À Croix-des-Bouquets, les forces de l’ordre poursuivent les opérations visant à déloger les gangs armés qui contrôlent plusieurs zones de la commune.
Dans la soirée du mardi 3 novembre 2026, des images relayées sur les réseaux sociaux ont montré un hélicoptère survolant la plaine du Cul-de-Sac et effectuant des tirs en direction du sol.
Des habitants contactés par Le Nouvelliste, dans la soirée de mardi, ont confirmé la présence d’un hélicoptère au-dessus de plusieurs quartiers de Croix-des-Bouquets et de ses environs. Selon leurs témoignages, l’appareil effectuait des tirs à balles réelles. Toutefois, les informations recueillies n’ont pas permis d’établir une cartographie précise des zones ciblées.
Sur X, le président salvadorien Nayib Bukele a affirmé que des « gangs ont attaqué des soldats de la Force de répression des gangs [GSF, en anglais] venus du Tchad ».
« Nous sommes arrivés rapidement et avons repoussé les assaillants avec nos hélicoptères d’attaque », a indiqué M. Bukele dans cette publication, accompagnée de vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux.
Au moment de la rédaction de cet article, ni la Force de répression des gangs (FRG) ni la Police nationale d’Haïti (PNH) n’avaient communiqué sur cette situation. Aucune précision officielle n’avait non plus été apportée concernant les soldats tchadiens qui auraient été attaqués, selon le président salvadorien.
Ce mercredi 4 novembre, les opérations se sont poursuivies à Croix-des-Bouquets et dans ses environs. Des habitants ont rapporté des explosions attribuées à des drones ainsi que le survol d’hélicoptères dans plusieurs zones.
Croix-des-Bouquets et ses environs restent sous tension depuis plus de deux semaines. Après la disparition, le dimanche 18 octobre 2026, de quatre techniciens salvadoriens en aviation, membres de la FRG à Santo 17, des opérations ont été lancées pour les retrouver. Depuis, les interventions des forces de l’ordre se poursuivent dans la commune.
Le lundi 2 novembre 2026, la PNH a fait état d’une vaste opération ciblant les zones de Carrefour Shada, Croix-des-Missions et Santo 17. Cette intervention, appuyée par des véhicules blindés, a bénéficié du concours de militaires salvadoriens déployés dans le pays sur ordre du président Nayib Bukele.
« Cette opération vise à éliminer les postes de péage illégaux, à déjouer les tentatives d’enlèvement et à mettre fin aux autres exactions dont la population est victime de la part des gangs armés opérant dans la Plaine », avait indiqué la Direction de communication de la police (DICOP) dans un communiqué.
Dans un autre communiqué publié dans la soirée du mardi 3 novembre 2026, la DICOP a annoncé que des agents de plusieurs unités avaient récupéré la carcasse du véhicule à bord duquel les quatre techniciens salvadoriens s’étaient rendus dans la zone de Santo 17.
Mardi [2 novembre], des habitants ont également rapporté le déploiement d’un important dispositif sécuritaire dans les zones ciblées. Ils ont fait état d’échanges de tirs entre des bandits et les forces de l’ordre. Par ailleurs, des explosions attribuées à des drones ont été signalées dans plusieurs quartiers, notamment à Canaan, où les bandits auraient contraint des habitants à participer à une manifestation.
Plus tôt dans la journée du mardi, lors d’un point de presse à la Villa d’Accueil, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a assuré que « l’État haïtien demeure responsable de la direction politique et stratégique des opérations. »
« La PNH, les Forces armées d’Haïti (FAD’H) et la FRG travaillent dans une logique de coordination. L’une complète l’autre sous l’autorité du gouvernement, dans le respect de la mission et des attributions de chacune de ces institutions », a déclaré le chef du gouvernement.
Partir ou rester : le dilemme des habitants
Les habitants de Croix-des-Bouquets et des zones avoisinantes sont confrontés à un dilemme. Depuis les événements du 18 octobre, des rumeurs circulent sur de possibles opérations de grande envergure dans certains quartiers. En prévision de ces interventions, plusieurs habitants ont pris la décision de quitter leur domicile. Certains auraient même payé pour obtenir le droit de fuir leur zone de résidence.
D’autres ont toutefois préféré rester chez eux, malgré les menaces. Parmi ceux qui refusent de quitter leur quartier, plusieurs habitants qui ont accepté de témoigner auprès du journal dit craindre le risque de voir leur maison spoliée en cas de départ.
Après plus de deux semaines, certains de ceux qui avaient fui commencent à revenir timidement, à Santo en particulier, a rapporté des riverains.
Selon des témoins, les zones restent accessibles. Les principales voies reliant Croix-des-Missions à Santo, autrefois barricadées, sont désormais ouvertes à la circulation. Toutefois, les activités commerciales, scolaires et le trafic restent largement paralysées.
Qui parle au nom de Croix-des-Bouquets ?
Les informations sur la situation de la commune restent incomplètes. En général, des habitants, qui préfèrent témoigner sous couvert d’anonymat, partagent avec la presse des informations sur les événements. En revanche, les autorités communales restent difficiles à joindre.
Le Nouvelliste a tenté de contacter le maire de la commune au moment de la rédaction de cet article. Il n’a pas été en mesure de commenter la situation de la commune, évoquant d’autres occupations au moment du contact.
Source : Le Nouvelliste
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