Haïti. Replacer la recherche au centre des politiques de relance de l’économie

Organisée cette année autour du thème de « la recherche au service du développement : optimiser la production et l’utilisation scientifique », la deuxième édition des journées scientifiques, qui s’est déroulée, les 23 et 24 juillet au Karibe Convention Center.

Organisée par le FRD-BRH (Fonds BRH pour la Recherche et le Développement), cette édition a réuni de nombreuses personnes des communautés scientifique et universitaire, ainsi que des entrepreneurs issus de plusieurs secteurs d’activité.

Cet événement, créé dans l’objectif d’exploiter et de valoriser les travaux de recherche scientifique réalisés localement, ouvre la voie à une réflexion approfondie pour intégrer la recherche scientifique au centre des politiques de relance de l’économie nationale.    

Au cours de ces journées scientifiques, les participants ont découvert des projets financés par le FRD-BRH qui doivent contribuer au développement et à l’innovation dans les domaines de l’agriculture, de la santé, de l’éducation, de l’environnement, de la technologie, du changement climatique et du paiement mobile. Les projets ont été présentés à travers de courtes vidéos diffusées sur des écrans installés au Karibe où se déroule l’évènement.

Parmi eux figurent : « Production d’un biopesticide pour lutter contre les pestes du cocotier et les aflatoxines dans le Sud d’Haïti », avec l’agronome Junior Aristil ; « Nostalgie des savoirs traditionnels en temps de catastrophe naturelle en Haïti », avec le professeur et docteur en sociologie, Jerry Michel ; « Application de l’intelligence artificielle pour transformer l’agriculture haïtienne (AIPAGRI) », avec l’ingénieur-agronome Jacky Duvil ; « Cartographie des ressources physiques et naturelles du Nord », avec Widgenia Ulysse sont quelques-uns des projets bénéficiant du financement du FRD. 

En ce qui a trait aux chiffres clés, le Fonds BRH pour la recherche et le développement a financé, à ce jour, 19 projets et a accordé un montant de 264 millions de gourdes pour soutenir la recherche en Haïti. 58% des projets financés par le FRD sont portés par des personnes morales et 42% par des personnes physiques.

Au 31 décembre 2025, il y a déjà quatre des projets qui sont achevés. Depuis sa création, le Fonds BRH pour la recherche et le développement a reçu 124 projets de recherche qui nécessiteraient, en termes de coût, une enveloppe de 8,2 milliards de gourdes de financement. « Chaque projet réalisé apporte de nouvelles connaissances et ouvre la voie à d’autres innovations », souligne le FRD.    

Dans son discours de circonstance, le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Ronald Gabriel a plaidé pour la mise en place d’un écosystème lié à la recherche scientifique. 

« Il nous faut travailler à promouvoir un véritable écosystème national dédié à la recherche. Il nous faut travailler à créer un environnement dans lequel chacun contribue aux activités de réflexion scientifique et où plusieurs partenaires mettent en commun leurs ressources, leur expertise et leur vision afin de valoriser et de favoriser ce saut qualitatif vers le développement », a déclaré Ronald Gabriel, soulignant que la recherche scientifique est un bien commun et que, à ce titre, son financement et sa valorisation doivent progressivement devenir une responsabilité politique.      

Intervenant à la deuxième édition des journées scientifiques du FRD/ BRH, le recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH), Dieuseul Prédélus a présenté les grands défis en ce qui concerne la recherche.

« Le premier défi relève du financement de la recherche. Nos universités publiques comme privées, y compris l’Université d’État d’Haïti, fonctionnent avec des budgets de recherche extrêmement limités. Le deuxième défi est celui des infrastructures et des capacités techniques par exemple : des laboratoires sous-équipés, l’accès limité aux bases de données scientifiques, une connectivité numérique encore fragile. Le troisième défi se porte sur l’absence d’une politique nationale de la recherche qui est clairement articulée entre l’État, les universités, le secteur privé et les partenaires techniques et financiers. Trop souvent, chacun agit de manière dispersée sans cadre commun ni priorités définies. Le quatrième défi concerne l’utilisation effective des connaissances produites », a regretté le recteur de l’UEH,  Dieuseul Prédélus.

Source : Le Nouvelliste

Lien : https://lenouvelliste.com/article/270282/replacer-la-recherche-au-centre-des-politiques-de-relance-de-leconomie-haitienne

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