Guadeloupe. Les Rencontres Interprofessionnelles de la Banane font le point sur les innovations

Chaque année iT2, Institut Technique Tropical, organise en Martinique et Guadeloupe les Rencontres Interprofessionnelles de la Banane.

Comme l’année dernière, c’est le site de Bois-Debout, à Capesterre Belle-Eau, qui a accueilli les différents partenaires de cette manifestation ouverte aux professionnels mais aussi au grand public.

Coralie Julan, responsable du Pôle Protection des cultures, est cheffe de projet de la manifestation :

Quoi de neuf concernant les deux maladies qui ravagent les exploitations bananières ? La plus connue est la Cercosporiose noire du bananier, coûteuse parce que, faute de produits réellement efficaces et de solutions autorisées d’aspersion, il faut effeuiller les bananiers à la main, ce qui demande une nombreuse main d’œuvre.

La seconde, qui n’a pas encore été signalée en Guadeloupe mais plutôt en Amérique centrale, la Fusariose TR-4 — la Fusariose TR-4 est causée par un champignon vivant dans le sol (fusarium oxysporum). La maladie touche l’Asie, l’Afrique, l’Amérique latine et quelques foyers ont été détectés à Mayotte — impose une surveillance de tous les instants au cas où elle serait importée (plantes, fruits, légumes importés des régions infestées).

Concernant la Cerciosporiose, une autorisation est en cours pour l’utilisation dans certaines conditions et avec certains produits de drones pour l’épandage des molécules.

Marcus Hiéry, directeur d’iT2 :

En attendant plusieurs recherches sont menées pour déterminer quels apports et quelles pratiques culturales permettraient aux bananiers de mieux résister aux attaques de parasites et maladies.

Chloé Quiméby, en charge de la fertilisation à iT2 :

L’intérêt est aussi de créer des bananiers résistants aux maladies, à partir de souches à graines déjà exploitées.

Jacques Louisor, responsable du Pôle amélioration variétale à iT2 :

Ce travail de recherche porte ses fruits, bananes que nous avons goûtées, délicates, fruitées. Il s’agit des CIRAD 964, 965 et 966. Le CIRAD travaille en harmonie avec iT2 et d’autres organismes pour étudier le comportement des bananiers — c’est expérimental en champs et à l’exportation de bananes en petites quantités pour voir si elles supportent le transfert — et ce sont peut-être ces bananiers qui donneront les bananes de demain, pour remplacer les fameuses Cavendish dont le bananier porteur est sensible à la Cercosporiose.

Frédéric Salmon, chercheur au CIRAD :

Ce projet est intégré dans Bana+, qui travaille à accélérer le développement de variétés de bananiers résistants aux maladies fongiques pour une alternative à l’usage des fongicides aux Antilles et dans les autres DROM.

Le consortium Bana+ développe une approche intégrée unique et originale pour lutter durablement contre la cercosporiose noire et apporter des solutions concrètes aux producteurs et à l’ensemble de la filière banane. Le projet repose sur la combinaison de deux approches qui ouvre trois voies possibles pour créer de nouvelles variétés : l’amélioration conventionnelle par croisement (création de nouveaux hybrides), l’édition du génome (rendre plus résistante la Cavendish) et leur association (amélioration si besoin de la qualité d’hybrides résistants). L’accent portera donc sur la résistance à des pathogènes et la qualité. Il s’appuie sur le programme PARSADA du Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire qui a pour objectif la réduction des produits phytosanitaires.
Source CIRAD

Jean Carlier, chercheur au CIRAD, coordonne Bana+ :

Parmi les visiteurs, Amandine longueteau, qui exploite 35 hectares dont 2 hectares de bananiers à Gourbeyre :

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