Une grande voix du gwoka s’est tue. Le maire de Lamentin lui rend ici un vibrant hommage.
C’est avec une profonde tristesse que je vous annonce le décès d’Évelyne Zéno , affectueusement connue sous son nom d’artiste « Cécé », grande dame du gwoka et figure profondément attachante de notre culture guadeloupéenne.
Avec Cécé disparaît une voix, mais aussi une présence. Une présence reconnaissable entre toutes, portée par cette énergie, cette sincérité et cette force qui faisaient d’elle bien plus qu’une interprète : elle était une porteuse de tradition et une passeuse de mémoire.
Auteure, compositrice et interprète, Cécé avait fait du gwoka un engagement de vie.
Dans un univers longtemps largement masculin, elle avait su prendre toute sa place, par son talent, son tempérament et cette voix profondément enracinée dans notre terre, notre histoire et notre identité.
Parmi les œuvres qui jalonnent son parcours, il en est une dont le titre prend aujourd’hui une résonance toute particulière : « Éritaj’ ».
Éritaj’, l’héritage. Ce mot dit finalement beaucoup de ce que fut Cécé et de ce qu’elle nous laisse. Car l’héritage n’est pas seulement ce que nous recevons de celles et ceux qui nous ont précédés. Il est aussi ce que nous choisissons de préserver, de faire vivre et de transmettre aux générations qui viennent.
Cécé aura été l’un de ces maillons précieux de la chaîne. Elle avait reçu le gwoka, ses rythmes, ses chants, ses codes et cette mémoire de notre peuple qu’il porte en lui. Elle se les était appropriés avec sa personnalité, sa sensibilité et sa force, pour mieux les partager et les transmettre.
Aujourd’hui, « Éritaj’ » n’est donc plus seulement le titre d’une de ses compositions. Il pourrait être le mot qui résume ce qu’elle nous lègue.
Sa voix se tait, mais l’héritage demeure. Il demeurera dans le son des tambours, dans les chants, dans les rondes de léwòz, dans la mémoire de celles et ceux qui l’ont connue et écoutée, et dans le cœur des jeunes artistes qui continueront, à leur tour, à faire vivre notre culture.
Aujourd’hui, c’est toute la grande famille du gwoka et, au-delà, le monde culturel guadeloupéen qui est en deuil.
Au nom du Conseil municipal de Lamentin et en mon nom personnel, j’adresse mes condoléances les plus sincères à sa famille et à ses proches, ainsi qu’aux musiciens, chanteurs, danseurs, acteurs culturels et à toutes celles et tous ceux qui ont partagé son parcours.
À sa famille, je veux adresser une pensée particulière et lui témoigner toute notre affection, notre solidarité et notre soutien dans cette douloureuse épreuve.
Cécé a chanté l’héritage.
Elle fait désormais partie de notre héritage.
Sa voix continuera de résonner dans le cercle du léwòz et dans notre mémoire collective.
Fòs é kouraj à toute sa famille.
Adyé Cécé. Respé.























