L’Institut d’Emission des DOM vient de publier son rapport annuel économique 2025. Il a été présenté par François Groh, directeur régional de l’IEDOM Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy, et Domion Gordon, directeur des études.
Chaque année ce document très attendu présente de manière détaillée la situation économique et financière des la Guadeloupe, au travers de données chiffrées secteur par secteur.
Que s’est-il passé en 2025 ? Si le secteur touristique s’est bien maintenu, avec une augmentation du nombre de touristes par voie aérienne de 4%, un nombre de nuitées en hausse de 2%, un chiffre d’affaires hébergement-restauration en hausse de 1,7%, porté par le Carnaval et la croisière, un nombre de passagers aériens en hausse de 1,8%, certains secteurs sont à la peine : le BTP, comme toujours, avec des commandes publiques en baisse (331 appels d’offres, soit -14,9%, avec un taux d’attribution faible : 9,4%).
A ceci vient s’ajouter que, si les délais de paiement des collectivités s’améliorent, ils restent néanmoins trop longs, quels que soient les Cocoricos poussés en plénière par le président de Région.
Les ventes de ciment accusent une baisse de 6,2%, le nombre de permis de construire sont en retrait de 21,3% — Le climat des affaires, sorte de sondage du ressenti des chefs d’entreprises, « demeure bien orienté », avec une inflation maîtrisée à 1,3% en moyenne contre 2,6% en 2024.
Quoique le taux de chômage soit élevé — 16,6% de la population active est au chômage — le marché du travail résiste, avec une baisse du nombre de demandeurs d’emplois de catégorie A : -1,4% sur un an. A noter des difficultés de recrutement, dans la santé et le BTP.
S’il y a stabilisation, il y a aussi des fragilités : la consommation des ménages reste contrainte et la situation financière d’une partie d’entre eux continue de se dégrader. En atteste la hausse des dossiers de surrendettement, 817 sur un an, soit +23,4%. Les entreprises, de fait, ont à faire avec un marché local contraint, une clientèle plus fragile. A noter cependant qu’il y a eu 9147 créations d’entreprises, soit +11,8% d’une année l’autre.
Quid de l’activité bancaire ? Soutenue, affirme l’IEDOM, qui pointe que l’encours total des 15 établissements bancaires atteint 12,3 milliards d’euros, une hausse de 4,9% d’une année l’autre. Les actifs financiers placés par les entreprises et les particuliers atteignent 10,7 milliards d’euros, soit une progression de 3,2% d’une année l’autre.
En 2026, la concrétisation des projets structurants — souvent financés, ne manque que le top départ — comme l’extension du port de Jarry (120 millions d’euros), la mise en œuvre du Plan Eau (320 millions d’euros), les investissements de la Région (110 millions d’euros pour la déviation de La Boucan) et du Département, la poursuite des travaux de la Cité scolaire de Baimbridge (8,9 millions d’euros), de celles des maisons d’arrêt de Basse-Terre (45,5 millions d’euros) et de Basse-Terre (43,7 millions d’euros), le développement de projets d’hôtels — devrait être déterminante pour soutenir l’activité locale dans un environnement national et international très incertain.
Quelles donnée pour la premier trimestre 2026 ? L’activité est globalement stable, le contexte d’inflation s’améliore toujours (0,3% sur trois mois, 0,9% sur un an. A venir, pour le second trimestre, un ralentissement de l’activité anticipée par les chefs d’entreprises, qui prévoient, selon l’IEDOM, d’ajuster leurs prix de vente à la hausse pour préserver leurs marges et leur trésorerie. « Ils envisagent de réduire leurs investissements en 2026», conclut l’IEDOM.

























