Politique. Naïma Moutchou a présenté ses vœux

La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a présenté ses vœux aujourd’hui.

Qu’a dit Naïma Moutchou devant un aréopage d’élus et d’anciens ministres, plus quelques habitués des agapes ministérielles, Antillais de Paris et d’ailleurs ?

Verbatim

« Le ministère des Outre-mer n’est pas un ministère social. Ce n’est pas un ministère de compensation.
C’est un ministère de souveraineté.
Souveraineté territoriale.
Souveraineté économique.
Souveraineté stratégique.
Souveraineté régalienne.
Et dans le monde dans lequel nous sommes entrés, ce n’est pas un slogan. C’est une nécessité.
Les rapports de force reviennent et les puissances s’affrontent.
Les océans, les routes maritimes, les frontières, les zones d’influence redeviennent décisifs. »

« La France est une puissance parce qu’elle est présente dans les trois océans. Parce qu’elle y vit. Parce qu’elle y décide. Grâce à ses Outre-mer !
Concrètement, quand la France contrôle le deuxième espace maritime du monde, ce n’est pas depuis Paris. C’est depuis la Guyane, la Polynésie, La Réunion, la Nouvelle-Calédonie, la Guyane, Mayotte, la Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre et Miquelon, les TAAF, Wallys-et-Futuna.

Quand la France protège, ses câbles sous-marins, ses routes commerciales, ses ressources maritimes, quand elle lutte contre les
trafics, contre la pêche illégale, quand elle affirme sa présence face aux grandes puissances, elle le fait par ses territoires ultramarins.
Sans les Outre-mer. la France est un pavs continental parmi d’autres. Les OM sont une dimension centrale de ce que nous sommes. »

3 principes guident mon action.
Premier principe : agir là où l’urgence l’exige.
La Nouvelle-Calédonie, d’abord.
Quand je suis arrivée au ministère, j’ai entendu beaucoup de choses.
À Paris, certains expliquaient très tranquillement que ce dossier était ingérable, que c’était l’échec assuré, que c’était trop tard, que
c’était déjà perdu. Il y a ceux qui ont commenté de près comme de loin, ceux qui ont distribué les mauvais points… et puis il y a ceux qui
ont travaillé.
Je suis allée sur le terrain. Parce qu’en Nouvelle-Calédonie, on ne peut pas faire de politique à distance. On ne peut pas se contenter
de constater l’état des fractures: il faut les affronter.
La réalité, je l’ai vue: un territoire épuisé, des tensions profondes, une confiance abîmée, mais l’envie de s’en sortir.
Et dans ce contexte, oui, ramener tout le monde à discussion était difficile. Très difficile.
Mais c’était indispensable. C’est ce que je me suis employée à faire, en renouant le dialogue avec tout le monde. En étant transparente
avec tout le monde. En dépit des désaccords, j’ai retissé je crois le lien de confiance. »

« Deuxième urgence : Mayotte.
Mayotte, avec les cyclones Chido et Dikeledi, a vécu une épreuve terrible. Il y a eu l’urgence. Il y a les cicatrices toujours visibles sur le
territoire dans le quotidien des Mahorais je l’ai vu en me rendant sur place à la mi décembre. Et maintenant, il y a la reconstruction.
Et cette reconstruction, nous l’accompagnons c’est notre devoir.
Je le dis parce que je veux que ce soit clair: les moyens sont là. 4 milliards d’euros pour la période 2025-2030. Près de 700 millions
d’euros pour 2026. Et surtout, avec le soutien du PM, nous avons sécurisé ces financements. Ils sont sanctuarisés dans un programme
spécifique: le PITE. Ça peut paraître technique mais ça change tout, parce que ce n’est pas une promesse vague: c’est de l’argent fléché,
piloté au plus près du terrain, avec des projets concrets. »

« Troisième urgence : la vie chère.
C’est une réalité quotidienne, parfois étouffante, pour des millions de Français, en particulier pour nos compatriotes des Outre-mer.
Ce n’est pas « la vie chère » au sens vague.
Ici on parle d’injustice. Parce qu’il n’est pas normal que, selon le territoire où l’on vit, on paye plus cher ce qui est essentiel l’alimentation, l’hygiène, les produits de base.
Dans certains territoires, les écarts de prix dépassent 40% sur les produits alimentaires. Ce n’est pas acceptable.
Le Premier ministre a parlé d’« urgence des urgences ». J’en ai fait donc fait ma priorité.
Le travail engagé au Parlement est important.
Mais il doit maintenant aller plus loin, et surtout être plus efficace pour toucher aux mécanismes qui alimentent ces prix : les marges,
les rentes, les circuits, les situations de concurrence insuffisante.
Dans les prochaines semaines, comme je m’y étais engagée, j’ouvrirai une phase de concertation avec l’objectif d’aboutir à un texte qui soit plus solide et plus opérant. »

Côté finances, la ministre se veut rassurante.

« 500 millions d’euros supplémentaires sur le PLFSS et 1 milliard de plus sur le PLF. C’est un choix politique fort, qui s’inscrit dans le
soutien global de l’État en direction des Outre-mer et qui atteint 26,8 milliards d’euros. Nous pouvons nous en réjouir.
Une fois que j’ai dit ça, ce qui va compter c’est l’exécution.
Et dans cette logique, je veux parler d’un outil important : la LODEOM. C’est ce qui permet à des entreprises ultramarines d’embaucher, d’investir.
Cet outil doit évoluer. Mais pas n’importe comment.
Je ne ferai pas une réforme à la va-vite ou contre les territoires. Je ferai une réforme utile : plus lisible, plus simple, mieux ciblée, et
surtout plus efficace sur une chose : l’emploi local et la compétitivité. Le travail va bientôt pouvoir démarrer avec tous les acteurs concernés. Je vais prochainement mandater une personnalité à la tête de cette mission.
La LODEOM, ce n’est pas un sujet isolé. C’est une pièce d’un ensemble.
En parallèle, je travaille à une loi d’orientation pour les Outre-mer, parce qu’on ne peut pas piloter ces politiques uniquement à coup
de quelques dispositifs.
Il faut une direction et de la continuité. Parce que les Outre-mer ne se transforment pas en six mois. Ils ont besoin d’un cap qui dépasse
les calendriers politiques et qui protège l’action publique dans la durée. Cette loi, qui est un travail au long cours, aura le mérite de
poser un cadre que je veux utile pour la suite et notamment post 2027.
Dans l’intervalle, d’ici la fin de cette année, j’installerai un rendez-vous économique majeur. Un moment où l’on parle des Outre-mer
comme d’une force et comme d’un levier de puissance. Un grand forum économique, si vous me permettez l’expression, une forme de « Choose Outre-mer ».

Evolution institutionnelle ? La ministre là encore est à l’écoute.

« Préparer l’avenir, c’est d’abord accompagner les évolutions institutionnelles que certains territoires souhaitent engager.
Le Président de la République m’a confié la conduite de groupes de travail avec la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane.
C’est un exercice inédit que j’ai entamé dès le mois de décembre dernier. Et je veux le mener avec une ligne très simple : on ne procède pas à des évolutions institutionnelles pour le plaisir. On les fait pour améliorer concrètement la vie de nos compatriotes.
Chaque territoire sera regardé pour ce qu’il est, avec son histoire, ses équilibres, ses sensibilités.
Et à la fin, les populations concernées seront consultées. Elles trancheront. »

Elle concluait :

« Ce que je vous ai dit ce soir, ce n’est pas un catalogue.
C’est ma ligne. Mon exigence. Et ma méthode.
Quand je suis arrivée, rien n’était écrit. Et je vais même vous dire les choses telles qu’elles se sont passées: j’ai subi à ma nomination une
vague d’attaques comme jamais je n’en avais connu. Des injures à caractère raciste et sexiste. J’ai même été qualifiée par un élu de

« crachat fait au visage des OM ».
Je n’ai pas répondu. Parce que je n’avais pas une minute à perdre.
Parce que ma place n’est pas dans le bruit mais au travail.
Et je crois pouvoir le dire ce soir: avec la confiance du Premier ministre et du Président de la République, avec l’engagement de mon cabinet et de tous ceux qui sont ici, nous avons avancé. »


Facebook
Twitter
LinkedIn
WhatsApp
Email

Actualité

Politique

Economie

CULTURE

LES BONS PLANS​