Dans le cadre de son programme de contrôle pour l’année 2025, la chambre régionale des comptes de Martinique s’est intéressée, à l’échelle du territoire de l’île aux fleurs, à la qualité de prise en charge des personnes âgées, à domicile et en Éhpad, face au défi que représente le vieillissement rapide de ce territoire.
En effet, en moins de quarante ans, la Martinique, qui était un des territoires les plus jeunes de France, est devenue la région la plus âgée, avant la Guadeloupe, la Corse ou la Bourgogne Franche-Comté.
En 2030, plus d’un tiers des Martiniquais aura plus de 60 ans, et en 2050, près de la moitié de la population sera composée de séniors. Le nombre de places en Éhpad (près de 2 000 en 2026) est désormais insuffisant pour faire face au défi de cette prise en charge.
En outre, la chambre régionale des comptes a également examiné les conditions économiques et financières dans lesquelles interviennent les établissements prenant en charge les personnes âgées en Éhpad ou à domicile.
Pour analyser la qualité des prises en charge et la soutenabilité économique et financière des Éhpad, elle a procédé à un contrôle coordonné de 8 Éhpad et Sad (service autonomie à domicile) au cours du dernier trimestre 2025 et du premier semestre de l’année 2026, et a conduit une enquête de satisfaction auprès des résidents, de leurs familles, et des professionnels de la dépendance.
Il en ressort, d’une part, une qualité satisfaisante de prise en charge des résidents et des personnes âgées à domicile, notamment en termes d’animation et de vie sociale, un entretien des bâtiments plutôt favorable malgré certaines vétustés, et enfin, un ratio de personnel médico-soignant, au chevet des résidents, supérieur à la moyenne nationale.
D’autre part, dans un contexte où les structures contrôlées souffrent de l’absence de contrats pluriannuels d’objectifs et de moyens en Martinique, leur situation économique et financière demeure fragile, voire menacée dans certains cas.
C’est donc, souvent, au prix d’une augmentation des tarifs journaliers à la charge des résidents, et d’une forte rationalisation, en interne, des moyens matériels et humains que les Éhpad et Sad contrôlés peuvent maintenir une certaine soutenabilité budgétaire et financière. Un défi qui reste à relever pour les pouvoirs publics et les structures en charge de la dépendance que sont l’Agence régionale de santé et la Collectivité territoriale de Martinique.
L’avis de la CRC :

























