Guadeloupe. Sargasses : début de saison et état de la mobilisation

Les échouements de sargasses s’intensifient sur le territoire. Selon les prévisions de Météo-France, le niveau d’échouement actuel, d’intensité moyenne, pourrait évoluer en risque d’échouement fort au cours de la semaine. Face à cette situation, la mobilisation de l’ensemble des acteurs concernés est engagée.

La collecte des sargasses est assurée par les communes (ou les communautés d’agglomération le cas
échéant) avec l’appui financier de l’État à hauteur de 80 %. La priorité est de sortir rapidement les
sargasses de l’eau afin de limiter les émanations gazeuses d’hydrogène sulfuré (H₂S) provoquées par la
décomposition des sargasses qui stagnent dans l’eau. Les sargasses sont collectées à terre avec différents matériels de type cribleuse, tractopelle ou pelle long bras.

Une fois collectées, les sargasses sont acheminées sur des sites de stockage dédiés, proches de la mer
pour éviter l’intrusion d’eau salée et d’arsenic dans les nappes d’eaux souterraines. Ces sites font l’objet
d’un suivi environnemental spécifique assuré par le Bureau de Recherche Géologique et Minière (BRGM).

En fin de saison dernière, les tas ont été réorganisés par les collectivités pour permettre d’accueillir les sargasses de cette année.

Pour protéger les côtes et les populations des échouements, faciliter la collecte mutualisée et réduire le
volume de sargasses à traiter à terre, il est essentiel de déployer des barrages déviants.

Suite aux premières expérimentations de pose menées par l’État dès 2023, les communes s’équipent
progressivement avec le soutien financier de l’État (jusqu’à 100 %). C’est ainsi que Sainte-Anne poursuit
l’installation de ses barrages. Malheureusement celui des Galbas a fait l’objet de sabotages ne lui permettant d’être pleinement efficace, le linéaire manquant devrait être reposé dans les prochaines
semaines.

La commune de Petit-Bourg est également en train d’installer un nouveau barrage pour protéger le bourg.

D’autres communes ont bénéficié de financements pour la mise en place de barrages, mais doivent
encore engager leurs procédures de consultation ou attribuer les marchés (Saint-François, La Désirade,
Capesterre-de-Marie-Galante, Terre-de-Bas et Goyave).

Par ailleurs, certaines communes disposent d’études finalisées et doivent désormais solliciter les financements nécessaires et lancer les marchés (Le Moule et Capesterre-Belle-Eau).

En complément, l’État va acquérir des filets pour équiper les pêcheurs, dans le cadre de la convention avec le Comité Régional des Pêches Maritimes et des Élevages Marins (CRPMEM), et procéder à des tests
de collecte en mer dans les ports ou derrière les barrages.

Une veille

Le réseau de veille sanitaire de Gwad’Air, composé de 24 capteurs d’hydrogène sulfuré (H₂S) et d’ammoniac (NH3), assure en continu la surveillance des zones exposées.

En complément, la Préfecture finalise l’élaboration d’un protocole sanitaire, en lien avec l’ARS et Gwad’Air.

Des travaux sont également en cours pour intégrer le volet sargasses dans les plans communaux et inter-communaux de sauvegarde.

La Préfecture poursuit les travaux de préfiguration du service public de gestion des échouements, par
évolution du Syndicat Intercommunal pour la mise en valeur des Plages et des Sites touristiques (SIPS) en Syndicat Mixte Fermé (SMF) qui intégrera la compétence sargasses et sera le bras opérationnel du GIP SARGIP (instauré en 2023 et qui a vocation à devenir l’organe stratégique de la gestion des sargasses).

Le financement pérenne du SMF est en cours de réflexion, et l’assemblée générale du GIP aura lieu à la mi-avril.

Par ailleurs, dans les prochaines semaines, des réunions de concertation seront organisées pour finaliser
l’élaboration du plan national sargasses 3 (2027-2031) qui guidera les actions prioritaires à mener pour une gestion pérenne du phénomène.

L’État, en partenariat avec le BRGM, soutient la mise en place d’un site pilote destiné au traitement des sargasses. Ce dispositif, qui sera situé sur un site complètement imperméabilisé, vise à récupérer et à
traiter les jus issus des algues, permettant de disposer d’une algue sèche prête à l’emploi pour la valorisation.

Plusieurs projets de valorisation sont à l’étude, mais aucun n’a abouti à ce jour, en partie à cause de l’arsenic contenu dans les sargasses. Le projet de site pilote devrait donc permettre de lever ce frein et d’ouvrir les voies de valorisation.

Les projets lauréats de l’AAP Sargassum 3, lancé par l’ANR et l’ADEME en 2025, vont travailler sur deux
axes : l’impact sanitaire des sargasses et le développement de pilote pour les filières de valorisation. Par
ailleurs, des comités de suivi conjoints Guadeloupe-Martinique sont en cours de constitution pour
suivre et accompagner les projets de valorisation.

La Région Guadeloupe poursuit son engagement dans la coopération régionale avec le programme
SARG’COOP 2 (financement Interreg Caraïbes), vecteur de partage des meilleures pratiques
caribéennes.

Un groupe de réflexion est également en cours avec le CARSPAW afin d’intégrer le volet sargasses dans le protocole SPAW relatif aux aires spécialement protégées et à la faune et la flore (Convention de Carthagène).

Ces coopérations s’inscrivent dans la dynamique du projet SARSEA, lancé en octobre 2025 avec l’OECO (Organisation des États de la Caraïbe Orientale) et Expertise France, qui vise une réponse régionale coordonnée face aux échouements de sargasses.

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