Le président du Conseil exécutif de la CTM opposé à la vente de 869 hectares de terres agricoles à un particulier.
« J’ai été informé d’une opération en cours visant à transférer à un opérateur privé le contrôle d’un patrimoine foncier de 869 hectares répartis sur plusieurs communes de Martinique.
D’un montant annoncé de 10 millions d’euros, cette opération appelle, à mes yeux, une vigilance toute particulière au regard de l’ampleur du patrimoine concerné et des tensions qui caractérisent aujourd’hui l’accès au foncier agricole en Martinique.
Alors que l’accès à la terre constitue déjà une difficulté majeure pour nos agriculteurs, le fait qu’un même opérateur puisse prendre le contrôle de 869 hectares de terres agricoles pose nécessairement la question des conséquences d’une telle opération sur l’équilibre foncier de la Martinique.
Notre responsabilité est de préserver les possibilités d’installation, de consolidation des exploitations et de renouvellement des générations agricoles.
C’est précisément l’un des objectifs poursuivis par la loi Sempastous du 23 décembre 2021, qui vise à lutter contre les effets de la concentration excessive des terres et leur accaparement.
Je considère donc que toutes les voies permettant d’examiner et, le cas échéant, de faire obstacle à une opération susceptible de réduire durablement les possibilités d’accès à ces terres pour les agriculteurs doivent être pleinement mobilisées, dans le respect du cadre légal.
La préservation de notre foncier agricole est un enjeu stratégique pour la Martinique. Chaque hectare qui peut être mobilisé pour l’installation, la transmission ou le développement d’une exploitation contribue à notre capacité à produire localement et à renforcer notre autonomie alimentaire.
Je m’oppose fermement à ce que des centaines d’hectares de terres agricoles puissent échapper durablement à l’agriculture martiniquaise. Notre foncier est notre capacité à produire. Le préserver, c’est aussi donner à la Martinique les moyens de renforcer son autonomie alimentaire.
J’ai donc demandé formellement à la SAFER de préempter et à M. le Préfet d’appliquer la loi Sempastous. »
























