La Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, a été l’occasion pour la Croix-Rouge française en Guyane d’indiquer les premiers résultats de son projet de Traitement de l’Eau à Domicile (TED), déployé depuis 2025 auprès de familles vivant sans accès sécurisé à l’eau potable.
L’initiative de La Croix-Rouge française en Guyane pour rendre l’eau potable vise à réduire les risques sanitaires liés à la consommation d’eau non traitée grâce à un accompagnement de proximité et à l’apprentissage de gestes simples permettant de rendre l’eau plus sûre au quotidien.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le 22 mars, la Croix-Rouge française en Guyane met en lumière les résultats de son projet de Traitement de l’Eau à Domicile (TED). Déployée depuis 2025, cette initiative accompagne les familles vivant sans accès sécurisé à l’eau potable afin de réduire les risques sanitaires liés à la consommation d’eau non traitée.
Un enjeu majeur de santé publique
Selon l’Agence régionale de santé, environ 15 % de la population guyanaise n’est pas raccordée à un réseau public d’eau potable. Dans un territoire marqué par une forte précarité sociale et des inégalités d’accès aux services essentiels, cette situation constitue un enjeu majeur de santé publique.
Dans plusieurs quartiers d’habitat spontané du littoral et dans des sites isolés de l’intérieur, de nombreux ménages sont contraints de s’approvisionner en eau de pluie, dans des puits, des criques ou des fleuves. Faute d’infrastructures adaptées, cette eau est souvent consommée sans traitement préalable, exposant les populations à des maladies infectieuses évitables.
La Croix-Rouge française a lancé en 2025 une phase pilote du projet de Traitement de l’Eau à Domicile (TED), inscrit dans le Plan Régional Santé Environnement 2024–2028 de l’Agence Régionale de Santé de Guyane.
À Macouria, Grand-Santi, Saint-Laurent
L’approche repose sur un accompagnement de proximité : rencontres avec les familles, démonstrations pratiques, conseils personnalisés et suivi à domicile.
L’objectif est d’aider les habitants à adopter des gestes simples et accessibles pour rendre l’eau plus sûre à la consommation, en attendant des solutions structurelles durables. Des fiches-méthodes de traitement de l’eau à domicile ont été conçues en 2024 et ont fait l’objet d’une validation réglementaire par les autorités sanitaires locales en avril 2025. Cent foyers ont ainsi été accompagnés sur plusieurs territoires, notamment à Macouria, Saint-Laurent du Maroni et Grand-Santi, en partenariat avec des acteurs locaux de santé et de médiation.
Le projet Traitement de l’Eau à Domicile est soutenu par l’Agence Régionale de Santé, la Fondation MNH et l’Office de l’Eau de Guyane.
Des effets concrets sur la santé
Les résultats de cette première année sont encourageants. Les familles accompagnées ont amélioré leurs pratiques de traitement et de stockage de l’eau, notamment grâce à une méthode de chloration simple, peu coûteuse et adaptée à leurs contraintes. Plus de la moitié des ménages déclarent une amélioration de leur état de santé, avec moins d’épisodes diarrhéiques depuis la mise en place des nouvelles pratiques.

Le projet TED ne remplace pas les investissements nécessaires dans les infrastructures d’eau potable, mais apporte une réponse immédiate pour réduire les risques sanitaires dans les zones les plus vulnérables.
Forte des enseignements de cette phase pilote, la Croix-Rouge française souhaite désormais renforcer et étendre le dispositif, en lien avec les collectivités et les autorités sanitaires.
« Le projet de Traitement de l’eau à domicile, porté par la Croix-Rouge française, bénéficie du soutien des services de l’État en Guyane dans le cadre du Pacte des solidarités Outre-mer, à hauteur de 200 000 € pour les années 2026 et 2027. Ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie de lutte contre la pauvreté, qui fixe notamment comme priorité dans les territoires ultramarins, le renforcement de l’équité en santé. En facilitant l’accès à une eau potable sûre pour des personnes isolées et en situation de vulnérabilité, l’État contribue à réduire leur exposition à des risques sanitaires avérés, et réaffirme ainsi son engagement en faveur de la protection des publics les plus fragiles. »
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, la Croix-Rouge française rappelle que « l’accès à une eau sûre reste une condition essentielle pour vivre en bonne santé et dans la dignité. »
























