Le procès de l’assassinat du président Jovenel Moïse s’est ouvert en Floride avec le choix des jurés, depuis lundi 9 mars. Révélations.
Alors que le procès fédéral à Miami concernant l’assassinat de Moïse a commencé lundi avec la sélection du jury, un témoignage récemment rendu public de Edwin Blanquicet Rodriguez révèle de nouveaux détails sur les heures chaotiques qui ont suivi la mort du président, ainsi que sur l’exécution présumée de Duberney Capador Giraldo, a rapporté le Miami Herald.
« Ils ont tiré une balle dans la tête de Capador pour l’achever », a déclaré Blanquicet dans une déposition faite aux avocats en décembre, accusant l’un des principaux responsables de la sécurité présidentielle l’avoir tué l’ancien soldat colombien.
Le récit de Blanquicet sur ce qui est arrivé à Capador — accusé d’avoir utilisé un stratagème pour recruter d’anciens soldats colombiens pour l’opération — fait partie de plusieurs nouveaux éléments révélés avant le procès.
Sa déposition fait partie des près de 1 500 documents déposés dans l’affaire de conspiration pour meurtre menée par le gouvernement américain, dans laquelle Sanon et quatre autres personnes sont accusés d’avoir participé à un complot visant à tuer un chef d’État étranger.
Les avocats de la défense tenteront de démontrer que les soldats colombiens se sont rendus au domicile de Moïse au milieu de la nuit pour l’arrêter et le destituer, et non pour le tuer. Ils chercheront également à montrer qu’au moment où le groupe colombien est arrivé à la résidence présidentielle, Moïse avait déjà été tué — possiblement par des policiers haïtiens et des gardes présidentiels.
« L’intention de la police était de tuer tous les Colombiens et de ne laisser aucune preuve », a déclaré Blanquicet.
Les procureurs présenteront une version très différente des faits.
Dans un récent document judiciaire, ils ont affirmé que « les survivants de la famille Moïse confirment que ses assassins étaient un groupe d’hommes hispanophones qui ont fait irruption dans leur maison avec des armes automatiques et l’ont assassiné ».
Le gouvernement affirme que l’un des accusés, un ancien soldat des forces spéciales colombiennes nommé Victor Albeiro Pineda Cardona, surnommé « Pipe », a été engagé par des accusés basés à Miami : Arcangel Pretel Ortiz, Antonio “Tony” Intriago et Walter Veintemilla.
Pineda aurait fait partie de l’équipe « Delta » chargée d’entrer dans la chambre du président et qui aurait ensuite été invitée par Capador à fournir une photo du corps de Moïse.
Les procureurs fédéraux affirment que Pineda s’est rendu avec James Solages, un autre accusé basé à Miami, au domicile de Moïse « dans l’objectif de tuer le président ».
« Les preuves balistiques confirment ces faits », ont déclaré les procureurs.
« Des balles ou fragments de balles provenant de Moïse et de son épouse Martine Moïse correspondent à un fusil d’assaut AR-15 appartenant aux mercenaires colombiens, en particulier à l’équipe dite “Delta”. »
Dans sa déposition, Blanquicet affirme qu’il pense que les autorités haïtiennes n’avaient jamais l’intention de les capturer vivants.
« Si on nous l’avait demandé, nous nous serions tous rendus », a-t-il dit.
« Ils ne voulaient pas que nous nous rendions. »
L’ancien soldat affirme également que la police haïtienne a torturé mentalement et physiquement les suspects colombiens après leur arrestation.
Le meurtre brutal de Moïse s’est produit vers 1 h 30 du matin. La chasse à l’homme de la police nationale haïtienne, selon Blanquicet, n’a commencé qu’aux alentours de 15 h 30, soit plus de 12 heures plus tard.
Blanquicet affirme qu’il était désarmé à ce moment-là et qu’il cherchait un refuge pendant que les policiers tiraient à la mitrailleuse.
« Ils avaient des fusils… Il y a même eu une attaque avec des grenades », a-t-il dit.
Lorsqu’il a finalement décidé de se rendre, il affirme avoir failli être tué après avoir demandé à un civil d’aller chercher la police.
« La police est arrivée, mais elle ne m’a offert aucune protection », a-t-il déclaré.
« En réalité, la police a déchaîné la population contre moi. »
Il affirme avoir reçu des dizaines de coups de machette, dont 17 à la main, qu’il risque désormais de perdre, ainsi qu’une fracture du crâne.
Le traitement réservé aux Colombiens avant et après leur arrestation a fait l’objet de plaintes pour violations des droits humains
Les Colombiens ont-ils été piégés ?
Blanquicet a également déclaré aux avocats qu’il pensait que le groupe avait été piégé pour porter la responsabilité du crime.
Alors que le convoi approchait de la maison de Moïse dans le quartier Pèlerin 5 à Pétion-Ville, il dit avoir entendu des coups de feu et vu quatre personnes courir hors d’une maison.
« J’ai trouvé cela étrange parce qu’ils étaient en formation de combat », a-t-il dit, ajoutant qu’un drone survolait la zone.
Il affirme que lorsqu’il est allé prévenir les autres Colombiens, ils étaient tous à l’extérieur de la maison et n’étaient pas entrés.
En descendant la montagne, le groupe aurait été pris dans une embuscade.
« Tout semblait avoir été planifié à l’avance », a-t-il déclaré. « C’était comme une mise en scène, comme du théâtre. »
Source : Le Nouvelliste


























