Le coup de force du collectif Nou las palé qui a conduit au blocage de plusieurs axes routiers en Guadeloupe, et particulièrement des voies d’accès à Jarry, mercredi 14 octobre, n’est pas sans conséquences – financières, notamment – pour les chefs d’entreprise et les salariés.
La journée de blocage des accès à la zone industrielle de Jarry (Baie-Mahault), poumon économique de l’archipel, mercredi 14 octobre, a eu un effet – financier – immédiat pour les salariés et entreprises.
Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie des Iles de Guadeloupe (CCI-IG), Patrick Vial-Collet, qui a immédiatement condamné les blocages, annonce « plus de 10 millions d’euros perdus pour les entreprises ». Une situation qui « fragilise » encore plus celles qui étaient déjà en difficulté.
Une commerçante en boulangerie-pâtisserie de Jarry, dont l’enseigne figure parmi les plus prisés de la zone industrielle, accuse le coup. Le rideau de son établissement, qui accueille en moyenne 700 clients par jour, est resté baissé toute la journée du 14 octobre. Un manque à gagner réel.
« Certains devront travailler samedi pour compenser »
« Cette perte d’activité ne se rattrape pas, confie la commerçante. Légalement, cette journée de travail perdue n’est pas rémunérée aux salariés. Si je devais payer une journée de travail à des salariés qui n’ont pas travaillé, ce serait la double peine ! Mais, comme il s’agit d’un fait exceptionnel, j’ai trouvé un arrangement : la journée du 14 octobre sera considérée comme une journée de repos pour ceux qui ne l’avait pas encore prise et elle ne sera pas décomptée du salaire. D’autres devront travailler samedi pour compenser et éviter une perte sur leur salaire. »
À ces arrangements avec les salariés pour éviter de les pénaliser financièrement, s’ajoute la perte des produits préparés la veille par les équipes en cuisine pour faciliter le travail du lendemain.
Le jour d’après, jeudi 15 octobre, l’activité a repris timidement à la boulangerie-pâtisserie. En effet, malgré les déblayages effectués la veille à Jarry, certains salariés, redoutant de nouveaux barrages, sont arrivés avec du retard.
Une baisse de la fréquentation
« Cette journée a un coût financier et psychologique réel, poursuit la commerçante. Jusqu’à 3 heures, voire 4 heures, jeudi 15 octobre, on ne savait pas si tout allait se passer normalement. Certains sont venus travailler aux horaires habituels. D’autres, qui habitent sur la Basse-Terre et n’avaient pas envie de consommer du carburant sans savoir s’ils pourraient accéder à Jarry, ont attendu que leurs collègues arrivent sur place. J’ai été flexible sur les retards : au lieu de commencer à 3 heures, certains ont commencé à 6 heures et ont fini plus tard. »
Du côté de la clientèle, la fréquentation habituelle n’était pas au rendez-vous, jeudi 15 octobre. « Il y avait de forts ralentissements pour accéder à Jarry par Moudong et la Voie verte, commente la commerçante en boulangerie-pâtisserie. Dans notre clientèle, il y a beaucoup de cadres et d’employés de bureau : toutes les réunions annulées la veille ont été reportées au lendemain ; ils n’avaient pas forcément le temps pour une pause-café… ».
Une baisse de fréquentation que corrobore un autre restaurateur de Jarry. Lui aussi a dû garder le rideau baissé, faute d’avoir pu accéder à son entreprise.
« En ce moment, c’est mort : on avait déjà ressenti la baisse de la fréquentation depuis l’augmentation du prix de l’essence. »
Un sujet au cœur des préoccupations.
Cécilia Larney
























