Guadeloupe. Bwa Kapab, l’insertion par la production horticole à Petit-Canal

Dans le Nord Grande-Terre, aux Mangles/Petit-Canal, l’association Bwa Kapab ouvre le champ des possibles aux personnes en situation d’insertion.

L’action conduite par l’association Bwa Kapab, conventionné Chantier d’insertion en 2023, offre une illustration concrète de l’action de l’Etat et du Département, cofinanceurs, pour lutter contre la pauvreté en Guadeloupe.

Avec un taux d’environ 40 % des salariés en insertion qui ont trouvé un emploi durable, une formation, ou créé leur activité, à l’issue de leur passage au chantier d’insertion de Petit-Canal, Bwa Kapab figure parmi les « bons élèves ». Preuve que le pari pris par Chantal Labylle, directrice-fondatrice de l’association Bwa Kapab, et son équipe de travailleuses du social, d’explorer une nouvelle voie en matière d’insertion, hors les murs, a trouvé son public.

Le préfet Thierry Devimeux y était en visite, jeudi 7 octobre, avec Emilie Acquistapace, sous-préfète chargée de la cohésion sociale, du travail et de la politique de la ville en Guadeloupe.

Chantal Labylle (au centre), directrice-fondatrice de l’association Bwa Kapab, a accueilli le préfet Thierry Devimeux et la sous-préfète, Emilie Acquistapace.

« Avec un pourcentage de 32 % de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté, couplé à un nombre de bénéficiaires du RSA qui est très important, il est fondamental que nous ayons des dispositifs qui permettent d’accompagner ces personnes, indique Thierry Devimeux, préfet de Guadeloupe. Être en difficulté ne doit pas être une fatalité : on doit pouvoir construire un projet de vie, qui passe souvent par la formation, pour un avenir meilleur. »

Gagner en autonomie et en estime de soi

Installée aux Mangles (Petit-Canal), l’association Bwa Kapab mise sur des activités agricoles, la valorisation des savoirs et des produits locaux pour permettre aux hommes et femmes éloignés de l’emploi, salariés en insertion, de trouver leur voie. Actuellement, la structure accueille 23 salariés en parcours d’insertion, âgés de 21 à 65 ans.

« Sur un espace de 2500 m2, l’association accueille des personnes en situation d’insertion, explique Chantal Labylle, directrice-fondatrice de l’association Bwa Kapab. Nous leur permettons de s’inspirer du jardin pour grandir et gagner en autonomie, en estime de soi. Cet accompagnement leur permet d’abord de se découvrir. On les aide à monter en compétence pour qu’ils sachent quel métier, souvent le premier pour certains, leur plairait. L’objectif est qu’ils effectuent une sortie dynamique du dispositif avec une option d’insertion, des qualifications et le pouvoir d’agir. »

Pendant 4 mois (minimum) et 24 mois, les personnes accueillies sont rémunérées et exécutent différentes activités en lien avec l’agriculture en zone urbaine (sur une petite surface) et péri-urbaine pour apprendre à cultiver en ville, à entretenir les espaces verts, fabrication de bacs en bois… Plantes, légumes locaux… occupent les espaces cultivés et rigoureusement entretenus.

« Avec la formation d’ouvrier de production horticole, les salariés peuvent être employés dans le domaine de l’agriculture, de la vente, de la commercialisation de plantes en tant que fleuristes, pépiniéristes, horticulteurs…, commente Chantal Labylle. Quelle que soit leur décision, nous les accompagnons vers leur choix de métier ou de formation. »

En complément, les salariés en insertion interviennent auprès des institutions, de partenaires ou de particuliers. Les scolaires sont aussi accueillis sur le site.

Cécilia Larney

Une démarche pertinente

L’association, qui compte plus de 180 adhérents, propose au grand public des rendez-vous ponctuels, notamment un marché solidaire. Temporairement suspendu, il devrait reprendre dès novembre, chaque mercredi, avec les produits récoltés par Bwa Kapab. Un espace de vente et de partage : « Ceux qui ont des fruits ou des légumes en surplus chez eux, peuvent les apporter au marché solidaire », indique la directrice de l’association. Une démarche pertinente à l’heure où la Guadeloupe aspire à consommer sainement et local.

Parallèlement, l’association sensibilise le grand public à l’écocitoyenneté, la biodiversité, le respect de la nature… avec des ateliers de compostage, anti-gaspillage.

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