Fritz Adrien s’inscrit en faux contre ceux qui réclament le départ de Sébastien Migné. Pour lui, ce dernier doit rester en place pour construire le nouveau projet de la sélection haïtienne.
Alors que le sélectionneur Sébastien Migné fait l’objet de critiques virulentes de la part des supporters haïtiens au lendemain de la rencontre entre Haïti et le Maroc, Fritz Adrien va à contre-courant. Selon lui, le Français devrait être maintenu à la tête de la sélection nationale. « Si je devais décider pour la Fédération, je continuerais avec Migné », a-t-il déclaré.
Cette prise de position, il la justifie par les « bons résultats » obtenus par le sélectionneur depuis son arrivée à la tête des Grenadiers en 2024. « Lorsqu’il est arrivé, nous étions au même niveau que certaines équipes comme la Guyane française », lance-t-il, en s’appuyant sur les premiers résultats de l’équipe sous l’ère Migné, dont le match nul (1-1) face à la Guyane française pour sa première rencontre. « Voilà qu’aujourd’hui, nous nous frottons au Brésil, 6e mondial, au Maroc, 7e mondial, et à l’Écosse, 30e mondiale. »
Fritz Adrien prend à contre-pied les exigences de résultats imposées par le public, estimant que les progrès doivent se faire graduellement. « Il ne faut pas oublier d’où nous venons et où nous sommes aujourd’hui », rappelle-t-il, tout en reconnaissant que l’équipe a été nettement renforcée pour sa participation à la Coupe du monde. « Nous estimons aujourd’hui pouvoir battre l’Écosse, alors qu’un an auparavant, nous perdions contre de petites équipes de la CONCACAF. »
Il voit d’un très mauvais œil les insultes proférées par des supporters haïtiens contre Migné sur les réseaux sociaux. Une attitude qui, selon lui, peut décourager d’autres talents, encore réticents, à accepter de porter, à l’avenir, les couleurs de l’équipe nationale. Un chantier où tout reste à faire, d’autant que de nombreux talents auraient déjà été repérés dans plusieurs championnats européens.
Et alors que certains joueurs sont sur le départ – Johny Placide a déjà annoncé sa retraite, Duckens Nazon a 32 ans et Ricardo Adé, 36 –, il estime que le moment est au repérage de nouveaux talents. Déstabiliser ceux qui sont déjà présents serait contre-productif selon lui.
Toujours selon lui, maintenir Migné en poste, c’est jouer la carte de la stabilité. La sélection nationale doit être capable de repérer et d’attirer d’autres joueurs de la trempe de Wilson Isidor, dont la valeur marchande est estimée à dix millions de dollars. Et, pour ce faire, il faut qu’il règne « une ambiance de stabilité », mais aussi un interlocuteur ayant les contacts nécessaires et pouvant parler aux différentes parties pour convaincre ces joueurs, estime M. Adrien.
Il défend une idée simple : la sélection nationale doit se construire autour d’un projet ambitieux pour attirer les joueurs, qui ne viendront pas sans y voir leur intérêt. Et pour lui, Haïti est plutôt sur la bonne voie. Il prend en exemple Martin Expérience, l’un des meilleurs Grenadiers de cette Coupe du monde 2026, qui évolue pourtant en deuxième division française. « C’est aussi une grande vitrine. Mais cette même vitrine peut virer en catastrophe […] Il faut qu’il y ait un projet, la stabilité et il faut que tout soit défini rapidement », insiste-t-il.
Source : Le Nouvelliste


























