L’Agence française de développement (AFD) a présenté jeudi 22 octobre, à Fort-de-France, la sixième édition de l’Observatoire des communes de Martinique.
Établi à partir des comptes 2025 des 34 communes et des trois intercommunalités de l’île, il livre un diagnostic clair : les fondamentaux financiers sont sains et l’épargne dégagée permet d’investir, mais l’effort d’investissement des communes reste timide.

Conçu pour être accessible à tous, des élus aux citoyens, l’Observatoire traduit les comptes publics locaux en repères simples. Les données, issues de l’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL), sont exprimées en euros par habitant afin de comparer la Martinique à la Guadeloupe, à la Guyane, à La Réunion, à Mayotte et à l’Hexagone.
Son périmètre porte sur les budgets des 34 communes et des trois intercommunalités (CACEM, CAP NORD et CAESM).
Des fondamentaux sains
Les ressources des communes martiniquaises reposent à 75% sur les impôts et taxes, dont l’octroi de mer représente plus de la moitié. Une fois les dépenses courantes payées (salaires des agents, entretien, énergie, services rendus à la population), les communes dégagent une épargne positive : sur 100 € de recettes, il leur reste 9 € pour préparer l’avenir. Ce niveau se situe dans la moyenne ultramarine, même s’il recule en 2025, les dépenses de fonctionnement progressant alors que les recettes restent stables.
Les intercommunalités (CACEM, CAESM et CAP Nord) conservent elles aussi une capacité d’autofinancement positive.
Un investissement communal encore en retrait
Avec 126 M€ investis en 2025, les communes atteignent un niveau nettement supérieur aux années passées, conforme au rythme habituel des fins de mandat. Rapporté à leurs ressources, l’effort reste pourtant modeste : pour 100 € de recettes courantes, elles investissent 18 €, contre 26 € à La Réunion, 31 € en Guyane et 33 € dans l’Hexagone.
Les intercommunalités montrent la voie. Leur taux d’effort atteint 40%, contre 23% un an plus tôt, porté par des projets qui touchent directement le quotidien des habitants : eau potable, assainissement, gestion des déchets. Car investir, c’est rénover une école, refaire une route ou moderniser un réseau d’eau, mais c’est aussi faire travailler le secteur du BTP et soutenir le tourisme, deux piliers de l’économie martiniquaise.
Des leviers à portée de main
Les moyens d’investir existent, notamment les subventions et l’emprunt. En moyenne, une commune ne finance qu’environ 30% de ses investissements sur ses ressources propres, le reste étant apporté par des subventions de l’Union européenne, de l’État et de la Collectivité Territoriale de Martinique.
L’endettement est globalement bien maîtrisé. La dette des communes s’établit à 325 M€ fin 2025, en léger recul, et pourrait être remboursée en 5,5 ans en y consacrant toute leur épargne, quand le seuil d’alerte est fixé à 12 ans. Celle des intercommunalités, ramenée à 85 M€, le serait en 3 ans.
« Les communes et les intercommunalités de Martinique ont globalement des finances saines et disposent de vrais leviers pour investir. En ce début de mandat, l’enjeu est de les mobiliser pleinement pour des investissements au service de la population : écoles aux normes parasismiques, éclairage public modernisé, réseaux d’eau et d’assainissement fiables, solutions durables pour la gestion et la valorisation des déchets.
Avec cet Observatoire, nous voulons donner à chacun les clés pour mieux comprendre les finances de sa commune, renforcer la confiance des citoyens et soutenir l’action publique. »
Guillaume Chiron, directeur de l’agence AFD en Martinique
Au lendemain des élections municipales de 2026, l’Observatoire se veut un outil de dialogue entre élus, techniciens et citoyens. Partenaire de longue date des collectivités martiniquaises, l’AFD les accompagne par des prêts adaptés, le préfinancement des subventions et un appui à l’ingénierie de projet, au service de la transition écologique et de la qualité de vie des habitants.

























