Entre le dossier de l’eau en Guadeloupe qui peine à trouver une voie vers une situation « acceptable » pour les Guadeloupéens, malgré les millions investis, le développement économique, la jeunesse, l’adéquation des normes européennes à la réalité des territoires d’Outre-mer…, la ministre a réaffirmé son objectif : les résultats.
Au deuxième jour de sa visite officielle en Guadeloupe, jeudi 5 novembre, Naïma Moutchou, ministre des Outre-Mer, a échangé avec des élus avant de participer à la Conférence des Régions Ultrapériphériques et de rencontrer les représentants des usagers de l’eau. Dans son programme du jour, une séquence était consacrée à la ville de Pointe-à-Pitre. Interpellée par le collectif Nou las palé à son arrivée à la mairie de Pointe-à-Pitre, Naïma Moutchou s’est dite prête « au dialogue ». Une rencontre devrait se tenir, en marge de son déplacement.
« J’ai demandé à la ministre de prêter l’oreille au collectif, aux commerçants victimes des pillages, aux représentants de la Cour Zamia et elle a répondu favorablement, indique Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre. La ministre a fait la démonstration de la capacité de l’Etat à être à l’écoute. On ne demande pas de remède miracle et même si les ministres passent, on a besoin que l’Etat, de façon continue, assure ses rôles régaliens sur le territoire. »
« S’il faut adapter les mesures dédiées aux commerçants, on le fera »
Naïma Moutchou, ministre des Outre-Mer.
En apportant son soutien aux commerçants victimes de pillages, réunis à l’Hôtel de ville, Naïma Moutchou a rappelé les dispositifs spécifiques déployés par le gouvernement et qui ont vocation à être déclinés en Guadeloupe. « Il faut que les commerçants s’en saisissent. S’il le faut, on les adaptera, assure la ministre. J’ai demandé au préfet qui est très engagé sur ces sujets d’être en lien de proximité pour que ces dispositifs se déclinent en Guadeloupe. »
Avant de rencontrer avec Ary Chalus, président de la Région Guadeloupe, Naïma Moutchou, qui avait échangé avec Guy Losbar, président du Département, en début de matinée, a rappelé ce qui motive son action.
« Je suis là pour les résultats : les diagnostics, on les connaît tous. Nous savons ce qui se passe sur le territoire, nous savons à quels défis nous sommes confrontés. L’Etat sera toujours là pour apporter des réponses ciblées aux Guadeloupéens, a insisté la ministre des Outre-Mer. Il faut qu’on les construise ensemble, avec les élus et qu’on ne passe pas à côté de l’objectif. »
En fin d’après-midi, la ministre s’est rendue à l’usine de production d’eau de Deshauteurs (Sainte-Anne) pour un échange – à huis clos – avec les représentants des usagers. « C’est un sujet fondamental : l’Etat accompagne, investit avec les élus aussi, mais les résultats ne sont pas au rendez-vous. Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Comment obtenir des résultats avec un calendrier ? Pas en renvoyant aux calendes grecques, mais en étant dans la transparence avec les Guadeloupéens. »



La visite officielle de la ministre des Outre-Mer se poursuit en Guadeloupe, vendredi 6 novembre. Naïma Moutchou rencontrera notamment les acteurs économiques du secteur du tourisme, à Deshaies.
Cécilia Larney
« Les Outre-mer sont une chance pour la France et pour l’Europe »
Après l’échange en mairie de Pointe-à-Pitre, jeudi 5 novembre, la ministre des Outre-Mer a parcouru les allées de l’emblématique Marché aux épices de Pointe-à-Pitre. Une parenthèse entre senteurs et traditions.

« Il y a une énergie extraordinaire, a commenté Naïma Moutchou. Les gens ont envie de travailler, de proposer. Ici il y a de très belles productions locales qu’il faut valoriser. » L’occasion pour la ministre des Outre-Mer de rappeler son intérêt pour l’économie.
« La vision économique pour le territoire et pour la Guadeloupe a manqué, note-t-elle. Il y a beaucoup à faire : il y a des atouts, du potentiel. Je m’investis beaucoup sur une feuille de route économique : j’avais organisé l‘événement Choose Outre-Mer et la Guadeloupe était présente. J’y ai annoncé la mise en place d’un fonds à impact qui viendra financer ici des projets pour du recrutement, pour valoriser des filières. » En lien avec le développement économique, Naïma Moutchou participe à la 30e Conférence des présidents des Régions Ultrapériphiques. « Beaucoup de l’avenir des territoires ultramarins, dont la Guadeloupe se joue à Bruxelles. Les Outre-mer sont une chance pour la France et pour l’Europe, mais il faut que les règles soient adaptées ! »

























