Un Conseil Territorial marqué par la présentation du Rapport d’Orientations Budgétaires 2026, document essentiel qui fixe le cap politique, financier et stratégique de la collectivité pour l’année à venir s’est tenu le 13 février sous la présidence de Louis Mussington, président de la Collectivité de Saint-Martin.
Quelques bonnes nouvelles : « Nous démontrons notre capacité à maîtriser la masse salariale, ce qui constitue un indicateur fort de bonne gestion dans un contexte budgétaire contraint. Nous avons identifié des axes d’économies clairs sur le fonctionnement et engagé un pilotage plus fin et plus stratégique de nos dépenses.
Notre niveau d’endettement demeure maîtrisé et soutenable.
L’emprunt de 30 millions d’euros contracté en 2025 a permis de sécuriser notre trésorerie, de soutenir nos investissements et d’afficher un résultat positif pour l’exercice. »
Louis Mussington poursuivait : « Notre objectif pour 2026 est ambitieux mais réaliste : maintenir un fonds de roulement proche de 40 millions d’euros, gage de stabilité financière, de crédibilité institutionnelle et de capacité d’action.
Les projets structurants tels que l’achèvement de la Médiathèque, la rénovation des établissements scolaires, la mise en place de la vidéoprotection, la poursuite des travaux routiers, le renforcement de l’éclairage public — et bien d’autres — sont et resteront la priorité absolue de cette mandature. »
Problème épineux sur une petite île : « Nous examinerons également les dispositions relatives aux équipements funéraires et aux concessions.
Les cimetières — et je l’ai répété ici à plusieurs reprises — ont été un sujet trop longtemps délaissé. Cette mandature a fait le choix clair de remettre ce dossier à
l’ordre du jour et d’y apporter des réponses concrètes. »
La sécurité pose aussi problème : « Face à la recrudescence de la délinquance sur notre territoire, et parce qu’il est essentiel pour moi d’être à l’écoute de nos concitoyens, j’ai décidé de mettre en place une série de rencontres avec la population.
Nous avons rencontré les habitants de Sandy Ground, puis mardi soir ceux de Saint James. Plusieurs problématiques sont remontées : l’emploi des jeunes, la nécessité d’accélérer les travaux d’enrobage et d’éclairage, pour lesquels nous allons mettre les bouchées doubles.
Nous poursuivrons prochainement avec le Quartier d’Orléans, puis successivement avec les autres quartiers du territoire. J’invite chacun à participer à ces rencontres, qui sont des espaces d’écoute et de dialogue direct.
Une autre action actuellement à l’étude est le recrutement de cinq équipiers de rue, dont la mission serait d’intervenir dans les quartiers les plus exposés afin de mener un travail de prévention, de dialogue et de sensibilisation auprès des jeunes.
La sécurité est une responsabilité collective qui exige des réponses concrètes, équilibrées et durables. »
Côté finances, ce qui est à retenir
Les recettes réelles de fonctionnement pour 2025 s’établissent à environ 171 millions euros contre 174 millions enregistrés pour 2024. Cette somme constitue la base d’analyse pour apprécier la contribution des principaux postes fiscaux et des produits de fonctionnement sur l’exercice.
Le chapitre 73 (Impôts et taxes) représente toujours la part principale des ressources de fonctionnement et reste prépondérant en 2025 : le total des crédits réalisés pour ce chapitre est évalué à environ 97 millions d’euros soit un niveau identique par rapport à 2024 (97,7 millions d’euros).
Le chapitre 74 s’élève à 17,5 millions pour 2025, alors que la Collectivité avait enregistré des dotations et participations de près de 20 millions l’année dernière. Cette baisse de 2,5 millions devra être anticipée pour l’avenir.
Les recettes de fiscalités locales (chap 731) s’élevaient à 47,4 millions d’euros lors de l’exercice précédent et il est estimé une augmentation pour 2025 de près de 5 millions et représenter 52,5 millions d’euros.
Les recettes domaniales, redevances et produits spécifiques (chapitre 70 et annexes) contribuent à hauteur de quelques centaines de milliers d’euros : par exemple la redevance d’occupation du domaine public affiche plus de 650 000 euros réalisés, et les produits de gestion courante (chapitre 75) environ 700000 euros réalisés. Ces recettes stables mais non structurantes pour l’équilibre général, feront l’objet d’une attention particulière pour l’avenir car elles demeurent sous-exploitées.
Les recettes d’aides sociales comme l’APA (chapitre 016) ou le RSA (017) se fixent à 1 million d’euros contre 3,4 millions l’année dernière sans que les services de l’Etat nous communiquent une explication, le cas échéant sur la révision des barèmes, et enfin, la Collectivité peut attendre environ 2 millions d’euros au titre des atténuations de charges.
L’exercice 2025 devait concilier la continuité du service public et la maîtrise des dépenses. La lecture par grands chapitres de dépenses met en évidence des éléments importants : la Collectivité parvient globalement à contenir ses dépenses de fonctionnement à 164 millions d’euros mais reste perfectible sur certains chapitres.
En investissement. L’investissement demeure au cœur de l’action publique portée par la Collectivité. Il reflète sa volonté de transformer durablement le territoire, d’améliorer la qualité de vie des habitants et de répondre aux défis structurels qui s’imposent à elle.
La lecture des exercices 2024 et 2025, désormais enrichie de la contractualisation récente d’un emprunt de 30 millions d’euros, permet de saisir toute l’ampleur des efforts consenti et les marges de manœuvre qui se dégagent pour accompagner les priorités fixées pour 2026.
Les dépenses les plus importantes :
- Collège 900 : 11 millions d’euros
- – Aménagement de la RN7 : 9,8 millions d’euros
- – Collège 600 : 5,82 millions d’euros
- – Rénovation et l’extension de l’éclairage public (35 km du réseau) : 5,44 millions d’euros
- – Médiathèque : 4,85 millions d’euros
- – Phase 2 du déploiement THD (S. TINTAMARRE) : 2,5 millions d’euros.
« Dans une perspective de préservation du fonds de roulement, une enveloppe d’investissement d’environ 60 millions d’euros apparaît soutenable pour 2026, sous réserve d’un pilotage strict de la trésorerie, d’une recherche active de nouveaux financements externes, de l’élargissement de l’assiette fiscale et de l’optimisation de la fiscalité », affiche Louis Mussington.
Obligations pour 2016
Une impérative maîtrise des dépenses de fonctionnement : entre 2022 et 2023, les dépenses réelles de fonctionnement de la Collectivité ont connu une augmentation marquée, passant d’environ 135,9 millions d’euros à 161,9 millions d’euros.
« Aucune hausse d’impôts ne sera envisagée pour 2026 afin de maintenir le pouvoir d’achat des Saint-Martinois », affirme Louis Mussington.
Investir prudemment. Les dépenses réelles d’investissement sont ainsi passées d’environ 23,2 millions d’euros en 2022 à près de 70 millions d’euros en 2025.
Cette dynamique a permis de lancer ou d’accélérer de nombreux projets, notamment dans les domaines des équipements scolaires, des infrastructures, du sport, de la sécurité et des services publics essentiels. Elle a toutefois fortement sollicité la capacité d’autofinancement de la Collectivité. A l’horizon 2026, une phase de consolidation et de priorisation sera donc conduite.
Pour 2026, les dépenses réelles d’investissement sont projetées à 67 millions d’euros.
























