Les responsables du tourisme de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) se sont réunis à Sainte-Lucie pour un atelier intensif de renforcement des capacités sur le tourisme communautaire, intitulé « De l’évaluation à l’action : élaboration de politiques de tourisme communautaire et planification des actions nationales ».


L’atelier avait pour objectif de doter les États membres des outils nécessaires pour consolider les politiques et les plans d’action liés au tourisme communautaire, positionnant ainsi les communautés locales comme les principaux architectes et bénéficiaires de l’expérience touristique. Cette initiative a bénéficié du soutien du 11e Fonds européen de développement (FED), à travers le programme Intégration régionale, croissance, harmonisation et technologie (RIGHT).
Le tourisme communautaire est une approche centrée sur l’humain qui accorde la priorité au développement économique inclusif et à la répartition équitable des revenus. En autonomisant les entrepreneurs locaux, notamment les jeunes, les femmes et les habitants des zones reculées, cette forme de tourisme garantit que les recettes générées restent au sein des communautés tout en protégeant la richesse culturelle, le patrimoine et les atouts naturels de la région.
Prononçant le discours d’ouverture au Coco Palm Resort, le directeur général de l’OECO, le Dr Didacus Jules, a mis la région au défi d’exploiter ses atouts en matière d’authenticité.
| « Le tourisme communautaire n’est pas une activité secondaire charmante en marge de la véritable industrie, a affirmé le Dr Jules. Lorsqu’il est bien mené, il constitue la réponse la plus stratégique dont nous disposons pour garantir que les retombées du tourisme profitent à nos communautés et contribuent à l’établissement d’économies locales plus résilientes. » |
Faisant écho à cette vision, le ministre au sein du ministère du Tourisme de Sainte-Lucie, l’honorable John Paul Estephane, a souligné que la force de l’industrie réside dans sa population. Il a indiqué que Sainte-Lucie a déjà approuvé 35 projets de tourisme communautaire d’une valeur de plus de 5 millions de dollars, offrant ainsi un modèle réussi pour la région. Le ministre Estephane a déclaré :
| « Le tourisme est à son apogée lorsque les communautés participent activement à son développement et bénéficient de sa réussite. Les communautés locales, les sites, les traditions culturelles, la cuisine, les artisans, les agriculteurs et les marins-pêcheurs font tous partie des expériences authentiques que recherchent les visiteurs. » |
L’atelier est passé de la théorie à la pratique grâce à une visite de terrain chez Eastern Exotic ATV Tours à Dennery, organisée par l’Agence du tourisme communautaire de Sainte-Lucie, où les participants ont pu observer le tourisme communautaire en action. Plutôt que de simples observateurs, ils se sont immergés dans une salle de classe vivante du patrimoine sainte-lucien.
L’un des moments forts de la visite a été la démonstration de la fabrication traditionnelle du pain de manioc (cassave), illustrant comment les pratiques culturelles peuvent être transformées en expériences touristiques attrayantes et à forte valeur ajoutée, tout en créant des moyens de subsistance durables pour les communautés locales.
Les délégués ont décrit cette expérience comme étant à la fois enrichissante et inspirante. Ayoimiide Oshikanlu, agent de projet pour le tourisme communautaire à la Grenade, a souligné qu’il avait été gratifiant d’en apprendre davantage sur l’histoire et la culture de Sainte-Lucie, et de voir comment ces éléments s’entrelacent pour façonner une expérience visiteur authentique. Joleyne Robin-Williams, planificatrice du tourisme au sein du gouvernement d’Anguille, a salué la visite, qualifiant la démonstration de fabrication du pain de manioc de captivante et le produit fini de véritable délicatesse.
L’atelier soutient directement la mise en œuvre de la Politique de tourisme durable de l’OECO 2025–2035, qui identifie le tourisme communautaire comme une stratégie clé pour la gestion durable des ressources et le renforcement des liens entre le tourisme et d’autres secteurs tels que l’agriculture.
À l’issue de l’atelier, les participants d’Anguille, d’Antigua-et-Barbuda, de la Dominique, de la Grenade, de Montserrat, de Sainte-Lucie et de Saint-Vincent-et-les Grenadines se sont engagés à faire progresser des plans d’action nationaux visant à renforcer le tourisme communautaire, à développer les capacités locales et à améliorer l’accès aux financements pour les entrepreneurs communautaires.
Alors que la région fait face à une volatilité économique mondiale croissante, l’OECO continue d’investir dans son capital le plus précieux et le plus résilient : sa population. En plaçant les communautés au cœur de la chaîne de valeur touristique, les États membres bâtissent un secteur touristique plus résilient, inclusif et durable, profondément ancré dans les récits authentiques de la vie caribéenne.























