Avis de décès : La Première Église Chrétienne d’Haïti de Kenscoff annonce avec une profonde tristesse le départ de son cher Révérend Jean Massillon.
« Avis de décès : La Première Église Chrétienne d’Haïti de Kenscoff annonce avec une profonde tristesse le départ de son cher Révérend Jean Massillon. « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. » — 2 Timothée 4:7 Nous présentons nos sincères condoléances à sa famille, à ses proches et à toute la communauté chrétienne. Que le Seigneur console les cœurs attristés et fortifie tous ceux qui pleurent son départ.
Que son âme repose en paix. »
Alors que les réseaux sociaux bruissaient d’informations, les unes plus alarmantes que les autres, c’est l’Église où Jean Massillon servait comme pasteur qui a confirmé la nouvelle de son décès, vers 7 heures du soir, vendredi 9 octobre 2026.
Le troupeau devra poursuivre sa route sans son berger.
Jean Massillon était un pêcheur d’âmes. Mais, pour la grande majorité des Haïtiens, il était avant tout le maire de Kenscoff, paisible commune de montagne, attaquée par des groupes criminels depuis janvier 2025.
Jean Massillon n’était ni militaire ni président. Pour évoquer sa disparition, il n’est pas nécessaire de reprendre « Un berger vient de tomber », célèbre chanson qu’Enrico Macias consacra à Anouar el-Sadate, assassiné le 6 octobre 1981.
Jean Massillon, lui, avait survécu aux massacres qui ont frappé sa commune. Il avait apporté aide et assistance à tant de ses administrés, jusqu’à leur fournir des linceuls.
Jean Massillon est décédé des suites d’un malaise, alors qu’il se rendait, avec les forces de l’ordre, dans une localité de Kenscoff récemment libérée de l’emprise des bandits.
Le berger n’avait jamais lâché prise.
Depuis janvier 2025, sans juger des qualités de gestionnaire, de père de famille ou d’homme de Jean Massillon, la presse – Le Nouvelliste comme les autres médias – a suivi l’entêtement farouche de ce maire à défendre sa ville, les enfants, les femmes et les hommes dont il avait à sa charge. Inlassablement.
Sur l’ensemble du territoire national, du 1er juin 2021 jusqu’à son décès, personne n’a mieux incarné la résistance et la résilience face à la violence déchainée des gangs que Jean Massillon. Personne n’a davantage mis les autorités haïtiennes devant leurs responsabilités.
En décembre dernier, Le Nouvelliste avait désigné Jean Massillon parmi ses 12 personnalités de l’année 2025. Les mots employés pour parler de lui restent d’actualité : « Sur le territoire national, partout où déferlent les gangs, il y a un brigadier, un policier, un soldat, un Casec, un maire ou un responsable public qui s’érige en rempart, en protecteur de la cité, de la ville, du quartier. Des fois, véritables guerriers ou simples voix, au fil du temps, ils sont devenus reconnaissables, reconnus, appréciés ou décriés. Parmi ces porte-paroles, le maire de Kenscoff se détache depuis janvier avec ceux qui défendent la ville et ses sections communales. Tantôt il lance des cris d’alarme, tantôt il dénonce la nonchalance des autorités. Si Kenscoff n’a jamais totalement succombé aux assauts des gangs qui tentent de le conquérir depuis fin janvier 2025, les démarches de Massillon Jean, l’agent exécutif intérimaire qui tient lieu de maire, y sont pour beaucoup. Il a su à chaque fois remobiliser les forces de l’ordre et garder son patelin au centre de l’attention. Chaque agglomération a besoin d’un Massillon Jean. »
Allez en paix Monsieur Jean Massillon. Pour vous, la course s’arrête. Vous avez gardé la foi. Vous avez combattu le bon combat.
Source : Le Nouvelliste
Lien : https://lenouvelliste.com/article/272834/un-berger-nous-quitte-jean-massillon-est-mort


























