PAR OLIVIER NICOLAS*
Les socialistes de Guadeloupe exhortent le Gouvernement à saisir toutes les voies possibles du dialogue pour répondre de manière concrète et précise aux urgences sociales exprimées par des mouvements qui perturbent fortement la vie de la population et des entreprises locales.
La Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste demande en tout premier lieu une réponse concrète et rapide sur le dossier des carburants après l’annonce par le Premier ministre de la mobilisation des stocks stratégiques pour faire baisser, dès le début du mois de novembre, le prix du gazole de 12 à 18 centimes dans l’Hexagone.
Personne ne comprendrait, de surcroît dans le contexte actuel, que cette mesure nationale ne soit pas déclinée dans les Outre-mer et, singulièrement, en Guadeloupe.
Or, l’absence de réponse à l’interpellation formulée par le sénateur Victorin Lurel dès le 9 octobre dernier et les informations qui nous parviennent de la Réunion laissent craindre que nos territoires soient laissés à l’écart de ce dispositif.
Le Gouvernement doit immédiatement lever cette inquiétude en prenant une mesure adaptée à nos particularités en matière d’approvisionnement et de fixation des prix, afin de garantir un résultat équivalent à la pompe.
Car les populations de nos territoires, confrontées à la vie chère et à des déplacements souvent contraints en voiture, ont pleinement droit à cet effort de solidarité.
Les socialistes demandent également au Gouvernement de donner une suite rapide à la proposition de moratoire sur le paiement des dettes sociales et fiscales des entreprises en difficulté, portée par le président du Conseil régional et cosignée par le président du Département, les parlementaires et le président de l’Association des maires.
En outre, un plan d’aide spécifique doit être annoncé pour soutenir et accompagner les entreprises qui ont été victimes des exactions et des pillages de ces derniers jours.
Sur le dossier de l’eau, le Gouvernement doit enfin répondre à la demande unanime des élus de Guadeloupe d’une Opération d’intérêt national (OIN) pour la réfection des réseaux et infrastructures d’eau potable et
d’assainissement de notre archipel.
Cette OIN constitue en effet le meilleur dispositif pour résoudre durablement la
crise de l’eau qui mine la vie quotidienne des Guadeloupéens depuis plus de dix ans.
Sur tous les autres dossiers laissés en souffrance, voire à l’abandon, sous les deux quinquennats du président Macron (jeunesse, éducation, logement, santé, insécurité, narcotrafic…), le Gouvernement se trouve aujourd’hui dans l’obligation d’agir et d’apporter des réponses politiques, sauf à prendre le risque d’aggraver la crise dans
laquelle le pays demeure plongé, de l’Hexagone aux Outre-mer.
Le dialogue que nous appelons de nos vœux doit déboucher sur des engagements précis, un calendrier et des actes.
*Premier secrétaire fédéral du PS


























