Guadeloupe. Les lycéens soutenus par le PS et le SNEP-FSU

Les socialistes de Guadeloupe apportent leur soutien aux lycéennes et aux lycéens mobilisés, ce lundi, devant plusieurs établissements de l’académie de Guadeloupe. Des syndicats enseignants regrettent que le rectorat n’ait pas reçu les leaders du mouvement mais des représentants institutionnels des lycéens (voir par ailleurs).

Que dit le PS ? « Alors que cette mobilisation semble prendre de l’ampleur, comme dans l’Hexagone, la Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste appelle les pouvoirs publics, en particulier le rectorat et la Région Guadeloupe, à entendre les revendications exprimées par les élèves et à y apporter rapidement des réponses.

Ces revendications font écho à celles portées la semaine dernière par les organisations syndicales de l’Éducation nationale.

L’école, en Guadeloupe comme dans l’Hexagone, souffre d’un manque criant de moyens humains et matériels, qui contribue à la dégradation des conditions d’enseignement et d’étude dans de trop nombreux établissements.

Les réformes successives du baccalauréat et la mise en place de Parcoursup ont également profondément transformé le parcours des lycéens et nourri chez une partie de notre jeunesse des inquiétudes et une pression croissantes auxquelles le Gouvernement doit apporter des réponses.

Dans un territoire où les jeunes sont confrontés à de profondes inégalités, aux difficultés d’orientation, de mobilité et de poursuite d’études, mais aussi aux incertitudes qui pèsent sur leur avenir, les socialistes demandent que le dialogue soit engagé sans délai avec les représentants des lycéens et l’ensemble de la communauté éducative.

La jeunesse guadeloupéenne doit être entendue. Des réponses concrètes doivent désormais lui être apportées.

Enfin, les socialistes rappellent leur attachement au droit de manifester pacifiquement. Cette mobilisation doit pouvoir s’exprimer dans le respect des personnes et des biens, sans qu’aucune violence ne vienne détourner l’attention des revendications portées par la jeunesse. »

« Le dialogue ne se décrète pas
en contournant les véritables porte-paroles ! »

Le SNEP-FSU Guadeloupe est monté au créneau : le recteur est dans leur collimateur.

« Le SNEP-FSU apporte son soutien total et fraternel aux élèves qui se mobilisent légitimement ce matin pour faire entendre leurs revendications et exiger de meilleures conditions d’études. Comme en témoigne le point de situation actuel, la mobilisation s’étend et touche de très nombreux établissements à travers l’archipel.

Des blocages, rassemblements ou filtrages sont notamment constatés au Lycée de Sainte-Anne, au Lycée Faustin-Fleret, au LPO Pointe-Noire et à la SEP de Bouillante, à Baimbridge, au Lycée Gerville-Réache, au Lycée Des Droits de l’Homme à Petit-Bourg, ainsi qu’au Lycée Jardin d’essai.

Si la cause de cette jeunesse est juste, nous dénonçons fermement les méthodes de l’administration rectorale qui tente de marginaliser les véritables leaders de cette mobilisation large et spontanée.

Vouloir à tout prix institutionnaliser la crise en s’enfermant dans des instances (comme le conseil de la vie lycéenne-CVL) qui existent en dehors et indépendamment de ces manifestations est un non-sens absolu.

Faut-il rappeler au recteur une règle élémentaire du dialogue social ? Lorsqu’il y a une grève générale, l’administration ne convoque pas un CSA ou une CAP pour régler le problème ! Les discussions et les audiences se tiennent avec les représentants désignés par les personnels au moment de la manifestation.

Il en va exactement de même pour la jeunesse guadeloupéenne. La mobilisation actuelle s’organise autour de leaders et de porte-paroles qui diffèrent des élus institutionnels. Ce sont ces représentants, désignés par les étudiants au cœur même de l’action, qui détiennent la véritable légitimité pour aller dialoguer avec le recteur.

S’obstiner à convoquer des élus d’instances parfois mis de côté, non utilisés, ou mal perçus par la base de ce mouvement, relève d’une manœuvre vaine de division qui ne fera qu’attiser la colère.

Le SNEP-FSU Guadeloupe exige du Rectorat qu’il prenne la mesure de la situation et cesse de contourner le problème. Le dialogue exige du respect : le recteur doit recevoir sans délai la délégation des véritables porte-paroles désignés par les lycéens mobilisés sur le terrain. »

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