Opinion. « Les 6 derniers mois de ce mandat peuvent encore être utiles pour les Outre-mer »

PAR VICTORIN LUREL*

« J’ai été reçu aujourd’hui (c’était le 21 octobre, NDLR) à sa demande, par le cabinet du président de la République afin d’évoquer les différents sujets d’actualité dans l’archipel Guadeloupe et de présenter les priorités qui devraient, à mon sens, mobiliser le Gouvernement d’ici la fin du quinquennat.

Porteur des demandes exprimées par les élus de Guadeloupe en faveur de moratoires et de plans d’apurement des dettes fiscales et sociales au bénéfice des entreprises, j’ai tenu rappeler aux conseillers du président de la République l’urgence à apporter une réponse fiscale ou budgétaire aux entreprises du commerce, du logement et du bâtiment et des travaux publics qui traversent depuis de longs mois une crise profonde.

En matière de lutte contre la vie chère, j’ai évoqué l’ardente nécessité de réinscrire sans délais le projet de loi débattu il y a plus d’un an par le Sénat. Hier encore, nous apprenions que les Outre-mer ne bénéficieraient pas des aides dévolues à l’Hexagone pour une baisse des prix des carburants par la libération des stocks
stratégiques : c’est à la fois incompréhensible et choquant.

Sur ce sujet, les propositions sont nombreuses, connues par tous et ne demandent qu’à être adoptées ou mises en œuvre.

Sur la problématique de l’eau devenue, à bien des égards, vitale pour les familles guadeloupéennes comme pour l’activité économique, j’ai une nouvelle fois, après mes courriers en date du 25 juin, du 18 août 2026 et du 8 octobre, renouvelé mon souhait que soit organisée une réunion de travail sur le projet de création d’une
Opération d’intérêt national de reconstruction du système d’eau et d’assainissement.

Intenable pour des milliers de Guadeloupéens, cttee situation doit faire l’objet d’un traitement gouvernemental d’ampleur et d’urgence.

Face à la vague continue de violences et de crimes qui frappe notre archipel depuis de longues années et face au fléau de la montée exponentielle et spectaculaire des trafics, j’ai une fois encore, plaidé pour le redimensionnement des moyens matériels et humains consacrés par l’État à la lutte contre l’insécurité et la
délinquance.

Les propositions existent : en janvier 2025, je publiais un rapport riche de 38 recommandations opérationnelles pour que l’État adopte une posture « offensive, pleinement régalienne et souveraine ».

En outre, j’ai tenu à revenir sur la nécessaire préservation des aides budgétaires en faveur de l’agriculture Outre-mer et sur la question du traitement des échouements massifs de sargasses et des suites qui seront données par l’État au puissant amendement que j’ai fait adopter avec ma collègue Catherine Conconne.

Enfin, pour l’avenir, j’ai souhaité présenter mes propositions clefs en main d’une réforme constitutionnelle réaliste répondant aux aspirations institutionnelles de nombreux territoires.

Malgré l’absence de majorité parlementaire et le désaveu profond sur le bilan des deux quinquennats successifs, je reste convaincu, en homme d’actions, que les 6 derniers mois de ce mandat peuvent encore être utiles pour les Outre-mer. »

*Sénatreur de la Guadeloupe

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