Sous la direction d’Alen Rutil, l’ouvrage collectif Silvyàn Telchid on fanm chatengn (éd. Jasor) sera présenté au cours d’une conférence-rencontre avec le public, vendredi 23 octobre, à L’Arawak (Le Gosier).

Conçu par une trentaine d’auteurs, placés sous la direction d’Alen Rutil, créoliste, auteur, enseignant retraité, Silvyàn Telchid on fanm chatengn permet de mieux comprendre l’engagement de Sylviane Telchid, figure emblématique de la langue créole, les recherches qu’elle a menées sur son fonctionnement et pour son développement.
Professeure de français et de créole, originaire de Capesterre Belle-Eau, Sylviane Telchid (1941-2023) est notamment connue pour la rédaction du premier dictionnaire en langue créole, mais aussi pour ses romans, contes, essais et adaptations théâtrales en créole de plusieurs ouvrages de référence (Gouverneurs de la Rosée, de Jacques Roumain, La Noce chez les petits-bourgeois, de Bertolt Brecht…).
À l’initiative d’Alen Rutil, Silvyàn Telchid on fanm chatengn vient rappeler les « travaux immenses » de cette militante guadeloupéenne pour la transmission et le développement de la langue.
Chacun des contributeurs sollicités par Alen Rutil partage librement poèmes, articles, analyses, et témoignages. Parmi eux, Hector Poullet, ami et co-auteur du premier dictionnaire créole en 1984.
« Quand je me suis décidé à faire ce livre, je ne pouvais pas le faire sans l’aval d’Hector Poullet, indique Alen Rutil. Le livre réunit différents auteurs, des agrégés, des personnes qui ont écrit une seule phrase, d’autres qui ont écrit des textes plus longs. Il y a des articles, des récits, des analyses et une partie témoignage. »
Un différend passé inaperçu
Chaque auteur a souhaité participer à cet ouvrage pour permettre de mieux connaître Sylviane Telchid. « La troisième partie est consacrée aux textes de Sylviane. Beaucoup ont entendu parler de Sylviane et de la Bible. Une anecdote, selon laquelle une église évangéliste lui avait demandé de traduire la Bible, ce qu’elle n’avait pas fait. Mais, elle avait traduit Le cantique des cantiques que nous avons retrouvé. »
Dans cette partie, se trouve également un texte de Sylviane Telchid sur un fait peu connu, son différend avec Hector Poullet, son compagnon intellectuel et co-auteur du dictionnaire créole. « Ils étaient tellement complices que personne n’avait rien remarqué, commente Alen Rutil. Mais depuis 2002, date de la parution du livre Bwa pou nou alé, ils avaient déjà ce problème. D’ailleurs, il n’y a pas de textes d’Hector dans cet ouvrage ! Il n’y pas un collègue qui a compris le texte de Sylviane à propos d’Hector, parce qu’elle avait tout mis en parabole. »
Le livre qui apporte des « clés de compréhension », selon Alen Rutil fait référence, dès son titre, à un proverbe guadeloupéen particulièrement évocateur. « Fanm chatengn » compare les femmes aux châtaignes et les hommes aux fruits à pain. En cas de chute, ces derniers s’écrasent au sol et ne peuvent pas se relever, contrairement aux châtaignes qui, elles, repoussent ! « C’est une métaphore qui définit très bien Sylviane ; elle avait aussi écrit un ouvrage qui s’appelait fanm chatengn », explique Alain Rutil.
Tafari Tirolien
Le Gosier, route des hôtels, l’Arawak Beach Resort. Vendredi 23 octobre, à 19 heures. Lecture de textes (première partie avec André Broussillon, José Jernidier, Denise Marcin) et échange avec Alen Rutil, Gildas Célini, Ena Eluther, Akosua Marie Léticée.
























