PAR TEDDY BERNADOTTE*
La jeunesse n’est pas une variable d’ajustement mais un socle sur lequel doit reposer la société….
Dans les jours à venir, beaucoup se découvriront une vocation tardive pour la jeunesse et prétendront détenir la solution miracle. Les discours se multiplieront, les intentions seront proclamées, les promesses renouvelées. Soit !
Mais, la crise sociale que traverse notre jeunesse n’est ni nouvelle ni imprévisible.
Dès 2009, les signaux d’alerte étaient clairs. Le contexte international et l’instabilité nationale n’ont fait qu’aggraver une situation déjà profondément enracinée, fruit de choix discutables, d’absences de décisions et, parfois, de renoncements assumés.
En Guadeloupe, la crise de la jeunesse est le symptôme d’un déséquilibre plus large : social, économique et éducatif.
Le temps n’est donc plus aux déclarations d’intention.
Chacun devra expliquer ce qu’il a fait ou choisi de ne pas faire lorsqu’il était en responsabilité ou engagé dans la vie citoyenne.
Cette exigence concerne les élus et les institutions, mais aussi l’ensemble des forces « vives » de la société guadeloupéenne.
Lorsqu’un incendie ravage une forêt, on ne l’éteint pas avec des discours, mais par une action coordonnée, durable et partagée.
Certains sont sur le terrain depuis longtemps, au prix de l’usure et dans le silence. D’autres découvrent l’incendie à l’approche des échéances électorales et se contentent d’en exploiter la fumée.
La jeunesse ne peut plus être un argument de campagne. Elle doit redevenir une priorité politique inscrite dans le temps long. Chacun peut agir à son niveau, mais personne ne peut s’exonérer de sa responsabilité lorsqu’il exerce ou a exercé le pouvoir.
Le désœuvrement de la jeunesse est une question majeure de cohésion. Il engage notre avenir commun, notre stabilité sociale et la confiance dans les institutions. Le traiter à la légère, ou de manière opportuniste, serait une faute politique.
Ce combat exige du sérieux, de la durée, de l’expertise et, surtout, de la sincérité. La sincérité dans les paroles, mais plus encore dans les actes.
Formé à la politique de la ville, à l’insertion par l’activité économique. Puis, référent des Etats généraux de la jeunesse pour la ville de Baie-Mahault, j’ai toujours privilégié l’action concrète : insertion par l’art, le sport et la culture. La signature des premiers services civiques, la gratuité des permis auto et bateau, la création des entreprises d’insertion, le studio d’enregistrement et la création de la première pépinière d’entreprises de la Guadeloupe, Audacia….
A travers les EGJ, la ville est devenue un laboratoire d’innovation sociale ayant inspiré le Plan Action Jeunesse. Il est primordial de retisser ce lien.
La formule de JFK, souvent galvaudée, retrouve ici toute sa portée politique : il s’agit de construire ici, avec constance et loyauté, ce que d’autres ont parfois cru devoir chercher ailleurs.
*Citoyen guadeloupéen, conseiller spécial du président de Région






















