Haïti. La dette de sang : de la complicité à la rédemption des élites et de l’État

Manifeste pour un « Impôt de Guerre » et une Union Sacrée : pourquoi le secteur privé et les pouvoirs publics doivent payer ensemble la facture de la reconquête ou périr séparément.

La fin du mythe du « Titanic ».

Il existe une illusion tenace au sommet de la pyramide sociale haïtienne, une chimère qui a longtemps bercé les nuits de Pétion-Ville, de Kenscoff et des hauteurs inaccessibles. C’est l’illusion du « Titanic » : la croyance arrogante que l’on peut survivre indéfiniment, le champagne à la main, dans les cabines de première classe, alors même que la coque du navire est éventrée en troisième classe et que l’eau monte.

Cette illusion est morte. Les événements récents nous l’ont prouvé avec une brutalité pédagogique. La violence n’a plus de frontières géographiques. Elle ne demande plus de « laissez-passer » pour monter vers les hauteurs. Lorsque le Bel-Air, Solino ou le centre-Ville s’embrasent, la fumée noircit les murs des villas les plus fortifiées, et l’économie tout entière s’asphyxie.

Aujourd’hui, alors que les forces de l’ordre, dans un sursaut de dignité, montent à l’assaut des bastions criminels pour tenter de sauver ce qui reste de la République, une question dérangeante mais inévitable se pose : Où sont les élites ? Et par « élites », je n’entends pas seulement les capitaines d’industrie, mais aussi cette classe politique prédatrice qui a dirigé l’État.

Il faut avoir le courage de le dire sans complaisance : si ce pays est fracturé, c’est parce qu’il a été méthodiquement cassé. Cassé par une élite économique qui a trop souvent pratiqué la sécession silencieuse, refusant d’investir dans le bien commun. Cassé par des pouvoirs publics qui ont transformé l’État en une mangeoire personnelle, laissant les gangs remplir le vide régalien.

Mais l’heure n’est plus au procès moral, car le tribunal est en feu. L’heure est au calcul de survie. Les opérations de reconquête coûtent cher. La reconstruction sociale (« Le Build ») coûte encore plus cher. L’État, exsangue, pillé, ne peut pas porter ce fardeau seul.

Ce texte est un appel à la mobilisation générale. Il explique pourquoi et comment les élites économiques et les pouvoirs publics doivent passer du statut de coupables passifs à celui d’actionnaires de la sécurité.

Source : Le Nouvelliste

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