Les inégalités sociales de santé en Guyane sont plus marquées qu’au niveau national.
En Guyane, comme à l’échelle nationale, des inégalités socio-économiques apparaissent systématiquement pour tous les indicateurs de santé étudiés par le Baromètre de Santé publique de France 2024.
Les personnes socialement défavorisées sont systématiquement en moins bon état de santé générale, physique et mentale, que les personnes socialement plus favorisées.
- 65.4 % des adultes de 18-79 ans déclarent une situation financière « juste », « difficile, endettée ».
- 33.4 % déclarent avoir ressenti la faim sans pouvoir manger par manque d’argent ou d’autres moyens au cours des 12 derniers mois.
- 36.7 % des adultes de 18 à 79 ans déclarent avoir subi des traitements inégalités ou des discriminations au cours des cinq dernières années.
Ces résultats soulignent les inégalités sociales de santé en Guyane : des différences sont observées systématiquement pour toutes les thématiques en fonction des groupes sociaux.
Par ailleurs, l’insuffisance d’activité physique dans le cadre de loisirs concerne davantage les catégories sociales défavorisées alors que le tabagisme, la consommation d’alcool à moindre risque et la sédentarité concernent davantage les catégories sociales plus favorisées.
Des inégalités de genre s’observent également. Les femmes pratiquent moins d’activité physique mais consomment moins d’alcool et de tabac.
Les troubles métaboliques plus fréquents chez les plus défavorisés

Les personnes socialement favorisées se déclarent en « très bonne » ou « bonne » santé plus fréquemment, comparé aux personnes socialement défavorisées. Les troubles métaboliques tels que l’hypertension et le diabète sont deux à trois fois plus déclarés chez les plus défavorisées comparé aux personnes favorisées.
Des écarts sont également observés selon le sexe : globalement les femmes se perçoivent en moins bonne santé que les hommes et déclarent plus souvent une hypertension ou un diabète.
Les indicateurs de santé mentale varient principalement en fonction de la situation financière perçue. Les épisodes dépressifs caractérisés et troubles anxieux généralisés sont notamment plus fréquents parmi les plus défavorisés. Les femmes déclarent également plus souvent des épisodes dépressifs et des insomnies.
La région la plus touchée par l’insécurité alimentaire
« Avec plus d’un tiers des déclarants indiquant avoir ressenti la faim au cours des 12 derniers mois, la Guyane apparaît comme étant la région souffrant le plus l’insécurité alimentaire ; Mayotte n’est pas inclus dans l’enquête. La proportion de personnes ayant ressenti la faim au cours des 12 derniers mois est deux fois supérieure en Guyane comparée au niveau national. » Cette proportion touchait principalement les personnes socialement défavorisées ainsi que les familles monoparentales (près d’une famille monoparentale sur deux) et les personnes vivant seules (près d’une personne vivant seule sur quatre).
L’insécurité alimentaire est étroitement liée à la condition sociale et impacte la santé physique et mentale (maladies cardiovasculaires, diabète, obésité, dépression, etc.).
« En outre, indique Santé publique France, la Guyane arrive également en tête des régions déclarant avoir ressenti des discriminations ou traitements inégalitaires au cours des cinq dernières années, avec plus d’un tiers des personnes déclarant ce ressenti. »
L’enquête du Baromètre de santé publique France, répétée tous les deux ans, permet de surveiller l’évolution de ces inégalités dans le temps. Des analyses ultérieures sont envisagées pour évaluer l’impact croisé des différents déterminants sociaux (sexe, origine, position socio-économique) sur la santé, et comprendre plus finement ces inégalités sociales de santé.
























