À Ouanaminthe, les conditions d’apprentissage à l’École nationale Jean Robert Élie suscitent de vives inquiétudes.
Dans cet établissement public, une grande partie des élèves suit les cours debout, faute de mobilier scolaire adéquat, dans un cadre à la fois précaire et dangereux.
Lors d’une visite réalisée le jeudi 19 mars 2026, il a été observé que certaines salles de classe accueillent jusqu’à 43 élèves sans disposer des équipements pédagogiques essentiels. Dans plusieurs cas, moins de cinq bancs sont disponibles, contraignant la majorité des écoliers à rester debout durant les heures de cours, tandis que d’autres tentent de s’installer sur les rebords des fenêtres.
Un déficit criant de mobilier scolaire
Selon le professeur Morès Pierre, membre du personnel de direction, l’établissement avait bénéficié de 20 bancs de la Direction départementale de l’Éducation du Nord-Est (DDE-NE). Mais exposés à la pluie, ces derniers sont aujourd’hui presque inutilisables. Il souligne l’ampleur du déficit : avec environ 400 élèves, de la première à la neuvième année fondamentale, l’école ne dispose pas d’une centaine de bancs, alors que chacun devrait accueillir trois élèves.
Selon le responsable éducatif, la situation reflète un dysfonctionnement profond du système. Il dénonce notamment les conditions dans lesquelles évoluent des enfants censés acquérir les bases de l’écriture.
« Comment ces élèves pourront-ils maîtriser les apprentissages fondamentaux dans de telles conditions ? », s’interroge-t-il, lançant un appel pressant aux autorités et aux acteurs concernés.
Un bâtiment délabré qui met en danger élèves et enseignants
La problématique dépasse le manque de mobilier. L’état du bâtiment, un ancien local du collège Cacique Henri, constitue une menace réelle. Les murs sont fissurés, la toiture gravement endommagée ne protège plus des intempéries, et l’ensemble de la structure présente des signes avancés de dégradation. Élèves et enseignants évoluent ainsi dans un environnement à risque, marqué par la crainte permanente d’un effondrement.
Fondée en 2013 sous l’administration de l’ancien président Michel Martelly, à une période où l’accent était mis sur la gratuité et l’accessibilité de l’éducation, l’école fonctionnait initialement comme établissement municipal avant d’être nationalisée. Aujourd’hui, elle semble confrontée à un déficit de suivi institutionnel. Une grande partie du personnel enseignant n’est pas officiellement nommée, ce qui affecte la régularité des cours et la qualité de l’encadrement.
Dans la communauté éducative de Ouanaminthe, des voix s’élèvent pour questionner l’engagement réel des autorités étatiques à doter le département du Nord-Est d’infrastructures scolaires capables de garantir une éducation de base de qualité. Cette situation relance le débat sur les priorités gouvernementales en matière d’éducation, notamment sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
La réalité observée à l’École nationale Jean Robert Élie met en cause les défis persistants du système éducatif haïtien. Elle appelle à des mesures urgentes, structurées et durables afin d’assurer aux élèves un cadre d’apprentissage digne, sécurisé et favorable à leur réussite.
Source : Le Nouvelliste


























