Musique. Sonny Troupé : « L’album Evy Danse est un aboutissement »

Qui a vu Sonny Troupé derrière sa batterie, sait combien le riche patrimoine musical dont il a hérité, l’habite et qu’il a à cœur de le faire grandir ! C’est chose faite avec le projet au long cours, Sonny Troupé Quartet, dont le dernier-né, Evy Danse, marque l’aboutissement d’un minutieux travail de maturation autour du gwo-ka.

Présenté en exclusivité en Guadeloupe, le 15 janvier, l’album Evy Danse de Sonny Troupé Quartet sort ce 6 février, avant d’être partagé en live.

Des nombreux projets auxquels vous avez collaboré, en quoi Evy Danse est-il éminemment personnel ?

Sonny Troupé, batteur, compositeur, tanbouyé, arrangeur : C’est sûr, Evy Danse n’est pas un album comme un autre ! C’est le fruit de beaucoup d’années d’expérience et de travail. C’est une manière de mettre sur la table tout ce que j’ai pu apprendre depuis pas mal d’années et à travers l’expérience du quartet. Je le considère comme un aboutissement. J’ai fait plusieurs albums, mais avec le Sonny Troupé Quartet, c’est le troisième et le dernier. Avec Add 2, j’ai ajouté un sax tenor et un saxo alto. Pour ce dernier album, Add 4, j’ajoute un quatuor à cordes au quartet de base.

Je parle beaucoup d’évidences dans la manière dont l’album a été conçu parce que c’est un cheminement qui m’y a conduit. Au bout de ce cheminement, les choses deviennent évidentes pour l’écriture, pour tout… Malgré tout, il y a eu énormément de boulot, dans l’écriture, en studio, pour le mixage… Pour tout cela, c’est gratifiant que le public ait une écoute attentive. Et ce n’est que le début : le 6 février avec la sortie de l’album, c’est une autre étape qui commence !

En dehors des instruments qui enrichissent le quatuor, quelle est la particularité de ce nouvel album ?

Quand on parle de ces trois albums, Sonny Troupé Quartet, Add2 et Add 4, il s’agit d’aller de plus en plus loin dans l’écriture et les arrangements autour de la musique gwo-ka, tout en ajoutant des instruments.

Le matériel de la tradition intègre beaucoup d’éléments : il ne s’agit pas seulement du chanteur, des mélodies, du tambour… Il y a beaucoup de normes. Il y a aussi la grande histoire, très riche, qui va de la tradition jusqu’au gwoka moderne.

Au fil des albums de ce triptyque, l’objectif, c’était de continuer à travailler tous ces aspects. On va du plus ouvert pour aller vers le plus recentré tout en ajoutant des instruments.

On peut se rendre compte, avec l’apport de certains instruments, que la tradition est éminemment contemporaine et moderne, dans le sens de la nouveauté, de l’innovation.

Dans la famille du gwoka moderne, Add 4 est votre contribution à l’édifice…

Oui ! Je suis dans la continuité. Je me sers de tout ce qui a été fait avant pour construire cette continuité.

Avant sa sortie, la première présentation en live d’Evy Danse s’est déroulée en Guadeloupe, le 15 janvier, à la libraire Point Lire du Moule. C’était aussi une évidence ?

Oui ! C’était très symbolique pour moi de faire découvrir l’album en Guadeloupe d’abord. Le super accueil de l’album en Guadeloupe donne la force pour le défendre à l’extérieur ! Cette soirée était juste incroyable par l’écoute du public, la qualité de nos échanges… Je suis vraiment content de l’accueil reçu en Guadeloupe.

Après la sortie du 6 février, il s’agira de le faire découvrir par tous les moyens, avec des concerts. Le premier concert de sortie aura lieu à Paris, le 9 avril, au Studio de l’Ermitage. Puis, il y aura d’autres partages en live avec le public. Les albums précédents nous ont permis de programmer des tournées pendant trois à quatre ans. J’espère que nous pourrons en faire autant dans encore plus de pays !

Où le Sonny Troupé Quartet a-t-il été accueilli ?

Nous sommes allés aux Etats-Unis, au Maroc, en Algérie, en Haïti, en Argentine, mais aussi en Europe, notamment en Belgique. L’idée, c’est de continuer à partager cette culture en allant au contact d’autres pays et musiciens, un peu comme je l’ai fait, ces derniers mois lors de résidences à Miami, à la Nouvelle-Orléans, à Porto Rico, au Bénin pour des projets totalement différents.

Comment le projet a-t-il été reçu ?

Dans ces pays, il y a presque de l’émerveillement à découvrir quelque chose que le public ne connaissait pas et qui suscite sa curiosité. C’est surprenant, au début, mais vraiment gratifiant. On peut en être convaincus : nous avons une musique très riche et très appréciée.

Entretien : Cécilia Larney

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