ici, solennellement : tant que l’eau coulera par intermittence, la parole publique sera interrompue. Nous ne nous résignerons pas. Nous préparons également l’avenir en accompagnant la mise en œuvre du BTSA « Gestion et maitrise de l’Eau » d’autant que nous avons adopté hier en CP une convention de partenariat entre la Région, le SMGEAG et l’EPLEFPA de la Guadeloupe pour former notre jeunesse aux métiers de l’eau. »
Une Charte pour une commande
publique plus vertueuse
Le discours se poursuit avec la situation du BTP, en crise. La Région va améliorer ses délais de paiement puisque, suite à une réunion qui a permis de se rendre compte que, parfois, les salaires ne sont pas payés parce que la Région (ou les autres collectivités) ne paient pas en temps voulu (30 jours maxi).
« Le délai moyen de paiement des collectivités guadeloupéennes est estimé à 47,5 jours, pour un délai réglementaire de 30 jours, malgré une amélioration de 12,5 jours en un an. L’enjeu est de consolider et de généraliser cette dynamique. La Région, elle, a déjà fait le chemin : ses délais de paiement 2025 sont bien en deçà des délais légaux. À mi-2026, son délai global moyen s’établit à 33,20 jours, nettement sous la moyenne territoriale, tout en appelant encore des progrès pour retrouver durablement l’objectif de 30 jours qu’elle a déjà atteint les années précédentes. »
« La région a pris l’engagement de respecter ces délais, voire de faire mieux. »
« Une task force « Créances publiques BTP » a été mise en place. Elle réunit la Région, le Département, l’État et la CGSS, avec l’Association des maires, des représentants des entreprises du BTP et des parlementaires. Elle s’est déjà réunie trois fois en juillet et en août.
L’étape suivante est claire : des courriers cosignés par le Préfet, le Président de Région et le Président du Conseil départemental sont en cours de co-signature pour les adresser aux communes, aux EPCI, aux établissements publics et syndicats concernés. »
Une charte de douze engagements a été rédigée par l’Etat — « enrichie par la Région », souligne Ary Chalus — qui oblige l’Etat, la Région, les autres collectivités qui le veulent à respecter certaines règles.
Le 24 septembre, ce document sera signé en préfecture.
« Ce sera une méthode territoriale durable », se félicite Ary Chalus.
5 millions d’euros d’avance
pour les agriculteurs
Il revient ensuite sur les sommes dues au titre du FEADER géré par la Région aux agriculteurs dont les dossiers sont en souffrance depuis 2023.
Il se plaint que trop peu de demandes de paiement aient été accomplies depuis l’ouverture d’un guichet spécial, début juillet. Il invite les agriculteurs à déposer leurs dossiers… Les avances passent de 20 à 50%.
« La Région mobilise 5 millions d’euros sur son budget pour permettre aux bénéficiaires de percevoir, à leur demande, une avance remboursable de 20 % du montant de l’aide publique accordée. Ce dispositif concerne les aides aux investissements productifs et aux plantations pérennes, ainsi que les aides aux conseillers. Ce mécanisme, sécurisé par une cession de créance, apporte une réponse immédiate tout en préservant les intérêts financiers de la collectivité. Nous avons d’ailleurs adopté en CP hier une délibération permettant de mettre en paiement des avances à l’avantage de plusieurs bénéficiaires. Pour la plupart, des avances passeront de 20 à 50%. »
Ce problème semble être global dans toutes les Régions de France. « En Martinique, s’écrie-t-il, pas un dossier n’a été traité ! »
Le discours se poursuit avec l’évocation des dossiers du jour.
Kar’Îles une nouvelle délégation
de service public
Parmi ceux-ci, la nouvelle délégation de service public transport interurbain qui sera soumise au vote.
« Après avoir récupéré la compétence en 2017, nous avons, depuis 2022, structuré le réseau interurbain autour de dix grandes lignes et de quatre secteurs géographiques. Nous avons adapté des itinéraires et des horaires, renforcé les contrôles, accompagné l’amélioration du parc et rendu le réseau plus visible. Avec KAR’ÎLES, nous lui avons donné un nom et une identité commune.
À notre reprise, on dénombrait péniblement 750 000 voyages par an. En 2026, ce sont plus de deux millions de voyages qui sont réalisés chaque année, avec une politique tarifaire attractive : 1,50 euro pour les trajets les plus courts, et jamais plus de 3 euros pour les plus longs. Nous pouvons être fiers de ce chemin. Mais beaucoup reste encore à faire !
Nous devons d’être lucides. Notre réseau est désormais identifiable, sans pour autant être perçu comme un système intégré et maillé aux autres réseaux. L’information reste fragmentée. Les voyageurs ne savent pas toujours quand leur bus arrivera, ni comment organiser une correspondance. Les titres et les moyens de paiement ne sont pas unifiés. La coordination entre les réseaux est plus que perfectible. Les données sur la fréquentation, les recettes, la ponctualité et la qualité doivent être plus homogènes et plus fiables. Ces faiblesses ont des conséquences concrètes. Elles doivent être notre boussole.
Le cap est clair : passer d’une juxtaposition de lignes à un véritable système de mobilité. Et dans cette perspective, je veux avec vous fixer 4 priorités. »
Ces priorités sont : mieux informer, simplifier l’accès au réseau, mieux coordonner, mieux connaître pour mieux agir.
Conclusion : « Dès le 1er novembre 2026, date d’entrée en vigueur de cette nouvelle DSP, les voyageurs voudront un bus qui part à l’heure, une information fiable et un trajet réalisé dans de bonnes conditions. C’est sur cette réalité que nous serons jugés. »
Des dossiers consensuels
« La Région s’est fortement mobilisée sur les grands dossiers au cours des derniers mois », relève Marie-Luce Penchard.
Jean-Marie Hubert lit le rapport de la commission de synthèse qu’il préside. RAS.
Longues discussions avec les techniciens sur la DSP Transport interurbain et ce qu’on en attend.
Le groupe Péyi Gwadloup, par la voix d’Hilaire Brudey, reconnaît le travail mené par la Région d’Ary Chalus pour le transport interurbain. Il votera le texte « afin d’agir ensemble pour l’intérêt du pays. »
Philippe Dezac, président de la commission Transport : « Je voudrai saluer ici le courage politique d’Hilaire Brudey. »
Victorin Lurel, qui s’est infiltré à sa place en toute discrétion, intervient pour demander quelques précisions. Apparemment, il a suivi d’ailleurs les débats.
Conclusion : « C’est parfait ! »
Second dossier, une autorisation à la SEMSAMAR, dont la Région est actionnaire, de contribuer à la construction du siège de la communauté d’agglomération du centre du littoral à Matoury (Guyane).
Avis favorable.
Félix Lurel, président du Conseil de la Culture, de l’Education et de l’Environnement de la Guadeloupe, souhaite intervenir.
Il le fait sur plusieurs sujets : l’école, la création d’un diplôme universitaire de langue et culture régionale créole, le soutien effectif aux agriculteurs, la souveraineté alimentaire, la ressource électrique. Cette dernière thématique fait suite à une insuffisance de distribution remarquée dernièrement, qui impacte toutes les activités.
Enfin, il souhaite attirer l’attention sur la prolifération d’algues rouges « qui réduit considérablement l’activité des marins-pêcheurs. »
André-Jean Vidal
aj.vidal@karibinfo.com
Des primes pour les champions
La Région a récompensé Damien Urcel et son staff. Les coureurs ont reçu, Damien Urcel, 1 000 euros, ses coéquipiers 600 euros, les techniciens 500 euros et des cadeaux souvenir.

Le président de Région en a profité pour dire son idée : fermer la Route des Mamelles le dimanche matin, entre 6 h 30 et 9 h 30, pour permettre aux courteurs cyclistes de s’entraîner en montagne. A suivre























