Le préfet de la région Guadeloupe réagit à la disparition de Jorge Rovelas.
« Quelques semaines après la Pool Art Fair, c’est un acteur majeur des arts visuels guadeloupéen, sculpteur, peintre, designer de bijoux, d’objets, de mobilier et maître d’art qui nous quitte.
Après des études secondaires en Guadeloupe, Jorge Rovelas poursuit ses études supérieures en France et en Suisse, avant de revenir sur sa terre natale en 1988. Il était notamment diplômé de chimie colorante en France, et de haute-couture aux établissements Nielsen (Lausanne).
Il a obtenu le premier prix du concours international de haute-couture à Genève en 1972 et est diplômé de l’école des Beaux-Arts de
Lausanne en 1984.
Depuis son retour en Guadeloupe à l’orée de la décennie 1990, Jorge Rovellas s’est attaché à créer des sculptures miniatures (pièces uniques se déclinant en petites séries), mais aussi des sculptures monumentales visibles dans l’espace public en Guadeloupe, en particulier à Pointe-à-Pitre, et des bijoux qui reflètent à la fois l’insatiable curiosité de l’homme – authentique et généreux – et l’ingéniosité de l’artiste.
Orfèvre des matériaux endogènes du règne végétal, minéral et animal (marin et terrestre), les recherches et investigations qu’il a menées pendant plus de trente ans lui ont conféré une extraordinaire connaissance des essences de bois, des lianes, des écorces, des sèves, des os, des poils, des dents, des arrêtes, des peaux de poissons, des coraux, des roches lamelliformes, des coquillages… autant de matériaux auxquels l’artiste applique la rigueur des techniques académiques, pour en révéler avec force le caractère et la beauté cachée.
Les Journées du design bijou en 2012, les Journées caribéennes des métiers d’art et du design en 2016 lui doivent beaucoup et ont contribué à sensibiliser le public et les institutions sur les enjeux de la filière.
En 2025, le Centre national des arts plastiques a acquis a acquis Fragments de parcours, une série de dix bijoux en bois, argent, corne, nacre, bronze et matériaux divers, qui ont rejoint ainsi la collection nationale des arts décoratifs, design et métiers d’art.
La direction des affaires culturelles de Guadeloupe tient à souligner la mémoire de cet inestimable créateur, soucieux de placer l’acte de création artistique en symbiose avec l’environnement et de rappeler que l’humanité s’appréhende dans son rapport à la Terre-mère.
Il laisse à la Guadeloupe une œuvre immense qui résonne particulièrement en ces temps de dérèglement climatique qui nous obligent à repenser notre rapport à l’environnement. »


























