Réunie en séance plénière, l’Assemblée de Martinique a pris acte du rapport de la Chambre régionale des comptes consacré à la situation financière de la Collectivité Territoriale de Martinique. Ce rapport confirme ce que l’exécutif de la CTM ne cesse d’affirmer depuis 2021 : la Collectivité fait face à un déséquilibre structurel qui place ses finances dans une situation critique.
Cette réalité appelle des décisions profondes, un effort de gestion dans la durée et une réflexion sur les moyens financiers dont dispose la Martinique pour répondre aux besoins de sa population.
L’encours de l’emprunt actuel de la CTM, qui avoisine le milliard d’euros, est le résultat de plus de dix années d’emprunt cumulé. Elle intègre également les engagements hérités du Conseil général et du Conseil régional lors de la création de la Collectivité unique. Ainsi, entre 2015 et 2021, l’encours de la dette a progressé de 366 millions d’euros. Entre 2022 et 2025, cette progression s’établit à 157 millions d’euros.
Les gouvernances successives ont en effet été confrontées à une même équation : la diminution des dotations de l’État, l’augmentation des dépenses de solidarité et l’ampleur des investissements nécessaires à la Martinique. À cette équation s’ajoutent des engagements non-inscrits antérieurs à 2021 pour les factures non payées.
Face à ces contraintes, la Martinique devait pourtant continuer à avancer et répondre aux urgences du quotidien. Aussi, entre 2021 et 2026, la CTM a investi près d’un milliard d’euros. Cet effort a permis de poursuivre la reconstruction du lycée Schœlcher, de mener les travaux de mise hors d’eau de la RN5, de réparer la casse de Séguineau, de relancer les investissements dans les infrastructures de l’eau, de construire le viaduc de la Rivière des Pères, d’assurer l’accès au numérique dans les collèges et lycées, l’entretien des routes et des établissements scolaires et d’investir dans les transports.
La situation financière impose aujourd’hui de poursuivre le travail engagé depuis 2022. Le premier plan d’optimisation des dépenses et des recettes, voté en juin 2025, a déjà produit 74,9 millions d’euros de mesures au 30 juillet 2026, avec une amélioration durable de 26,4 millions d’euros de la capacité d’autofinancement. La deuxième tranche de cette première phase porte sur 20 millions d’euros pour une amélioration de la capacité d’autofinancement de 10 millions.
Ces premiers résultats doivent être consolidés au travers d’un second plan d’optimisation présenté à l’Assemblée de Martinique. De plus, la CTM prend acte des quinze recommandations de la Chambre régionale des comptes et s’engage à les mettre en œuvre dans le cadre d’un plan d’action suivi et évalué. Le rétablissement des équilibres financiers exigera des choix, une maîtrise renforcée des dépenses et une adaptation de l’investissement aux capacités réelles de financement.
Deux priorités demeurent au cœur de cette démarche : garantir la stabilité des agents de la CTM et assurer le paiement des dépenses de solidarité destinées aux Martiniquais les plus fragiles.
« La situation financière de la CTM est difficile. Nous le disons depuis 2021 et nous avons engagé dès 2022 un travail de redressement qui doit aujourd’hui être poursuivi et amplifié. Le rapport de la Chambre régionale des comptes confirme la profondeur des déséquilibres auxquels nous devons faire face en raison notamment de la baisse des dotations de l’Etat de 40 millions d’euros entre 2022 et 2025, de la revalorisation par l’Etat des charges de personnels à hauteur de 20 millions d’euros ou encore de la non compensation des dépenses de solidarité pour près de 70 millions d’euros de reste à charge par an. Aujourd’hui, notre responsabilité est de rétablir durablement les finances de la CTM et de préserver sa capacité à agir. Cela exigera des efforts, des choix et une rigueur de chaque instant. Mais une chose est essentielle : le redressement de nos finances doit préserver la stabilité de nos agents et garantir les dépenses de solidarité pour les Martiniquais les plus fragiles. La Martinique a besoin d’une Collectivité solide, capable d’assumer ses responsabilités et de continuer à investir pour son développement. C’est le sens de l’action engagée et de celle que nous poursuivrons avec détermination », a indiqué Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de Martinique.























