La mise en œuvre des crédits du FEADER pour la programmation 2023-2027 connaît des retards à l’échelle nationale, avec des difficultés particulièrement marquées en Guadeloupe. Ce matin, las des promesses au fil des mois, voire des années, de la Région, les Jeunes Agriculteurs Guadeloupe, syndicat agricole, a manifesté sa colère devant l’Espace réghional, au Raizet.
Face à la mobilisation du monde agricole de ce jour, une délégation de la Région Guadeloupe — composée de Jean-Marie Hubert, premier vice-président, de Patrick Sellin, président de la commission des affaires européennes et de Patrick Dollin, président de la commission économie verte — a immédiatement reçu leurs représentants afin d’entendre leurs préoccupations et de construire ce qu’on appelle pudiquement « des solutions pragmatiques en quête d’efficacité. »
C’est pas gagné !
Dans ce contexte, très tendu, la Région Guadeloupe, autorité de gestion régionale du FEADER, s’est contentée de redire les mesures détailléles en fin de semaine dernière puis ce matin (le même communiqué) afin, dit-elle, « d’accélérer la mise en paiement des aides, de sécuriser les procédures et d’apporter des réponses concrètes aux difficultés de trésorerie rencontrées par les agriculteurs. » Bien !
Que dit la Région ?
La Région Guadeloupe a présenté, dit-elle, « deux réponses majeures et immédiates visant à débloquer les situations d’urgence et à accélérer la gestion des aides européennes (FEADER) pour la programmation 2023-2027. »
- Un dispositif d’avance de trésorerie sur fonds propres de la Région à hauteur de 5 millions d’euros pour
une réponse immédiate
Afin d’apporter un soulagement concret et rapide aux exploitations confrontées à des tensions de trésorerie dans l’attente du versement de leurs aides FEADER, la Collectivité régionale met en place un mécanisme d’avance de 20 % de l’aide accordée pour les dossiers d’investissements.
Cette avance sera effectivement payée au plus tard à la fin du mois de septembre.
Ce dispositif s’inscrit dans la continuité des échanges tenus le 6 août 2026 avec le ministère de l’Agriculture et l’Agence de services et de paiement (ASP), à la suite du courrier d’alerte du président Ary Chalus. - Un accompagnement renforcé et la simplification des démarches
« Consciente des obstacles techniques rencontrés par certains porteurs de projets dans la saisie et le suivi de leurs dossiers — les Jeunes Agriculteurs l’ont dit en conférence de presse, « nous ne sommes pas des ignares », mais à la Région on continue à prendre pour des ânes des ingénieurs agronomes, à tout le moins des BTS —, la Région déploie un plan d’action opérationnel en renforçant la cellule dédiée pour accompagner pas à pas les agriculteurs dans le dépôt de leurs dossiers et de leurs demandes de paiement. »
Une priorité absolue : « Agir vite pour répondre aux attentes des exploitants agricoles » qui poirottent depuis trois ans.
Ecoutons cette Région soucieuse de bien-faire : « Notre priorité absolue est de préserver la santé financière de nos exploitations tout en respectant les procédures européennes. À travers ces engagements, la Région Guadeloupe réaffirme son rôle de partenaire central du monde agricole, déterminée à fluidifier la mise en œuvre des fonds européens en améliorant notamment le fonctionnement d’Europac, et à tendre vers l’autonomie et la souveraineté alimentaire de notre archipel »
Un nouveau point de situation avec le ministère de l’Agriculture est d’ores déjà programmé au début du mois de septembre 2026.
La Région, dit-elle, « entend entretenir un dialogue permanent avec l’ensemble des exploitants agricoles. »























