Oublis du quotidien, souvenirs biaisés, mythes alimentaires ou liés à l’âge… La mémoire fascine, mais les idées reçues sont nombreuses. L’Observatoire B2V des Mémoires propose de les déconstruire et de mieux comprendre les mécanismes de la mémoire.
- Les performances mnésiques sont-elles liées au poids du cerveau ?
Non. La qualité de la mémoire ne dépend pas du volume cérébral, mais de la densité et de l’efficacité des connexions entre les neurones.
- Le curcuma et les fruits rouges améliorent-ils la mémorisation ?
Non. S’ils présentent des propriétés antioxydantes reconnues, aucune étude scientifique n’a établi de lien direct entre ces aliments et l’amélioration de l’encodage en mémoire.
- Avec l’âge, les souvenirs négatifs s’imposent-ils davantage ?
C’est l’inverse. L’avancée en âge favorise une idéalisation des souvenirs. Il ne s’agit pas d’une posture psychologique consciente : le cerveau opère un tri naturel, atténuant ou effaçant les indices les plus sombres. La mémoire tend ainsi à privilégier les expériences positives, à l’exception des événements d’une intensité émotionnelle particulièrement forte.
- Deux sœurs peuvent-elles avoir des souvenirs d’enfance différents d’un même événement ?
Oui. La mémoire se construit au fil du temps. Elle ne restitue pas les événements à l’identique : elle les reconstruit à partir d’indices. À chaque rappel, ces indices s’associent à de nouvelles traces, ce qui peut engendrer des glissements ou des confusions, notamment entre des événements similaires survenus à des périodes distinctes. Le rappel d’un souvenir peut devenir au fil des répétitions une forme de savoir répété (le récit familial).
- La mémoire est-elle comparable à une bibliothèque aux rayons illimités ?
Non. Les souvenirs ne sont pas stockés tels des livres dans une bibliothèque. La mémoire à court terme, celle mobilisée pour traiter rapidement une information, est limitée. En revanche, la mémoire à long terme ne sature pas : le cerveau est capable de former de nouvelles connexions (association d’indices) à l’infini.
- Le black-out est-il sans conséquences réelles ?
Non. Le black-out produit une amnésie transitoire : l’épisode vécu n’est pas consolidé en mémoire, sans que la vigilance soit nécessairement altérée en apparence. Ce phénomène survient notamment avec la consommation intense et rapide d’alcool.
À partir de deux grammes d’alcool dans le sang, le risque est très élevé. Cela peut être avec un taux moindre, selon le genre, la masse graisseuse et la vitesse d’ingestion. Les conséquences sont triples :
- absence totale de souvenir de l’épisode,
- risque élevé d’accident ou d’agression pendant celui-ci,
- fragilisation de l’encodage des souvenirs (sorte de sidération ou de « gueule de bois des neurones ») dans les heures ou jours qui suivent pouvant se traduire par un décrochage scolaire, par exemple.
- Oublier ses clefs, chercher un prénom, laisser une casserole sur le feu : est-ce vraiment un problème de mémoire ?
Pas nécessairement. Ces plaintes traduisent le plus souvent des difficultés d’attention. L’attention soutenue conditionne la qualité de l’encodage des souvenirs et la fluidité de leur récupération. En cas d’anxiété, fatigue et de manque de sommeil, les troubles d’attention génèrent des difficultés à mémoriser et récupérer des souvenirs.

























