Saint-Vincent et les Grenadines. Après la défaite de l’ULP, Gonsalves prépare le terrain pour la suite

Ralph Gonsalves, ancien Premier ministre de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, a publié une déclaration détaillée le 29 novembre, revenant sur les résultats des récentes élections et annonçant une transition respectueuse du pouvoir à l’opposition.

Ces élections ont marqué un tournant politique majeur à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Parti travailliste unifié (ULP) perdant sa majorité parlementaire après 25 années consécutives au pouvoir. Figure politique incontournable depuis 1994, Gonsalves a salué le processus démocratique avec une remarquable sérénité.

Points clés de la déclaration de Gonsalves :

Affirmation du caractère démocratique : Gonsalves a explicitement célébré le processus démocratique, déclarant : « Un peuple libre et démocratique a participé à des élections compétitives, qui ont abouti à un changement de gouvernement. »

Cette déclaration souligne son attachement aux principes démocratiques, au-delà de sa déception politique personnelle.

Réflexion personnelle et soutien de la circonscription Il convient de noter que Gonsalves a été réélu dans sa circonscription de North Central Windward pour la huitième fois consécutive, démontrant ainsi sa popularité personnelle durable malgré la défaite électorale globale du parti.

Stratégie et feuille de route de l’opposition : L’ancien Premier ministre a présenté une stratégie en quatre points pour l’ULP :

• Transformer le revers politique actuel en un progrès à long terme

• Poursuivre le renouvellement interne du parti

• Défendre et consolider les acquis du gouvernement précédent

• Résister à d’éventuels revirements politiques de la nouvelle administration

Défis potentiels : Gonsalves a exprimé ses inquiétudes quant à d’éventuelles persécutions et représailles politiques, s’engageant à mener une résistance pacifique et légale si de tels actes se produisent.

Malgré la perte de la majorité parlementaire, l’ULP a obtenu environ 44 % des suffrages, ce qui représente une base politique importante et un potentiel de retour aux élections.

Citation marquante : « J’assumerai, avec dignité, devoir et amour, le rôle de chef de l’opposition jusqu’à ce que des circonstances favorables en décident autrement. » – Ralph Gonsalves

Discours intégral non édité ci-dessous

Le 27 novembre, un peuple libre et démocratique a participé à des élections compétitives, qui ont abouti à un changement de gouvernement.

Je félicite le peuple de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, y compris ceux qui ont supervisé et géré le processus électoral et les institutions démocratiques compétentes, pour leur engagement constant envers la démocratie populaire.

Au sein du Parti travailliste unifié (ULP), nous ne sommes pas de ceux qui prétendent que la démocratie ne fonctionne que lorsque nous gagnons et qui crient à l’injustice lorsque nous perdons. Gagner, c’est gagner l’ULP. Respecter la volonté du peuple, que nous gagnions ou perdions les élections. Notre grand parti a grandement contribué à l’édification des institutions démocratiques qui sous-tendent notre démocratie électorale.

Je remercie les électeurs de la circonscription de North Central Windward de m’avoir renouvelé leur confiance, et ce massivement, pour la huitième fois consécutive depuis février 1994, il y a plus de 31 ans. J’appartiens à mes électeurs. Nous nous appartenons les uns aux autres. Leur confiance en moi est restée inébranlable malgré les aléas de la vie. Je garde mes convictions. Dieu est à moi. Et où que nous allions, nous savons que nous y allons ensemble, portés par la grâce de Dieu, dans une profonde solidarité et un amour sincère.
Je remercie la formidable équipe de candidats du Parti travailliste unifié et tous nos militants, organisateurs et sympathisants pour leurs efforts héroïques lors de la campagne qui vient de s’achever. Certains de ces candidats malheureux reviendront sans aucun doute se représenter, mais il est peu probable que d’autres le fassent. Le temps et les circonstances en décideront.

Même en ces moments difficiles pour mon pays, mon parti et moi-même, je réaffirme du plus profond de mon âme indomptable et avec la force de mon être mon amour profond et indéfectible pour mes électeurs et pour tout le peuple de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Je le répète, je réaffirme du plus profond de mon âme indomptable et avec la force de mon être mon amour profond et indéfectible pour mes électeurs et pour tout le peuple de Saint-Vincent-et-les-Grenadines.

Je vous assure à tous que, face à l’épreuve de la défaite de mon parti, je n’ai ni flanché ni pleuré sous le coup du sort. Ma tête est ensanglantée, mais je reste debout.

Le destin, l’histoire et les circonstances ont conspiré pour me confier un autre rôle. Après près de 25 années de service dévoué à votre égard en tant que Premier ministre, j’assumerai, avec dignité, devoir et amour, la fonction de chef de l’opposition jusqu’à ce que des circonstances favorables en décident autrement. J’ai déjà emprunté cette voie. Elle ne m’est pas étrangère. Soyez assurés que les épreuves du temps m’ont trouvé et me trouveront toujours sans crainte.

Il est de mon devoir d’accepter, et même de préférer, une vie intense à une vie de facilité. Il ne me reste plus aucune vanité ni aucun démon à vaincre. Après mûre réflexion et prière, j’accepte d’avoir été choisi et béni pour un temps comme celui-ci, mais il est clair que je ne peux ni ne veux avancer seul.
Aujourd’hui, sur nos terres et nos mers, les milliers de membres vaincus de l’armée ouvrière sont sous le choc et souffrent. Il en va de même pour les milliers d’autres qui, à mon avis, ont fait le mauvais choix en restant chez eux pour telle ou telle raison, plutôt que d’embrasser la vision ambitieuse et convaincante du Parti travailliste, celle de maîtriser notre avenir. Je comprends profondément votre douleur. Cependant, ce n’est pas le moment de s’apitoyer sur son sort ni de se complaire dans le désespoir. Il est plus urgent que jamais pour nous tous, y compris ceux qui ont quitté la famille ouvrière, de défendre les immenses acquis que notre peuple a connus et acceptés au cours des 25 dernières années de gouvernance du Parti travailliste uni (ULP), et de les consolider.

Croyez-moi, à l’apogée du Parti national démocratique (NDP), il s’agit de triomphalisme. C’est le début de leur déclin, et leur déclin est inéluctable. Le délitement commence généralement imperceptiblement, puis se transforme en un véritable chaos, car le centre ne tient plus et tout s’effondre. L’histoire et l’expérience nous enseignent. Et ce, dans un monde en perpétuelle mutation. Le compte à rebours de leur disparition est déjà lancé.

Quelle est donc la stratégie de la direction de l’ULP ?

Premièrement, nous devons comprendre que notre revers politique est temporaire et doit se transformer en un progrès durable. Faisons donc de ce revers une force.

Deuxièmement, le renouveau est indispensable. Reconstruire est une expérience enrichissante, voire la plus belle des expériences de la vie. Au sein et en dehors de la famille ouvrière, il existe une abondance de ressources, parfois même cachées ou enfouies, qui sont disponibles pour ce renouveau. L’objectif ultime de ce renouveau est de faire naître une nation entière, intacte, non pas nécessairement parfaite, à partir des compromis et des contradictions que notre histoire et les circonstances ont engendrés.

Troisièmement, nous devons défendre résolument nos acquis et les consolider.

Quatrièmement, nous devons également résister résolument, dans tous les aspects matériels, à toute tentative du nouveau régime de brader Saint-Vincent-et-les-Grenadines ou son patrimoine. Chacun sait de quoi je parle.

Nous avons donc une feuille de route claire pour l’avenir ; les détails se préciseront.

Des courants sous-jacents inquiétants émanent de certains milieux au sein du nouveau régime ou proches de lui.

Des menaces de persécution et de victimisation politiques sont déjà proférées ouvertement et plus ou moins ouvertement, non seulement contre moi et ma famille proche, mais surtout contre les sympathisants et les militants syndicaux, en particulier ceux du secteur public, mais aussi du secteur privé. Soyez assurés qu’une résistance politique active, pacifique et légale, fera face à toute persécution ou victimisation politique. Vous pouvez compter sur moi pour mener cette résistance.

Ne vous méprenez pas sur la force de ma volonté à cet égard. Je m’efforcerai, chercherai et trouverai avec raison. Mais je ne céderai ni à l’injustice, ni à l’iniquité, ni à la mauvaise gouvernance, ni à la trahison de mon pays. Ce magnifique élément de notre civilisation caribéenne auquel j’ai consacré toute ma vie.
En tant qu’ancien Premier ministre, et plus particulièrement après de nombreuses années de service, j’attends de bénéficier de toutes les marques de respect et des privilèges d’usage accordés aux anciens titulaires de cette haute fonction à Saint-Vincent-et-les-Grenadines, conformément aux pratiques des nations civilisées. Toute dérogation à ces règles sera portée à l’attention des communautés nationale, régionale et internationale afin que des mesures correctives soient prises.

Dimanche, je convoquerai une réunion de la direction du Parti travailliste uni (ULP) afin de recueillir des avis sur les deux personnes qui seront nommées sénateurs au sein de notre parlement monocaméral.

Il est clair que, compte tenu de la majorité écrasante du nouveau régime dans ce parlement, nous, l’opposition, serons régulièrement mis en minorité. Mais le peuple de Saint-Vincent-et-les-Grenadines nous jugera sur la qualité de notre travail, qui, je vous l’assure, sera d’une qualité irréprochable et ce, dans tout le pays. En dehors du Parlement, vous nous connaîtrez encore mieux et avec plus de certitude par nos actions. Le parti travailliste est bel et bien vivant et rencontrera à nouveau officiellement l’électorat en 2030 ou avant, selon les circonstances.

Je tiens à rappeler à tous que, même si nous n’avons remporté qu’un seul siège, nous avons obtenu environ 44 % des suffrages. Je n’ai pas encore vu les résultats définitifs, mais le chiffre est assez proche. Je rappelle à tous que cela représente un soutien important, supérieur à celui du NPD lors de la chute de ce régime en 2001. Alors, ne sous-estimez pas le Parti travailliste.

Source : St Vincent Times

Lien : https://www.stvincenttimes.com/ralph-gonsalves-opposition-leader-in-st-vincent/

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