Chikaya depuis quelques jours entre Samuel Damo, exploitant d’un établissement de restauration sur le domaine du Grand Port maritime de la Guadeloupe (GPMG), et son bailleur. Guy Losbar est intervenu dans le débat pour demander de l’équité dans ce dossier.
En fait, les deux parties sont en conflit porté devant les tribunaux sur les conditions de l’exploitation de l’espace et Samuel Damot en a appelé à la population, mettant en avant des considérations qui, parfois, ont été limites vis-à-vis des Guadeloupéens employés au GPMG. Bref, l’homme craint — légitimement — pour son gagne-pain et a appelé, à ses côtés, le ban et l’arrière-ban habituel.
Cependant, Guy Losbar, président du Conseil départemental, ne s’occupant pas des raisons des uns et des autres, a écrit à la direction du GPMG pour demander de l’équité.
Les raisons qu’il invoque sont tout à fait raisonnables et recevables. A suivre.
Le courrier de Guy Losbar :
« Par courrier du 23 septembre 2024, j’appelais votre attention sur l’avenir du Yacht Club et sur les conséquences qu’emporterait, pour l’emploi local et pour l’animation du site de la Darse, la cessation de son activité. Je formais alors le vœu qu’une solution concertée, respectueuse des intérêts économiques et sociaux, puisse être trouvée.
Deux ans plus tard, force est de constater que ce dossier n’est pas réglé et qu’il s’installe désormais dans le débat public dans des conditions qui ne servent ni l’image de notre place portuaire, ni celle des institutions du territoire. Je souhaite donc revenir vers vous, non pour contester les prérogatives qui sont les vôtres dans la gestion du domaine public portuaire, ni pour interférer avec une procédure juridictionnelle en cours, mais pour vous demander que la situation de M. Samuel DAMO soit traitée en équité.
L’équité, ici, ce n’est pas la faveur. C’est la prise en compte de la réalité d’une situation. Le Yacht Club est implanté sur ce site depuis 2012 ; il s’est acquitté de ses loyers ; il a traversé les travaux d’assainissement, la crise sanitaire et les fermetures successives en investissant ses propres ressources pour maintenir son activité et ses emplois. Une occupation aussi ancienne, entretenue pendant plus d’une décennie par l’établissement public lui-même, ne peut être appréciée aujourd’hui comme si elle venait de naître.
L’équité, c’est aussi l’égalité de traitement entre les occupants du domaine portuaire.
D’autres exploitants ont pu, au fil du temps, voir leur situation clarifiée et stabilisée. Je souhaite que M. DAMO bénéficie de la même attention et des mêmes possibilités de régularisation.
C’est cette égalité de traitement, et elle seule, qui éteindra la polémique.
J’ai pris bonne note de la rencontre que vous avez accordée à M. DAMO et à sa délégation, ainsi que de votre confirmation que rien ne fait obstacle à la poursuite de l’activité du Yacht Club. Je tiens à saluer cette disposition, qui est de bonne méthode et qui ouvre, me semble-t-il, l’espace d’un accord.
Dans ce même esprit, je souhaiterais que trois orientations puissent être retenues :
— que la continuité de l’exploitation soit confirmée de manière formelle, afin que l’établissement puisse travailler sereinement et que ses salariés soient rassurés ;
— qu’une voie de régularisation négociée soit ouverte sans attendre, assortie d’un calendrier de mise en conformité précis, que M. DAMO s’est dit prêt à respecter ;
— que cette négociation débouche sur un titre d’occupation pérenne, seul cadre qui permette à l’exploitant d’investir et au port de faire valoir pleinement ses exigences.
Je rappelle par ailleurs que le Conseil Départemental avait engagé une démarche de contractualisation avec cet établissement, en vue de l’intégrer à son réseau de lieux de diffusion culturelle. Cette perspective demeure, et elle prend un relief particulier à l’approche de la Route du Rhum : le site de la Darse doit être, pendant cet événement, une vitrine de la Guadeloupe et non le théâtre d’un conflit.
Le Département est prêt à jouer tout son rôle pour faciliter le dialogue entre votre établissement et l’exploitant, et à accueillir, s’il vous paraît utile, une rencontre de travail en ce sens. »

























