Saint-Barthélemy en est un bel exemple. Île singulière, contrainte par sa géographie et son foncier, elle aurait pu considérer l’agriculture comme anecdotique.
Pourtant, ses élus ont fait un autre choix : celui de préserver et de développer une agriculture à son échelle, adaptée aux réalités du territoire.
Le travail engagé autour de l’élevage, notamment avec la problématique des cabris, mais aussi les projets de maraîchage, de valorisation des terres et de nouvelles formes de production montrent qu’un modèle agricole ne se copie pas : il se construit à partir de son territoire. Et, sur ce point, Saint-Barthélemy
peut aussi servir d’exemple.
Préserver un territoire, c’est également préserver ses savoir-faire. Dans ce numéro, nous mettons en lumière un entrepreneur qui perpétue une technique rare : la réalisation de couvertures en latanier. Derrière ce geste, il y a bien davantage qu’un toit. Il y a une histoire, une identité, une manière de construire avec les ressources locales et de transmettre un patrimoine.
Cette logique rejoint un enjeu devenu incontournable : celui de notre souveraineté alimentaire. L’État en a fait un axe majeur pour les territoires ultramarins. Mais la souveraineté alimentaire ne pourra pas rester un concept ou un objectif institutionnel. Elle devra se traduire dans les champs, dans les ateliers de transformation, dans les entreprises et surtout dans nos assiettes.
Des initiatives existent déjà. Naruyo, par exemple, transforme nos productions locales pour fabriquer notamment des pâtes à partir de banane et d’autres matières premières de nos territoires. C’est précisément dans cette capacité à imaginer de nouveaux débouchés, à transformer ici ce que nous produisons
ici, que se trouve une partie de l’avenir de notre agriculture. Banane, fruit à pain, manioc, igname, patate douce, plantes aromatiques… nos territoires disposent de ressources extraordinaires. À nous désormais de nous en emparer, de les transformer, de les valoriser et d’en faire de véritables filières économiques.
Enfin, je souhaite adresser un grand merci à toutes celles et ceux qui nous accompagnent, nous ouvrent leurs portes, partagent leurs expériences et permettent aux Antilles Agricoles de continuer à raconter cette agriculture qui innove, résiste, transmet et prépare l’avenir.
Car notre avenir agricole est déjà là, sous nos yeux, dans nos terres, nos savoirfaire et nos produits

























