« La Guadeloupe saigne. Chaque semaine, chaque mois, des vies sont fauchées par une violence devenue structurelle, banalisée, presque installée. Derrière les statistiques froides, il y a des familles brisées, des mères endeuillées, des enfants traumatisés et une population qui vit désormais avec la peur comme horizon quotidien. » Rody Tolassy, député européen (RN) et trois autres députés de la même mouvance, ont écrit à Laurent Nunez, ministre de l’ Intérieur, Gérald Darmanin, garde des Sceaux, ministre de la Justice, Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, pour proposer un plan global de lutte contre les homicides liés aux règlements de comptes et narcotrafiquants.
Que dit le courrier ? « L’année 2025 s’est achevée avec 52 morts liés aux violences armées en Guadeloupe.
Un chiffre insupportable pour un territoire de cette taille, un chiffre indigne de la République.
Et comme un sinistre présage, l’année qui vient de s’ouvrir compte déjà trois nouvelles victimes (quatre depuis ce courrier, NDLR). Trois vies de trop. Trois drames de trop.
Nous ne pouvons plus nous contenter de discours, de plans successifs sans moyens réels ni d’annonces sans lendemain. La situation exige une réponse exceptionnelle, ferme, coordonnée et durable de l’État.
À ce titre, nous avons saisi Monsieur le préfet de région par courrier sur cette même thématique, afin de coordonner nos efforts et d’inscrire l’action de l’État dans une logique de cohérence, d’efficacité et de responsabilité partagée. »
Que proposent-ils ?
« Nous vous demandons solennellement, à court comme à long terme, un renforcement significatif et pérenne des forces de l’ordre, tant en effectifs qu’en moyens opérationnels, ainsi qu’un renforcement tout aussi déterminant des moyens alloués à la justice, tel que détaillé dans la pièce jointe.
La Guadeloupe n’est pas un territoire périphérique de la République. Elle est la République. Et l’abandon ressenti par la population face à cette violence gangrénante constitue une blessure démocratique profonde.
Il est encore temps d’agir, mais il n’est plus temps d’attendre. Chaque jour perdu se paie en vies humaines.
Nous vous le disons avec gravité, mais aussi avec l’émotion de celles et ceux qui n’en peuvent plus de compter leurs morts : la sécurité n’est pas un privilège, c’est un droit fondamental. En Guadeloupe comme ailleurs.
Nous restons à votre disposition pour un échange rapide et opérationnel, dans l’intérêt exclusif de la population guadeloupéenne et du respect de l’autorité républicaine. »

























