Haïti. Le rapport des experts de l’ONU « place le gouvernement haïtien face à ses responsabilités »

Le dernier rapport du Groupe d’experts de l’ONU sur Haïti continue de provoquer des remous.

Le dernier rapport du Groupe d’experts de l’ONU sur Haïti continue de provoquer des remous. Publié en début de cette semaine, le document met en cause des hommes et des femmes politiques pour leurs liens avec les gangs.

Il souligne aussi les connexions entre activités criminelles, trafic de drogue et de munitions, et certaines activités économiques illicites. Invité de la matinale de Magik 9 le vendredi 9 octobre 2026, Romain Le Cour, de Global Initiative, l’a qualifié de « rapport le plus complet, le plus détaillé, le plus précis et le plus offensif » depuis la création du comité.

Selon l’expert de Global Initiative, l’affaiblissement de l’État de droit et la disparition de plusieurs garde-fous dans la lutte contre l’impunité sont préoccupants. Ils peuvent mettre en difficulté le gouvernement actuel. Romain Le Cour rappelle toutefois que la responsabilité première incombe aux autorités haïtiennes.

« Il leur revient de répondre aux allégations et aux enquêtes, et de s’engager dans la lutte contre la corruption et l’impunité, en faveur d’une plus grande transparence », a-t-il déclaré.

Pour M. Le Cour, les outils juridiques et judiciaires existent déjà en Haïti. Il faut les utiliser et laisser la justice haïtienne établir si les allégations sont fondées. Les personnes citées peuvent, et doivent, se défendre. Mais on est en droit d’attendre que des suites soient données.

« Depuis trois ans, ces rapports paraissent plusieurs fois par an. Les régimes de sanctions, onusiens ou bilatéraux, alimentent selon l’expert une frustration face à l’inaction », rappelle Romain Le Cour qui déplore le manque de coordination et de communication entre les différents régimes de sanctions et les différentes enquêtes.

Un contexte préélectoral sensible

« Les conséquences politiques nationales seront probablement importantes. Le rapport intervient dans un climat préélectoral, voire de préchauffe de campagne, alors que, selon ce qu’on entend, les élections ne se tiendront pas le 13 décembre 2026. Les nouveaux décrets et les modifications intervenues, avec la disparition de certains verrous entre candidats, soulèvent des questions sur la crédibilité et la transparence des acteurs et du scrutin à venir », a analysé M. Le Cour. 

Romain Le Cour estime que ces questions pèseront aussi sur l’attitude des acteurs internationaux. Les partenaires bilatéraux et onusiens devront se positionner à la lumière des dernières enquêtes, des modifications de décret et des révélations. « C’est dans ces relations que le gouvernement devra naviguer, de façon politiquement délicate, au cours des prochaines semaines », a-t-il précisé. 

Interrogé sur d’éventuelles réactions des capitales concernées, l’analyste note qu’il n’y a pour l’instant que très peu d’échos. Il juge toutefois qu’il sera très intéressant d’observer ce qui s’y passera. Les prochaines semaines seront selon lui cruciales.

Source : Le Nouvelliste

Lien : https://lenouvelliste.com/article/272810/le-rapport-des-experts-de-lonu-place-le-gouvernement-haitien-face-a-ses-responsabilites

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