Les instances de délibération du SMGEAG se sont réunis, vendredi matin, sous la présidence d’Henri Yacou, président. A l’ordre du jour l’information des élus sur l’avancée des audits et travaux mais aussi quelques délibérations. Au bout de deux heures de présentations par des techniciens et de discussions, le président a levé la séance : on venait de lui apprendre que le quorum n’était pas au rendez-vous.


Dans la grande salle du conseil du SMGEAG, au Gosier, plus de presse que d’élus : six éparpillés au tour de la table. D’autres étaient sur grand écran. Chez eux, ailleurs. Heureusement, il y avait une petite délégation de la Commission de surveillance présidée par Jean-Claude Malo.
Plus tard, des absences pèseront : impossible de voter quelque délibération que ce soit en l’absence des élus en nombre suffisant. La séance a été renvoyée à mercredi.
Cependant, en donnant la parole aux techniciens du SMGEAG, le président Henri Yacou a permis aux médias d’apprendre bien des choses.
Nortmalement, une convention devrait être signée avec le Département pour une délégation de service public. « C’est une grande chance pour nous de signer une convention avec une grande collectivité », commentait Henri Yacou, qui faisait allusion aux caisses vides du SMGEAG.
Néanmoins, si les caisses sont vides, Henri Yacou réfute toute critique de l’institution : « Je m’oppose à ce qu’on dise que les agents ne sont pas compétents. Nous n’avons pas d’argent mais nos agents sont compétents ! »
A ce sujet, si la compétence des agents n’est pas à remettre en cause, il semble que, l’an dernier, la gouvernance ait eu quelques flottements dans la prise de décision. Ecoutons Henri Yacou : « Il avait été demandé de faire des économies. On les a faites en supprimant les intérimaires et des voitures… mais on l’a fait au service qui cherchait les fuites. Or, sans techniciens pour chercher les fuites, sans voiture pour que les agents aillent colmater les fuites… »
C’est un technicien qui donne les effets de cette initiative : « On réparait 35 fuites par jour en 2024. En 2025, on n’a pas pu réparer environ 3 000 fuites. Là, nous retrouvons une cadence normale. »
« Il faut arrêter de dire sur les réseaux sociaux que l’eau n’est pas potable, n’est pas de bonne qualité », lançait henri Yacou.
Devant un scepticisme unanime le technicien a révélé que plus de 99% des prélèvements démontrent que l’eau est de qualité. 1 322 analyses en 2025, et seulement 12 non conformes.
Plus tard, c’est le coût de l’eau qui vient sur la table. On ne l’a pas dit cette fois, mais il existe 15 tarifs différents du prix du mètre cube d’eau sur l’archipel. Les plus vernis, ceux qui paient le moins, ce sont les Déshaisiens : 2,27€/m3. Les punis, ce sont les Pointe-Noiriens qui paient la même eau… 4,10€/m3.
Camille Elisabeth, membre du bureau syndical s’est insurgé : « Les Pointe-Noiriens ne sont pas des Guadeloupéens à part ! Pourquoi paient-ils l’eau plus cher que partout ailleurs ! Où est l’égalité des citoyens ? Dans ma commune il y a sept rivières et on paie l’eau plus cher ! C’est scandaleux ! Je demande un prix unique de l’eau ! »
Les factures impayées ? Un bon tiers. Pourquoi ? Il semble que personne ne réponde formellement. Cependant, on constate que moins les gens ont de l’eau moins ils sont enclins à réghler leurs factures. Il paraît, un élu l’a dit, qu’il y a des gens qui n’habitent pas dans une maison dont ils sont propriétaires… et qui reçoivent des factures de 3 000 euros de consommation d’eau !
On passe à l’assainissement collectif, les stations d’épuration. 53% d’entre elles sont conformes. Mais il y a des chantiers en cours à Baillif, Capesterre Belle-Eau et Le Gosier. Pour le non collectif, les fosses septiques, il y en a eu 2 400 contrôlées en 2025, dont 1 680 conformes.
Soudain, le président se penche vers une administrative qui veut lui dire quelque chose. Il se redresse : « Il n’y a pas le quorum, je lève la séance ! »
Rideau.
























