Les Etats-Unis, dans un nouveau message au vitriol, ont affirmé que l’instabilité chronique d’Haïti n’est pas due à des défauts de la Constitution mais de la responsabilité de politiciens corrompus qui utilisent les gangs pour semer le chaos et exiger leur place au gouvernement.
Les Etats-Unis, dans un nouveau message au vitriol, ont affirmé que l’instabilité chronique d’Haïti n’est pas due à des défauts de la Constitution mais de la responsabilité de politiciens corrompus qui utilisent les gangs pour semer le chaos et exiger leur place au gouvernement.
« L’instabilité chronique en Haïti n’est pas due à un quelconque défaut du caractère, de la culture ou de la constitution haïtienne. Elle relève de la responsabilité de politiciens haïtiens corrompus qui utilisent des gangs et d’autres groupes armés pour semer le chaos dans les rues, puis exigent un rôle au sein du gouvernement afin de faire cesser le désordre qu’ils ont eux‑mêmes provoqué », peut-on lire dans un tweet du Bureau de l’hémisphère occidental du département d’État américain.
« La véritable stabilité viendra lorsque les dirigeants politiques tireront leur pouvoir du soutien des électeurs plutôt que de leur capacité à semer la violence », a indiqué ce message du gouvernement américain qui souligne que « les membres du CPT qui ont suivi cette voie ne sont pas des patriotes haïtiens. »
« Ce sont des criminels, tout comme les gangs avec lesquels ils conspirent », a affirmé le gouvernement américain dans ce qui est clairement un durcissement des éléments de langage après le message de la veille et de la réunion, jeudi, des cinq membres du CPT ayant signé la résolution pour renverser le gouvernement.
« Les États-Unis mettent en garde le Conseil présidentiel de transition (CPT) contre toute tentative de modification de composition du gouvernement à quelques jours de la fin de la fin de son mandat le 7 février prochain », peut-on lire dans une note rendue publique, mercredi 21 janvier 2026 dans la soirée, par l’ambassade américaine en Haïti.
« L’objectif des États-Unis pour Haïti demeure l’instauration d’un niveau minimal de sécurité et de stabilité. Toute tentative de modification de la composition du gouvernement par le Conseil présidentiel de transition (CPT), non élu, à ce stade avancé de son mandat, serait considérée par les États-Unis comme une manœuvre visant à saper cet objectif et, de ce fait, serait nulle et non avenue », ont indiqué les USA dans le message de son ambassade.
Tôt dans la matinée du jeudi 22 janvier 2026, Smith Augustin a partagé avec le journal un message sur WhatsApp disant : « Quatre autres collègues et moi nous avons signé en faveur de la révocation du Premier ministre. »
« Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltaire, Louis Gérald Gilles et Edgard Leblanc Fils sont les conseillers présidentiels ayant signé la résolution pour révoquer le Premier ministre », précise une source au CPT.
D’autres prises de positions
Avant le message, jeudi, du Bureau de l’hémisphère occidental du département d’État, le gouvernement du Canada avait désavoué le CPT. « Le Canada est profondément préoccupé par les tentatives de plusieurs membres du CPT de remplacer le Premier ministre à seulement quelques jours de la fin de leur mandat. Cette action ne peut qu’affaiblir la stabilité et la sécurité du pays à un moment crucial de son histoire », peut-on lire dans la publication de l’ambassade du Canada sur X.
L’ambassade du Canada a menacé de sévir contre les conseillers présidentiels derrière ce projet de renvoi du PM Fils-Aimé. « Le Canada demeure prêt à prendre des mesures contre tout acteur dont les actions compromettent la paix, la sécurité et la stabilité d’Haïti. Le Canada demeure engagé à soutenir les efforts visant à redonner au peuple haïtien sa sécurité et son droit souverain et constitutionnel de choisir ses dirigeants par voie démocratique.
Une fois de plus, nous appelons tous les membres du CPT à respecter leur engagement de quitter leur fonction le 7 février et à s’abstenir de freiner davantage les progrès vers des élections libres et équitables », conclut la note.
Menacé de révocation par des membres du Conseil présidentiel de transition, le chef du gouvernement Alix Didier Fils-Aimé a eu une réunion de travail, mercredi 21 janvier 2026, avec quatre ambassadeurs européens accrédités en Haïti. Selon une communication de la Représentation de l’Union européenne en Haïti, le Premier ministre haïtien a échangé avec les représentants de la France, de l’Espagne, de l’Allemagne et de l’Union européenne.
« L’Équipe Europe (Allemagne, Espagne, France, UE) a eu une rencontre avec le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé aujourd’hui un échange dense et constructif sur les progrès sur la sécurité en Haïti, notre coopération actuelle et les perspectives à venir », peut-on lire dans une publication sur le compte X de la représentante de l’UE, Hélène Roos, et repris notamment par l’ambassadeur de France, Antoine Michon et l’ambassadrice de l’Allemagne, Maike Friedrichsen.
De la sanction du conseiller présidentiel Fritz Alphonse Jean
Fritz Alphonse Jean, signataire de cette résolution, avait été objet l’an passé de sanctions des USA. Le gouvernement américain a imposé des restrictions de visa à Fritz Alphonse Jean, membre du Conseil présidentiel de transition d’Haïti, avait révélé le 25 novembre 2025 l’agence Associated Press. Les États-Unis accusent M. Jean de soutenir des gangs et d’autres organisations criminelles classés terroristes par les USA.
Les États-Unis accusent également Jean d’entraver la lutte d’Haïti contre les « gangs terroristes ». M Jean avait démenti ces affirmations du gouvernement américain et dénoncé l’ingérence d’ambassadeurs étrangers dans les affaires internes d’Haïti. Il était déjà question de menées pour révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Autour de la table à la Jamaïque
Le message du gouvernement américain sur la corruption de politiciens haïtiens et leur recours aux gangs pour semer le chaos afin d’arriver au pouvoir constitue un tournant. C’est l’une des rares fois que les USA s’expriment en des termes qui rejoignent les observations de beaucoup d’Haïtiens.
Cependant, les Etats-Unis et d’autres pays de la communauté internationale qui désavouent et descendent en flamme des politiques haïtiens, ont fait fi, après la chute du Premier ministre Ariel Henry de certaines exigences, principes et valeurs républicaines en avalisant, lors des discussions politique à la Jamaïque, l’entrée au CPT d’anarchistes, des instigateurs de violence et d’alliés des gangs.
Plusieurs figures de la coalition de gangs « Viv ansanm » ont cité publiquement les noms d’au moins trois responsables politiques. Ces derniers les ont portés à pousser pour le renversement du PM Henry. Plusieurs dizaines de policiers ont été tués, des milliers de prisonniers se sont évadés lors de la mise à sac des deux principales prisons du pays, celle de Port-au-Prince et de la Croix-des-Bouquets.
Du scandale de la BNC
Plusieurs pays de la communauté internationale ont évoqué des positions de principe vis-à -vis de la corruption. Cependant, les trois conseillers présidentiels inculpés dans le scandale de corruption de la BNC sont restés en poste, minant la crédibilité de la transition qui n’a pu atteindre aucun des objectifs fixés par l’accord du 3 avril 2024. Des conseillers-présidentiels, bien installés dans le troisième âge, ont choisi d’être kamikazes que seppuku, face à la honte de l’échec.
Le pays a connu 7 années consécutive de contraction économique. Et le BINUH, dans son premier rapport sur Haïti cette année, a révélé que « dans l’ensemble, plus de 8 100 meurtres ont été recensés dans tout le pays entre janvier et novembre 2025, ce nombre étant probablement inférieur à la réalité en raison de l’accès limité aux zones contrôlées par les gangs. »
Entre-temps, avec l’approche du 7 février, des acteurs politiques, certains chevillés à des groupes armés sont de sorties. Il se bricole des feuilles de routes et des regroupements ici et là, peut-on observer.
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