Une étude menée par le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), de concert avec la Direction du contrôle de la qualité et de la protection du consommateur (DCQPC), révèle que 92% des sachets d’eau analysées dans la région métropolitaine de Port-au-Prince sont hors normes.
L’étude qui portait sur les eaux de consommation toutes catégories confondues indique que 83,5% sont contaminées. Sur un total de 109 échantillons prélevés sur le marché, 91 se sont révélés positifs à divers indicateurs de contamination, mettant en évidence un risque sérieux pour la santé publique.
Réalisée entre août 2025 et janvier 2026, l’étude porte sur des eaux traitées et conditionnées destinées à la consommation humaine. Les prélèvements ont concerné différents types de produits et circuits de distribution, notamment des bouteilles d’eau locales et importées, des galons, des sachets, ainsi que des kiosques de traitement et de revente répartis dans plusieurs zones de la région métropolitaine.
Dans le détail, l’échantillonnage comprend dix bouteilles d’eau de cinq marques locales, cinq bouteilles importées de trois marques différentes, deux bonbonnes de cinq gallons issus de deux marques, 27 sachets provenant de 27 marques distinctes, cinq kiosques de traitement et 60 kiosques de revente situés en différents points de vente.
Les résultats de l’analyse sont particulièrement préoccupants. 96,7 % des kiosques de revente analysés sont de qualité insuffisante, tout comme 100 % des kiosques de traitement et des gallons. Les sachets d’eau affichent un taux de non-conformité de 92,6 %, tandis que seules 6,7 % des bouteilles analysées sont hors normes.
Sur le plan microbiologique, les analyses révèlent la présence des quatre principaux indicateurs de contamination fécale, à savoir les coliformes totaux, les coliformes fécaux, les streptocoques fécaux et Escherichia coli. Dans de nombreux cas, plusieurs de ces bactéries ont été détectées simultanément dans un même échantillon, augmentant ainsi le niveau de risque sanitaire pour les consommateurs.
L’étude met également en évidence de graves manquements en matière d’étiquetage et d’information au consommateur. Certains produits, notamment des sachets d’eau, ne comportent parfois que le nom de l’entreprise, sans autres mentions obligatoires telles que l’adresse, le numéro de téléphone du producteur, la composition nutritionnelle, la date de péremption ou encore les conditions de conservation, en violation des normes en vigueur.
Selon les responsables de l’étude, ces taux élevés de contamination seraient liés à plusieurs facteurs, notamment les mauvaises conditions de transport, de stockage et de conservation des eaux de consommation sur le marché. L’altération des emballages favoriserait également la migration de composés chimiques indésirables dans l’eau destinée à la consommation humaine.
À la lumière de ces résultats, l’eau de consommation dans la zone métropolitaine est désormais considérée comme une menace potentielle pour la santé publique. Le MCI annonce son intention d’engager des discussions avec les entreprises concernées afin de situer les responsabilités et d’envisager des mesures correctives, y compris des sanctions en cas de récidive.
Source : Le Nouvelliste
Lien : https://lenouvelliste.com/article/263898/boire-de-leau-contaminee-la-norme-a-port-au-prince

























