Haïti. La Primature tente de rallumer le dialogue quinze jours après le départ du CPT

Deux semaines se sont écoulées depuis que le Premier ministre gouverne seul, à la suite de la fin du mandat des membres du Conseil présidentiel de transition.

Depuis, les acteurs politiques peinent toujours à s’entendre sur un nouvel accord. Tous attendent le signal d’Alix Didier Fils-Aimé, désormais seul maître à bord.

Selon plusieurs responsables de partis politiques joints par Le Nouvelliste vendredi soir, le chef du gouvernement, directement ou par l’entremise d’intermédiaires, a déjà entamé des démarches pour renouer les contacts en vue d’un nouveau round de dialogue politique. Cependant, aucune piste claire ne semble encore se dégager, et l’incertitude continue de planer sur la capacité des protagonistes à trouver une sortie de crise concertée.

« Au niveau du G10, le Premier ministre nous avait contactés. Non pas pour un replâtrage du gouvernement, mais pour arriver à un accord. C’est ce que nous lui avions dit », a rapporté au Nouvelliste un membre de ce regroupement de partis politiques composé de Fanmi Lavalas, PHTK, RDNP, OPL, KONBA, UNIR, EN AVANT, Nouvelle Orientation et ASE.

Selon ce responsable de parti politique qui a voulu garder l’anonymat, il faut au chef du gouvernement un accord politique dans lequel il trouvera une légitimité pour avancer. Cet accord, a-t-il ajouté, « peut déboucher sur un replâtrage du gouvernement. On devrait poursuivre les discussions ce dimanche 22 février avec le Premier ministre. »

« Sinon, il devra appliquer l’article 149 de la Constitution dans sa globalité, c’est-à-dire, il devra organiser les élections avant le 7 juin », a précisé notre contact au G10.

Pour Jean Renel Sénatus, de l’Initiative 24 avril et du Protocole du 14 janvier qui étaient au premier plan dans le choix du juge de la Cour de cassation, Jean-Joseph Lebrun comme président du pays après le départ du CPT, « le processus de dialogue est au point zéro. Il y a de cela huit jours depuis que nous avions reçu trois appels de proches du Premier ministre. Ils voulaient nous envoyer une invitation pour une rencontre, mais depuis, il n’y a eu aucun suivi… »

L’ancien sénateur estime que le Premier ministre « est sur un terrain qu’il ne maîtrise pas. Il a comme les mains liées », a-t-il dit constater. 

Me André Michel, membre du Groupe de réflexion et de l’Accord 21 décembre a lui aussi été contacté par la Primature. Pour le moment, il qualifie cette initiative de la Primature comme une prise de contact informelle. Il souligne que ces discussions informelles avec des proches du Premier ministre se sont déroulées sur une feuille de route, « non pas sur un replâtrage du gouvernement. »

L’ancien député Antoine Odon Bien-Aimé, responsable de l’organisation politique Entente nationale, confie au Nouvelliste qu’il a été lui aussi approché par des proches du Premier ministre. Quinze jours après le départ du CPT, l’ex-parlementaire estime que Alix Didier Fils-Aimé « est en mode pause. Il fait du surplace… » Cependant, il se dit prêt à discuter avec le Premier ministre pour arriver à un accord politique.

« Il nous faut un accord politique. Nous devons nous entendre sur une forme de gouvernement », a-t-il plaidé. 

Depuis sa prise de parole le 7 février dernier après le départ des membres du CPT, le Premier ministre a fait peu d’apparition publique. « Je suis avec une attention soutenue, les discussions en cours dans la classe politique sur les différentes voies proposées pour sortir le pays de la crise. Je suis prêt à participer à toute concertation qui place l’intérêt national au-dessus de tout », avait-il dit. 

Source : Le Nouvelliste

Lien : https://lenouvelliste.com/article/264452/la-primature-tente-de-rallumer-le-dialogue-quinze-jours-apres-le-depart-du-cpt

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